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Articles avec #bebe

La naissance de bébés prématurés associée à l’insomnie ,femmes,sante,bebe

18 Août 2017, 00:20am

Publié par hugo

La naissance de bébés prématurés associée à l’insomnie
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Les femmes avec une insomnie ou une apnée du sommeil pendant leur grossesse auraient deux fois plus de risques que les autres de donner naissance à un bébé prématuré.
Une solution simple pourrait peut-être permettre de diminuer les naissances prématurées: un meilleur sommeil des mères. C’est ce que révèle une étude publiée dans Obstetrics & Gynecology.
Chaque année dans le monde, 15 millions de bébés (soit plus d’un sur 10) naissent prématurés, c’est-à-dire à moins de 37 semaines de grossesse. En France, c’est entre 50.000 et 60.000 par an. Ces 20 dernières années, la prématurité en France et dans plusieurs pays développés n’a pas cessé d’augmenter.
Si dans les pays occidentaux cela se passe le plus souvent sans problèmes majeurs, l’arrivée d’un bébé avant l’heure est parfois synonyme d’handicaps, voire de mortalité dans les cas extrêmes. Plusieurs facteurs sont en cause comme l’hypertension ou une infection pendant la grossesse. D’après l’étude, l’insomnie et l’apnée du sommeil pourraient constituer de nouveaux facteurs de risque.
En analysant les données de 3 millions de femmes enceintes en Californie, des chercheurs ont découvert que les femmes à qui on avait diagnostiqué une insomnie ou une apnée du sommeil avaient presque deux fois plus de chances que les autres de donner naissance à un bébé prématuré (de plus de 6 semaines de prématurité).
Cette étude s’est faite dans le cadre du «Preterm Birth Initiative», un programme de recherche centré sur la Californie et l’Afrique de l’est. Il est financé entre autres par la fondation Bill & Melinda Gates.
Des problèmes classiques, mais pas sans conséquences
La chercheuse Jennifer Felder, qui dirige l’étude, avait été frappée par l’absence de données sur le lien entre sommeil et grossesse. Les femmes enceintes ont souvent des difficultés à dormir. Environ 50 % d’entre elles souffrent d’insomnie en fin de grossesse. Elle s’est donc doutée que les médecins et chercheurs, considérant ce trouble comme «classique», n’avaient peut-être pas pensé à examiner de plus près les conséquences du manque de sommeil sur la grossesse elle-même.
Elle et son équipe se sont donc procuré les données d’environ 3 millions de naissances en Californie entre 2007 et 2012, qu’ils ont épluchées. 2300 de ces femmes avaient été diagnostiquées avec un trouble du sommeil. Selon les résultats, l’insomnie augmentait de 40% les risques de naissances avant terme. Les problèmes de sommeil augmentaient aussi le risque de naissance très prématurée, 5,3% des femmes donnant naissance à moins de 34 semaines de grossesse, alors que ce pourcentage est à 2,9% dans le reste de l’échantillon.
Des mécanismes encore à explorer
La question qui reste à élucider, c’est de quelle façon ces troubles peuvent favoriser les naissances prématurées. Il y a peu de chances que le sommeil puisse être la cause directe. On sait par exemple que les troubles du sommeil peuvent être responsables de problèmes immunitaires et d’une augmentation de l’inflammation. Or, de hauts niveaux de cytokines inflammatoires (un type de protéines produites lors de l’inflammation) dans le liquide amniotique sont associés à une augmentation du risque de prématurité.
Pour traiter les troubles du sommeil, grossesse oblige, des solutions «sans médicaments» devraient être utilisées. Par exemple une thérapie comportementale pour l’insomnie, ou dans le cas de l’apnée du sommeil un dispositif médical à Pression Positive Continue (PPC), un masque qui insuffle de l’air.
La rédaction vous conseille
Une caméra sans fil pour soigner les bébés prématurés
Bébés prématurés: une photo choc pour sensibiliser les politiques
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http://sante.lefigaro.fr/article/la-naissance-de-bebes-prematures-associee-a-l-insomnie

Fertilité masculine en berne : « les perturbateurs endocriniens ont une incidence »,sante,hommes,

16 Août 2017, 18:35pm

Publié par hugo

Fertilité masculine en berne : « les perturbateurs endocriniens ont une incidence »
La qualité du sperme des Occidentaux a chuté de moitié ces quarante dernières années. Les perturbateurs endocriniens en seraient la principale cause.
Ils sont de moins en moins nombreux… et pourraient même venir à manquer. Le nombre total de spermatozoïdes a diminué en moyenne de moitié entre 1973 et 2011, aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, selon une étude publiée dans la revue Human Reproduction. Leur concentration dans un millilitre de sperme a suivi la même tendance. Selon les chercheurs, ce phénomène serait lié aux perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques que l’on trouve dans les pesticides, qui dérèglent le système hormonal. Une thèse que rejoint, et que nous explique, le Pr Stéphane Droupy, Chef du service d’urologie au CHU de Nîmes.
Le Figaro: Pourquoi assiste-t-on à une baisse du nombre de spermatozoïdes?
Tout d’abord, il faut regarder la manière dont nous vivons, dont nous produisons et nous mangeons. Depuis une quarantaine d’années, nous avons pris conscience d’un problème émergent dans le domaine de la santé reproductive: celui des «perturbateurs endocriniens», qui ont une forte incidence sur le développement de l’appareil génital de l’homme. Ce dernier, pour se former dans le ventre de sa mère, a besoin de testostérone. Or nous savons que certains éléments chimiques, tels que les xénoestrogènes - des substances chimiques qui «miment» les hormones féminines - bouleversent le développement de l’appareil génital de l’embryon. Résultat: l’enfant peut présenter des testicules qui ne descendent pas correctement ou des caractéristiques de l’appareil génital féminin (des reliquats d’utérus par exemple), bloquant la fertilité.
Quelles sont les conséquences de cette baisse?
Théoriquement, nous pouvons déduire de cette diminution de la concentration et du nombre de spermatozoïdes que les Occidentaux deviennent moins fertiles. À partir du moment où un individu présente moins de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme, il est considéré comme infertile - selon l’étude, le nombre de spermatozoïdes moyen observé est encore de 81 millions/ml, tout pays confondu. Cependant ce n’est pas le seul facteur qui intervient dans la fertilité de l’homme: la mobilité du spermatozoïde, plus difficile à étudier, n’a pas été prise en compte.
Que faudrait-il faire pour inverser la courbe?
Cela passe par de petites avancées. Nous pouvons conseiller de mieux manger, de moins fumer et d’essayer de lutter à son échelle contre les pesticides et les polluants. Pour les femmes enceintes, il faut faire d’autant plus attention et éviter de faire chauffer ses aliments dans des boîtes en plastique, par exemple.
Comment savoir, en tant qu’homme, si je suis fertile?
Il existe un examen médical, qui explore les différentes caractéristiques du sperme de l’homme: le spermogramme. Ce test analyse, entre autres, le nombre de spermatozoïdes (qui doit être supérieur à 15 millions par millilitre) et le volume du sperme émis lors d’une éjaculation (qui doit dépasser 1,5 millilitre). Après les données numériques, l’examen s’intéresse aussi à la vitalité et à la mobilité des spermatozoïdes. Pour que l’homme soit considéré comme fertile, il faut que plus de 4% de ses spermatozoïdes soient normaux (avec une tête et un flagelle normaux).
La rédaction vous conseille
Médecins en guerre contre les perturbateurs endocriniens
L'UE définit les perturbateurs endocriniens
Des perturbateurs endocriniens dans les cheveux des enfants
Le tabac réduit en cendres la qualité du sperme

http://sante.lefigaro.fr/article/fertilite-masculine-en-berne-les-perturbateurs-endocriniens-ont-une-incidence-

Kirghizstan: La fille du président provoque la polémique avec une photo d'allaitement,femmes,bebe;

1 Août 2017, 00:51am

Publié par hugo

 Kirghizstan: La fille du président provoque la polémique avec une photo d'allaitement
KIRGHIZSTAN Elle dénonce « une culture de l’hypersexualisation du corps féminin »...
M.C.
Publié le 30/07/17 à 10h07 — Mis à jour le 30/07/17 à 10h07
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Aliya Shagieva a fini par effacer la photo de son compte Instagram. — Aliya Shagieva
La mère, en sous-vêtements, allaite son bébé. Une photo comme beaucoup d’autres sur Instagram. Mais le cliché, posté en avril sur le réseau social, a provoqué la polémique. Aliya Shagieva n’est autre que la fille cadette du président du Kirghizstan. Sous la pression des internautes, mais aussi de son père, Almazbek Atambaev, et de sa mère Raisa, la jeune femme a fini par effacer la photo. Aujourd’hui, elle dénonce dans une interview à la BBC « une culture de l’hypersexualisation du corps féminin ».
>> A lire aussi : Une sénatrice australienne allaite durant son discours et brise le tabou de la maternité au travail
« Le corps qui m’a été donné n’est pas vulgaire. Il est fonctionnel, sa fonction est de répondre aux besoins physiologiques de mon bébé, pas d’être sexualisé », déclare-t-elle. Dans la société conservatrice d’Asie centrale, ex-république soviétique majoritairement musulmane, l’allaitement en public est accepté. Mais en voyant la photo sur internet, les internautes ont jugé qu’il n’était pas nécessaire de poster des images de ces moments intimes. D’autres ont critiqué son manque de pudeur.
Prendre soin de mon bébé est plus important que ce que les gens pensent de moi »
« Quand j’allaite mon enfant, je sens que je lui donne le meilleur. Prendre soin de mon bébé et répondre à ses besoins est plus important que ce que les gens pensent de moi », rétorque Aliya Shagieva, que le journaliste de la BBC décrit comme « très courageuse et très différente » dans le contexte de la société kirghize.
Très active sur les réseaux sociaux, où la photo polémique avait été postée avec la légende « J’allaiterai mon enfant à chaque fois et partout où il aura besoin d’être nourri », elle a l’habitude de poster des images la mettant en scène elle, son bébé et son mari. A l’époque, sa photo – et la polémique qui l’a accompagnée - avait fait le tour des médias, jusqu’en Europe.
Mots-clés :
 
http://www.20minutes.fr/monde/2111323-20170730-kirghizstan-fille-president-provoque-polemique-photo-allaitement#xtor=RSS-149

MOI JE  TROUVE QUE C EST BEAU  ET PAS  CHOQUANT 

ACTE NATURELLE POUR UNE  FEMME  DE LE FAIRE 

POUR  FAIRE REFLECHIR UN PEU , ON PREFERE  LIASSER  DIFUSSER  UN FILM  COMME DOBERMAN OU TERMINATOR QUE LA VIE  D ADELE OU AUTRES 

MOI JE DIS <<<MAKES LOVES  DOESNT  WAR <<<

Histoire de la médecine : madame du Coudray, la première sage-femme,femmes,sante,bebe

22 Juillet 2017, 23:34pm

Publié par hugo

 Histoire de la médecine : madame du Coudray, la première sage-femme
Si les accouchements peuvent aujourd'hui se dérouler dans une ambiance détendue, c'est parce que le personnel possède un savoir-faire médical. Un savoir-faire dont les bases ont été jetées il y a 300 ans, à l'initiative d'une femme de caractère : Mme du Coudray.
Par la rédaction d'Allodocteurs.fr
Rédigé le 14/07/2017
Vidéo HTML5 pas pris en charge
  
3:558:21
Histoire de la médecine : madame du Coudray, la première sage-femme   
1759. Une calèche sillonne les routes de France. À son bord, une femme chargée d'une mission de la plus haute importance : lutter contre le dépeuplement du pays. À l'époque, une femme enceinte sur dix perd la vie au moment de la donner. Pour remédier à cette hécatombe, les ministres de Louis XV font appel à une sage-femme : Angélique Marguerite du Coudray.
Des mannequins pour se former à l'accouchement
À 47 ans, madame du Coudray entreprend un long voyage de 25 ans à travers toute la France, au cours duquel elle va enseigner l'art des accouchements. Car dans les campagnes, depuis le Moyen-Âge, les accoucheuses au chevet des femmes n'ont aucune formation. Ce sont les matrones.
Malgré la pudeur de l'époque qui impose à la femme enceinte de garder ses vêtements, la matrone a tout de même acquis un savoir-faire empirique. Mais lorsque les choses tournent mal et que l'enfant ne sort pas, la matrone n'a d'autre recours que de s'en remettre à Dieu et sacrifier l'enfant pour sauver la mère.
Madame du Coudray veut rompre avec ces traditions en formant des sages-femmes. Pour enseigner les bonnes pratiques, elle a une idée originale : elle confectionne des mannequins. L'objectif étant que les élèves manipulent les mannequins qui reproduisaient parfaitement l'anatomie pour se former aux bons gestes. Grâce à ces mannequins plus vrais que nature, 10.000 sages-femmes vont être formées aux techniques d'accouchement.
François Mauriceau, "père" de l'obstétrique
Mais pendant qu'Angélique du Coudray éduque les femmes à la campagne, dans les villes un autre phénomène est en train de s'enraciner. Les hommes pénètrent dans un lieu qui leur était jusqu'ici interdit : la chambre de la parturiente. Des chirurgiens accoucheurs convaincus de la supériorité de leurs connaissances cherchent à concurrencer les sages-femmes. Les chirurgiens transforment l'accouchement en une science médicale. Le père de cette nouvelle discipline est François Mauriceau. Il est notamment l'auteur du traité des accouchements, livre fondateur de l'obstétrique contemporaine.
La médicalisation de l'accouchement est désormais en marche. Et pour prendre définitivement le pouvoir sur les sages-femmes, les chirurgiens leur interdisent d'utiliser un nouvel instrument venu d'Angleterre : les forceps. Grâce à cette invention révolutionnaire, les chirurgiens viennent à bout d'accouchements difficiles en seulement quelques heures.
Mais au XIXe siècle, la plus grande menace pour les femmes enceintes est l'insalubrité des hôpitaux. En mai 1856, à la maternité de Port Royal à Paris, 32 femmes viennent d'accoucher, 31 y meurent. Après avoir accouché, les femmes souffrent de fortes fièvres que personne ne sait guérir. Pas même le chef de la maternité, Stéphane Tarnier.
Les ravages des fièvres puerpérales
À cette époque, les médecins ne comprennent pas les causes de la propagation de ces fièvres dites puerpérales. On aère les pièces par des courants d'air mais rien n'y fait. Car, à cette époque, les étudiants en médecine passent des salles de dissection aux salles d'accouchement, sans se laver les mains et sans avoir aucun liquide antiseptique.
Sous le regard impuissant de Tarnier, les fièvres puerpérales vont faire des ravages pendant de longues années jusqu'à ce qu'il trouve la solution. En 1870, il s'inspire des nouvelles règles d'hygiène en vogue en Europe. Il impose au personnel de se laver les mains, de porter une blouse, un masque, des gants. Et ces mesures sont efficaces.
Dès lors, les maternités ne cesseront de se moderniser pour devenir au fil des siècles l'environnement le plus sûr pour accoucher. Au point que dans les années 50, des siècles de tradition vont être bouleversés. Les femmes, qui jusqu'alors préféraient accoucher à domicile, choisissent désormais en majorité l'hôpital. Une tendance qui depuis, ne s'est plus jamais inversée.


http://www.allodocteurs.fr/grossesse-enfant/accouchement/histoire-de-la-medecine-madame-du-coudray-la-premiere-sage-femme_22878.html

FranceArmando Cote :  « la honte nourrit l’invisibilité »,femmes,grossesse,bebe,

14 Juillet 2017, 23:11pm

Publié par hugo

 13 juillet 2017

FranceArmando Cote :  « la honte nourrit l’invisibilité »

Le Centre Primo Levi a récemment consacré deux jours de formation à l’accompagnement des «femmes enceintes, mères et bébés en errance» pour assister salarié-e-s ou bénévoles qui travaillent avec les refugiées. Armando Cote, psychologue, clinicien et psychanalyste, un des formateurs du Centre en charge de cette formation, constate que dans la plupart des lieux recevant les femmes refugiées, leur santé mentale n’est pas prise en compte.

En quoi la question de la visibilité des femmes dans leur prise en charge est-elle cruciale ?

Lorsque nous abordons les questions de torture et de violence nous constatons la honte qui en résulte, ce que nous appelons nous «clinique de la honte.» La honte nourrit l’invisibilité. C’est un produit propre à la violence politique que les femmes ont vécu. De plus la honte se transmet d’une génération à une autre.

Dans la torture ce qui est recherché, c’est que le sujet soit exclu et que tous les liens sociaux soient mis à l’écart. Par exemple, l’étoile jaune pendant la deuxième guerre mondiale a rompu les liens sociaux et a induit la honte.

Lors de la formation, nous avons abordé les questions de visibilité et d’invisibilité. Dans le contexte d’invisibilité des femmes il faut souligner que c’est avec la grossesse que les femmes deviennent visibles. La femme est prise en charge non parce qu’elle est une future mère, mais parce qu’elle porte un enfant.

Cette situation est inscrite dans le concept de biopolitique développé par Foucault, nous parlons alors de bio légitimité vis-à-vis de l’Etat. Son corps est précieux pour l’Etat et le psychisme de la femme disparaît. Cette invisibilité est un produit propre de la violence politique vécue et qui produit de la honte.

Pendant la grossesse, les femmes bénéficient d’un suivi médical mais elles ont de grandes difficultés à se déplacer pour aller à la PMI, par exemple, car elles n’ont pas d’argent. Parfois elles habitent dans un hôtel ou elles sont sans domicile fixe. Mais elles veulent garder la PMI comme lieu de ressources. Alors, pour ces femmes presque invisibles, la PMI devient la maison où elles établissent un lien social qu’elles n’avaient pas avant et qui devient très important. Il y a des PMI qui ont des groupes de parole. Les professionnel-le-s font des formations pour aider ces personnes. Ce sont des choses qui n’existaient pas avant.

Tout le monde va à la PMI et donc en étant avec d’autres femmes le lien social peut se recréer. Les femmes qui ont été victimes ne doivent pas être que victimes.

 

Quels problèmes avez vous abordé dans cette formation?

Nous avions 12 personnes dans cette formation, ce qui est déjà beaucoup, des sages-femmes, une directrice d’un foyer maternel qui accueille beaucoup d’immigrées, des personnes de province aussi.

Un gros souci que nous avons évoqué est la question de la langue. C’est une catastrophe ! En général, les aides travaillent avec les francophones et les anglophones. Actuellement nous avons deux femmes d’origine Tamul pour qui nous ne trouvons aucun endroit qui puisse les prendre en charge. 

Primo Levi existe aujourd’hui parce que nous travaillons avec 22 ou 23 langues différentes, c’est notre point fort mais cela devrait exister un peu partout.

C’est un souci que beaucoup de personnes participantes à la formation ont exprimé. A Strasbourg l’association Paroles sans frontières a réussi à faire investir la commune dans des interprètes professionnel-le-s. De plus, cette association forme des médecins, des psychiatres, etc. pour qu’elles/ils apprennent à accueillir avec des interprètes car c’est un travail particulier. 

Le Centre Primo Levi a produit un rapport sur le manque de compréhension et le manque d’interprètes au Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Les agents de la CNDA ne se rendent pas compte des difficultés qu’ont ces femmes, rescapées de violences politiques, à s’exprimer dans le temps court qui leur est imparti. Parfois les personnes demandeuses d’asile sont assez francophones pour comprendre que l’on n’interprète pas bien ce qui est dit et ce qui crée des malentendus. A la suite de ce rapport, les responsables du CNDA nous ont invités car elles/ils étaient choqué-e-s. Un de nos collègues a fait une conférence sur ce sujet et la salle était pleine d’agents du CNDA. 

Mais imaginez-vous dans un hôpital quand il n’y a pas d’interprète. Nos patientes arrivent avec des dossiers, des ordonnances, des suivis d’examens et elles n’ont absolument rien compris. Elles traînent les mêmes symptômes depuis deux ans et ont vu une dizaine de médecins. C’est une perte de temps et d’argent.

Les conséquences pour les femmes sont graves.

 

Comment les femmes arrivent-elles à Primo Levi ?

A Primo Levi, nous ne recevons pas de primo arrivantes. Elles viennent par la PMI ou l’hôpital, parfois elles ont été prises en charge par des réseaux communautaires du fait que l’asile politique n’a pas été traité correctement et là c’est pire.

Il y a beaucoup de femmes congolaises qui finissent femmes de ménage dans des familles de réfugiés statutaires, et parfois la seule façon de s’échapper est d’être enceintes pour être mises à la porte. Parfois elles subissent des années d’esclavage moderne. Actuellement, nous avons trois cas comme cela envoyés par la PMI et ce sont de vraies histoires traumatiques.

Nous avons des cas où le commissariat n’a pas voulu savoir ce qui s’était passé ; nous l’avons-nous-même constaté quand les policiers nous ont envoyé balader. C’était à Saint Denis. Ces femmes sont considérées comme folles, mais pas en souffrance. La police ne fait rien pour les comprendre et les protéger. Ces femmes n’ont aucun recours si la police ne joue pas son rôle.

La PMI fait ce qu’elle peut. La PMI c’est le temps de la grossesse. Une fois qu’elles ont accouché se pose la question de l’enfant. Souvent pour les sans papier c’est la pouponnière, donc c’est une séparation, sinon elles retournent dans la communauté et on n’en entend plus parler d’elles.

Il y a un silence énorme sur ces violences qui se produisent ici en France. 

Nous avions des participant-e-s de province, elles/ils ont constaté que les mêmes problèmes existaient en région parisienne, la même souffrance, le même isolement, les silences. C’est une difficulté en France de proposer quelque chose de cohérent à tous les niveaux. C’était important pour les personnes présentes à la formation de se rendre compte qu’à Paris ou en région c’était la même galère.

 

Est-ce que les conditions d’accueil pour ces femmes s’aggravent ?

Nous avons observé une évolution négative depuis une quinzaine d’années. On voit des femmes avec des bébés qui sont à la rue. A Bogota d’où je suis d’accord, mais à Paris…. Nous avons insisté sur la nécessité de faire pression au niveau local et d’informer y compris les fonctionnaires de l’Etat.

Nos participant-e-s nous ont signalé que les directrices/directeurs de centres hospitaliers ou autres ne sont aujourd’hui que des administratrices/ administrateurs. Il est toujours plus compliqué de les sensibiliser.

En fait la formation va au-delà d’une simple formation, il s’agit de réfléchir ensemble et de continuer à communiquer pour créer un réseau. Il ne faut pas se taire, on voit la souffrance on doit la voir ensemble car personne n’a la réponse.

Chaque parcours de femme a une histoire. Nous avons beaucoup de femmes engagées, journalistes etc. de pays comme l’Iran ou des Kurdes. Elles parlent de façon plus ouverte. Les femmes qui sont plus engagées politiquement ont une expression plus affirmée et cela change le ton. En revanche les femmes qui ont subi les tortures sans engagement politique de leur part, comme les Tchétchènes, elles ressentent la violence pour la violence. C’est une autre cruauté. Les femmes deviennent armes de guerre et nous observons chez elles une grande difficulté à prendre la parole.

Aujourd’hui tous les professionnel-le-s sont confronté-e-s à des situations  terribles liées à des causes politiques. 

Propos recueillis par Brigitte 50-50 magazine

 

PMA: Pas avant 2018, pour la ministre de la Santé,sante,PMA,couples,homo,lesbiennes

12 Juillet 2017, 23:00pm

Publié par hugo

 
A la une, France, Santé | 11.07.2017 - 16 h 48 | 1 COMMENTAIRES
⦁ PMA: Pas avant 2018, pour la ministre de la Santé
⦁ Publié par ⦁ Xavier Héraud
⦁ Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a annoncé ce matin que l'ouverture de la PMA aux couples de femmes serait examiné dans le cadre de la révision des lois bioéthiques en 2018.
 
- Photo : Capture d'écran
Il va falloir patienter. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé ce matin sur France Inter que l'ouverture de la PMA serait discutée en 2018 dans le cadre de la révision de la loi bioéthique. Ce qu'elle a confirmé sur Twitter.
Sur France Inter, la ministre s'est bien gardée de donner son opinion sur le sujet: « J’attends de voir ce que donnent les états généraux, a-t-elle déclaré. Je n’ai pas d’avis personnel à donner sur les sujets de société. Il faut qu’une société soit prête pour avancer. J’attends de voir ce que disent les Français. (...) Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) contient en son sein toutes les sensibilités. Donc, s’il a rendu un avis favorable, je pense que la société est prête ».
Mieux que l'avis du CCNE, très critiqué par les associations féministes et lesbiennes (Lire PMA: Un avis « catastrophique » et «Avis favorable, oui MAIS…», par Eloïne Thevenet Fouilloux des Enfants d’Arc en ciel), un sondage Ifop réalisé pour l'ADFH indiquait récemment que les Français.es sont effectivement favorable à la PMA (Lire Sondage ADFH/Ifop: «Une tendance favorable pour les droits LGBT, pas entachée par la Manif pour tous et les autres opposants»). 60% des sondé.e.s sont en effet plutôt ou très favorables à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes (tendance à la hausse, après une petite baisse à 47% en 2013).
L'annonce de la ministre de la Santé ne manquera pas de faire réagir les associations LGBT, pour qui la PMA n'est pas une question de bioéthique, mais d'égalité.


http://yagg.com/2017/07/11/pma-pas-avant-2018-pour-la-ministre-de-la-sante/

Amanda Seyfried n'a besoin que d'un tweet pour arbitrer le débat allaitement - biberon,femmes,bebe,

9 Juillet 2017, 13:27pm

Publié par hugo

 Amanda Seyfried n'a besoin que d'un tweet pour arbitrer le débat allaitement - biberon
"Donner le sein c'est super, le biberon c'est super."
Mario Anzuoni / Reuters
Amanda Seyfried n'a besoin que d'un tweet pour arbitrer le débat allaitement - biberon
CULTURE - Jeune maman, l'actrice américaine connue notamment pour son rôle dans "Mamma Mia" a décidé de prendre position sur le débat sur l'allaitement maternel. Et quoi de mieux que son compte Twitter pour trancher une telle question?
Ainsi, mercredi 6 Juillet, Amanda Seyfried a clos le débat en un seul message. "Donner le sein c'est super, le biberon c'est super. Donner à manger à son bébé, c'est super. Qu'est ce qui n'est pas super? Juger."
Voilà une manière nette et précise de clore un débat qu'elle doit juger ridicule. Amanda Seyfried a également tweeté plusieurs passages d'un article datant de 2016 qui met l'accent sur un aspect difficile à vivre pour les jeunes mamans. Quand ces femmes choisissent d'allaiter, beaucoup le cache, car la pratique est souvent sexualisée et encore considérée comme négative.
"La fonction des seins est donner à manger aux bébés. Avec tous nos progrès féministes, comment ce simple impératif biologique peut-il être stigmatisé? En un mot: à cause du sexe. Nous vivons dans une culture qui se sent à l'aise au moment d'exploiter l'image de seins féminins pour vendre des hamburgers, pour l'amour de dieu. Comment voudrais tu que ton corps soit représenté?", a également tweeté l'actrice en citant l'auteure de l'article Maureen Shaw.
Lire aussi :
• Amanda Seyfried est maman pour la première fois
• L'Inde ouvre une nouvelle banque de lait maternel pasteurisé
• Les mères allaitent moins longtemps leurs bébés en France
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http://www.huffingtonpost.fr/2017/07/08/amanda-seyfried-na-besoin-que-dun-tweet-pour-arbitrer-le-debat_a_23022131/?utm_hp_ref=fr-cest-la-vie

Congélation des ovocytes: pourquoi l'interdire est déconnecté de la réalité,femmes,sante,grossesse,bebe

30 Juin 2017, 04:46am

Publié par hugo

 
Congélation des ovocytes: pourquoi l'interdire est déconnecté de la réalité
Publié le 29 juin 2017 à 11:49
 
© Hey Paul Studios, Flickr Creative Commons
Chers membres du Comité Consultatif National d’Éthique,
Bonne nouvelle, vous venez de vous déclarer favorables au droit à la Procréation Médicalement Assistée pour toutes les femmes, hétérosexuelles, lesbiennes et même célibataires. Enfin presque, puisque, malheureusement, dans votre rapport, vous vous opposez à la vitrification des ovocytes. Selon vous, “l’autoconservation ovocytaire ‘de précaution’ est difficile à défendre”.
Une enclume m’est tombée sur la tête. À aucun moment je n’avais imaginé que vous auriez pu être favorables à l’un et défavorables à l’autre. Tout simplement parce que cela n’a aucun sens. Pourquoi? Pourquoi refusez-vous aux femmes le droit de mettre “de côté” quelques ovocytes pour le jour où elles seront prêtes à avoir un enfant?
“Selon vous, les femmes ont donc intérêt à être prêtes pile au bon moment.”
Je suis une femme célibataire de 36 ans, et je m’apprête justement à aller en Espagne pour une vitrification d’ovocytes. Je sais bien que le temps que la loi soit votée, de toute façon, il sera trop tard pour que je puisse le faire en France, puisque les spécialistes conseillent de le faire avant 35 ans -je ne vous apprends rien, vous soulignez à plusieurs reprises dans votre rapport l’importance de l’âge de la femme lors du prélèvement de ces ovocytes. Mais je me réjouissais pour les autres, celles qui n’auraient pas comme moi à traverser les frontières. Selon votre rapport, si je comprends bien, en tant que femme célibataire, je pourrai avoir accès à une insémination de sperme congelé issu d’un donneur, peut-être même avoir recours à une Fécondation In Vitro grâce au don d’ovocyte d’une autre femme, mais par contre je ne pourrai pas le faire avec les miens, puisque vous ne m’aurez pas autorisée à les vitrifier à l’âge optimal.
Votre décision est donc totalement déconnectée de la réalité. Si dans les années 80, les femmes se mariaient pour la première fois vers 25 ans, elles sautent désormais le pas à 31 ans en moyenne. Dès leur trentième anniversaire, leur gynécologue leur répète qu’elles ne pourront pas s’étonner si elles ont du mal à tomber enceintes après 35 ans. Selon vous, les femmes ont donc intérêt à être prêtes pile au bon moment. Et tant pis pour elles si elles n’ont pas été assez rapides pour trouver un conjoint voulant une famille, ou si elles ont eu l’outrecuidance de se consacrer à leur travail.
“Qu’est-ce que qui est le plus contraignant, entre avoir le droit d’accéder à une procédure médicale légale dans son propre pays et réaliser cette même procédure à l’étranger dans la clandestinité?”
Vos explications sont, elles aussi, assez déconnectées de la réalité.
Vous parlez de “lourdeur” et de “contraintes” d’une telle intervention pour justifier son interdiction. J’espère que vous plaisantez. À votre avis, qu’est-ce que qui est le plus contraignant, entre avoir le droit d’accéder à une procédure médicale légale dans son propre pays, suivie par son médecin habituel, et réaliser cette même procédure à l’étranger dans la clandestinité, ce qui implique souvent un changement de gynécologue, des aller-retours en avion, des tours de passe-passe avec son employeur pour justifier ses absences, des dépenses d’hôtel et de transports, et l’impossibilité d’être accompagnée par son entourage?
Dans votre rapport, il est aussi question des “risques médicaux” de cette technique. Comme il n’existe pas d’intervention médicale sans risque, celle-ci ne fait évidemment pas exception. Apporter l’information nécessaire aux femmes pour un choix éclairé me semble une évidence, mais je ne comprends pas en quoi l’interdiction serait la solution pour protéger les femmes de ces risques. Dans ce cas, vous devriez aussi interdire l’implantation des prothèses mammaires, et toute autre opération de chirurgie esthétique, qui n’ont pas de justification pathologique et qui comportent aussi des risques médicaux.
Ce qui me surprend le plus, c’est que votre inquiétude sur la balance bénéfices/risques ne vous empêche pas depuis 2011 d’autoriser les femmes qui font don de leurs ovocytes à en conserver une petite partie pour leur “usage personnel”, sachant pertinemment que dans les faits, il n’en reste quasiment jamais assez après le don pour que la donneuse puisse bénéficier elle-même d’une PMA.
Tant que les risques encourus permettent une procréation immédiate, cela ne vous pose aucun problème. Par contre, si cette technique permet d’obtenir la liberté de remettre ce projet à plus tard, là, il vous faut nous protéger de nous-mêmes. Vous justifiez d’ailleurs votre avis défavorable par “les risques de pressions sociales et professionnelles émanant de l’entourage et des employeurs” des femmes. Le membre de votre comité qui a rédigé cette phrase n’a probablement jamais parlé avec une femme d’une trentaine d’années: les pressions extérieures, nous les gérons déjà tous les jours, en entendant constamment des phrases comme “Ce n’est vraiment pas le bon moment pour que tu tombes enceinte”, “Toujours pas mariée? toujours pas de bébé?”, “Mais il a quel âge ton fils? Il ne serait pas temps de lui faire une petite sœur? ”, “Je ne te propose pas de candidater pour le poste de chef, hein, vu que tu es enceinte”.
“Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes ces femmes qui se sont battues il y a 40 ans pour que je puisse avoir un enfant ‘si je veux et quand je veux’.”
Et ne m’opposez pas la question financière. Il aurait été tout à fait possible de distinguer la préservation pour raison médicale (déjà proposée en France, par exemple en cas de cancer) et la préservation dite sociale, comme c’est aujourd’hui le cas en chirurgie esthétique. En l’interdisant, vous favorisez celles qui ont les moyens de partir à l’étranger et créez une vraie ségrégation par l’argent.
Le mois prochain, j’irai donc à Barcelone. Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes ces femmes qui se sont battues il y a 40 ans pour que je puisse avoir un enfant “si je veux et quand je veux” grâce à la légalisation de l’IVG. Si elles avaient su qu’un certain nombre de leurs filles et petites-filles seraient obligées de traverser à nouveau la frontière et de demander à leur médecin français de les aider dans la clandestinité…
Vous me répondrez peut-être que vous n’êtes qu’un comité consultatif et que les membres du gouvernement peuvent tout à fait proposer une loi différente de vos conclusions. J’espère qu’ils se rappelleront que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français s’est prononcé fin 2012 en faveur de l’autorisation de la vitrification pour raisons personnelles; qu’en 2016, 130 médecins français concernés au quotidien par les problèmes d’infertilité ont publié un manifeste dans Le Monde dans ce sens (Ndlr: Actualisé hier ici) et que l’Académie de médecine a aussi donné un avis favorable sur le sujet la semaine dernière.
La prochaine révision des lois de bioéthique est prévue pour 2018. J’invite le gouvernement et les nouveaux députés à prendre ce sujet de société au sérieux, et à ne pas se cacher comme vous le faites derrière de fausses excuses pour que les femmes puissent réellement avoir le droit de faire un enfant si elles le veulent et quand elles le veulent.
Lexique
Vitrification des ovocytes: Technique rapide de conservation qui consiste à plonger brutalement les ovocytes dans de l’azote liquide à -196 °C. Cela permet d’éviter la formation de cristaux de glace dans l’ovocyte qui pourraient le déformer et réduire sa capacité à former un embryon. Le taux de réussite d’une FIV avec des ovocytes vitrifiés est identique à celui obtenu avec des ovocytes frais. Condition essentielle: les ovocytes doivent être prélevés de préférence avant que la femme n’atteigne 35 ans, l’âge moyen au-delà duquel ils diminuent en quantité et perdent en qualité.
PMA ou AMP: Procréation médicalement assistée ou Assistance médicale à la procréation. Cette appellation regroupe toutes les techniques d’aide à la procréation, insémination, FIV, avec la possibilité d’un don de gamète (spermatozoïde ou/et ovocyte).
IAD: Insémination artificielle avec le sperme d’un donneur.
FIV: fécondation in vitro. Un embryon est créé in vitro grâce à un ovocyte et un spermatozoïde, puis implanté dans l’utérus. Cette technique est possible avec les gamètes du couple infertile, et/ou avec un don de sperme, et/ou avec un don d’ovocyte. On appelle alors cette technique une FIV avec double don.


http://cheekmagazine.fr/contributions/congelation-ovocytes-interdiction-comite-ethique/

PMA : «Femme seule, j'aurais aimé faire mon bébé en France, pas en Espagne»,femmes,pma,

30 Juin 2017, 04:28am

Publié par hugo

 PMA : «Femme seule, j'aurais aimé faire mon bébé en France, pas en Espagne»
 
Christine Mateus
SociétéEspagnePMAprocréation médicale assistéefamilleInsémination artificielle
Anne-Laure, 39 ans, célibataire, se réjouit de l'avis du comité d'éthique qui a donné mardi un avis favorable à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Elle a dû aller en Espagne pour en bénéficier.
Anne-Laure doit hausser un peu le ton pour couvrir les babillages de sa petite Pauline, âgée de 4 mois. Un bébé qu'elle a fait seule, dans une clinique en Espagne, grâce à une PMA (procréation médicalement assistée). Son «miracle». La maman célibataire, 39 ans, balaye d'un revers de la main l'idée d'une jeune femme active obnubilée par un désir d'enfant qui justifierait sa décision.
Ce désir, elle ne le nie pas pourtant mais préfère répondre par la série d'épreuves qu'elle a dû traverser avant d'arriver à ce choix «qui n'est pas anodin» : ses trois échecs lors de fécondations in vitro réalisées en France alors qu'elle était mariée, sa rupture en 2014 à l'âge de 36 ans, mais aussi une endométriose, cette maladie gynécologique freinant une grossesse tant attendue. Et puis, mais elle ne l'apprendra que plus tard lors d'un examen en Espagne précipitant sa décision, une réserve ovarienne catastrophique. Bref, pour elle, c'était maintenant ou jamais. «Cette recommandation du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) ouvre enfin une porte à nous toutes. Toutes celles, homos et hétéros, dont on considère qu'elles ne sont pas dans les clous, c'est-à-dire sans homme. J'espère que cet avis sera suivi des faits car la France est très en retard sur cette question. En tant que femme seule, j'étais, et je le suis toujours, interdite d'avoir un enfant en France. C'est d'une telle injustice.»
«On se sent d'autant plus seule dans une ville étrangère»
Elle prévient les politiques de tous bords : «La société avancera avec ou sans eux. Les femmes sont des guerrières et moi, je serais allée au bout de mes chances.» Mais cette détermination a un prix : entre 8 000 et 9 000 euros comprenant notamment le traitement, l'hébergement, les billets d'avion... «Après mon divorce et la vente de ma maison, j'ai pu avoir les fonds pour entreprendre cette démarche, mais combien de femmes, faute de moyens, ne peuvent faire de même. La situation en France engendre aussi une discrimination financière. Heureusement, en plus d'être très aidée par mes parents, j'ai également eu la chance que ça marche du premier coup. Je n'y croyais pas lorsque j'ai fait mon test de grossesse et qu'il s'est révélé positif.»
VIDEO. PMA : avis favorable du comité d'éthique pour les couples de femmes
Pauline pleure. Anne-Laure la confie à sa mère pour parler plus sereinement. La petite ressemble incroyablement à sa grand-mère. «J'aurais aimé faire ce parcours en France où j'ai ma famille, mes amis... On se sent d'autant plus seule dans une ville étrangère même si cela m'a rendue plus forte. Quand je pense que je n'ai pas fait d'enfant plus tôt parce que mon ex et moi vivions dans des villes éloignées pour des raisons professionnelles. A l'époque, je ne souhaitais pas l'élever seule dans un deux-pièces... Aujourd'hui, ça me fait sourire.»
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Si le gouvernement français suit l'avis du CCNE, elle milite pour que la prise en charge financière soit la même pour toutes les femmes, seules ou non, fertiles ou pas. Elle invite aussi les femmes à ne pas faire une croix sur un suivi psychologique avant de se lancer. «Je me suis posé la question d'avoir un enfant sans père bien sûr. J'ai même envisagé d'aller au Danemark où l'identité du donneur est connue. Mais le temps m'était compté, ça vous force à devenir pragmatique. Je me suis donc rendue en Espagne où les taux de réussite étaient les plus importants. Désormais, Pauline est là, tous mes doutes sont levés. Cela aurait été une vraie blessure si je n'avais pas pu mener ce projet à terme.»
23 651 naissances par PMA ont été réalisées en France en 2013. En Espagne, les cliniques IVI ont pris en charge, entre 2012 et 2016, plus de 4 600 patientes françaises. En dehors des Espagnoles, il s’agit de la première nationalité avec l’Italie.
QUESTION DU JOUR. Faut-il autoriser la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires ?
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Pour l'instant, ce n'est qu'un avis, mais il a une portée très importante. Après trois ans et demi de réflexion, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est déclaré, mardi, favorable à la PMA (procréation médicalement assistée), autrement dit l'insémination artificielle avec donneur de sperme, pour toutes les femmes, qu'elles soient lesbiennes ou célibataires, ce qui leur est interdit pour l'instant. «On ne peut pas priver un enfant de son père», a aussitôt réagi la Manif pour tous, qui estime que, quatre ans après le mariage gay, ce débat sociétal risque à nouveau de «diviser les Français».
Selon un sondage Ifop publié samedi à l'occasion de la Marche des fiertés, 60 % des Français y sont favorables. Les Effronté-e-s (association féministe et LGBT — lesbiennes, gays, bis et trans) se disent «extrêmement soulagées par cet avis, déjà partagé par le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et par le Défenseur des droits, qui dénonçaient en 2015 une législation discriminatoire». Une loi va-t-elle suivre rapidement ? Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait fait de l'élargissement de la PMA une promesse électorale. Comme, avant lui, François Hollande, qui avait fini par y renoncer.
EN IMAGES. La 40e Marche des Fiertés de Paris au nom de la fête et de la PMA
 
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Le Parisien
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http://www.leparisien.fr/societe/pma-femme-seule-j-aurais-aime-faire-mon-bebe-en-france-pas-en-espagne-28-06-2017-7093554.php

La procréation médicalement assistée en France 1/2,bebe,grossesse,pma

28 Juin 2017, 11:18am

Publié par hugo

ContributionsLa procréation médicalement assistée en France 1/2

Lors des Assises de l’Institut Emilie du Chatelet « Contre le sexisme, le corps en action », qui a eu lieu le 23 juin dernier, Virginie Rozée, sociologue à l’Institut national d’études démographiques est intervenue pour présenter la procréation médicalement assistée. Quelques jours avant que  le Comité consultatif national d’éthique donne un avis favorable à son ouverture aux femmes célibataires et aux couples lesbiens.

La situation actuelle de la PMA en France

La procréation médicalement assistée (PMA) regroupe un ensemble de techniques et procédures médicales qui aident à concevoir un enfant. Il y a deux principales techniques :

  • l’insémination artificielle lorsque le sperme du conjoint ou d’un donneur est déposé dans l’appareil reproductif de la femme et que la fécondation se fait in vivo ;
  • a fécondation in vitro (FIV) lorsque la fécondation a lieu en éprouvette. Dans ce cas, les embryons sont issus des gamètes des parents et/ou de donneur/donneuse, et ils sont replacés dans l’utérus soit de la future mère soit d’une autre femme appelée « gestatrice » (ou plus communément « mère porteuse »).

Les autres techniques comme par exemple le diagnostic préimplantatoire sont des variantes de ces deux principales techniques.

En France, 2,6% des enfants sont nés par AMP d’après le rapport de l’Agence de biomédecine de 2011. On observe une augmentation de ces naissances depuis plusieurs décennies, depuis notamment la naissance d’Amandine, le premier bébé éprouvette, en 1982. L’accès est cependant particulièrement restrictif. En effet, la PMA est réservée aux couples hétérosexuels en union, vivant, en âge reproductif, dont l’infertilité a été avérée. L’âge reproductif n’est pas défini par la loi mais une limite de 43 ans a été fixée, pour les femmes uniquement, par l’assurance maladie (au-delà de 43 ans, la prise en charge n’est pas illégale mais elle n’est plus remboursée par l’assurance maladie). Par ailleurs, certaines techniques comme la gestation pour autrui (GPA) ou le double don sont interdites ; d’autres, peu accessibles ou disponibles, comme le don de gamètes, et en particulier le don d’ovocytes. En fait, dès qu’il y a un tiers qui intervient dans la procréation, la PMA devient en France interdite ou compliquée.

La prise en charge médicale de la PMA en France est donc genrée, hétéronormative, intraconjugale et palliative puisqu’elle est calquée sur un modèle reproductif « naturel » d’un père, une mère et un enfant issu de cette union. D’ailleurs, en 2009, le terme de « PMA » a été officiellement remplacé par celui d’« AMP » (assistance médicale à la procréation) pour insister sur le fait que la médecine aide une procréation qui aurait pu se faire « naturellement ». Cet encadrement particulièrement restrictif entrave la libre disposition de son corps, de son corps reproducteur, puisque toutes les femmes, tous les couples et tous les hommes n’y ont pas accès alors que techniquement, il est possible pour elles/eux de concevoir un enfant quels que soient leur situation matrimoniale, leur âge et leur orientation sexuelle.

De même, il est en France difficile voire impossible pour les femmes de mettre leurs capacités reproductives à la disposition d’autrui si elles le souhaitent : la GPA est interdite ; et faire un don d’ovocytes en France s’avère relativement compliqué pour de diverses raisons. Jusqu’à récemment par exemple, les donneuses devaient être mères ce qui excluait de fait toutes celles qui auraient souhaité faire un don mais qui n’avaient pas d’enfant.

Le monde médical entretient également une prise en charge genrée. Les médecins refusent souvent, par exemple, les couples dont la femme a plus de 40. Ce refus est lié à la baisse des taux de succès des techniques de PMA avec l’âge lorsque les femmes utilisent leurs propres ovocytes. Mais si elles recourent au don d’ovocytes, alors l’âge de la future mère impacte moins le taux de succès si la donneuse est jeune. Il n’y a donc pas de raison, techniquement, de refuser la prise en charge d’une femme de plus de 40 ans pour un don d’ovocytes. Par ailleurs, l’âge des hommes est peu pris en compte alors qu’on sait que les risques de maladie génétique chez l’enfant augmentent avec l’âge du père. On observe donc un certain pouvoir biomédical que l’on retrouve dans les processus et protocoles de la PMA et qui font perdre aux femmes et aux couples une certaine autonomie reproductive (voir les travaux de Laurence Tain).

La PMA en France met donc en scène des privilèges et des inégalités de genre. La France fait partie à cet égard, avec l’Allemagne et la Suisse, des pays dont l’encadrement et la prise en charge sont parmi les plus restrictifs d’Europe. A titre d’exemple, les femmes, indépendamment de leur situation matrimoniale ou de leur orientation sexuelle, ont accès à l’insémination avec donneur en Espagne depuis 1977.

 

 

Virginie Rozée – Sociologue à l’Institut national d’études démographiques (Ined)

Texte actualisé le 27 juin 2017 après l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

http://www.50-50magazine.fr/2017/06/28/la-procreation-medicalement-assistee-en-france-12/