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Le blog de hugo,

Ils ont 20 ans et souffrent de la solitude : « Moi, on m'a zappé »

17 Juin 2012, 03:16am

Publié par hugo

 LA UNE13/02/2011 à 12h13

Ils ont 20 ans et souffrent de la solitude : « Moi, on m'a zappé »

Renée Greusard | Journaliste Rue89

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Un petit vieux seul dans son appartement : c’est l’image qui vient le plus souvent en tête quand on évoque la solitude. A tort. Trois jeunes racontent ce mal qui les tient à l’écart de la société.

« C’est très concret la solitude. Il y a des gens qui disent n’avoir que deux conversations sur leur vie personnelle par an », rappelle Dominique Lemaistre directrice du mécénat à la Fondation de France.

Selon une étude de la TNS Sofres, 33% des Français de moins de 25 ans disent souffrir de solitude. Le mécanisme qui y conduit est connu, explique Bruno Dardelet, président de la société Saint Vincent-de-Paul :

« Il y a une rupture, un accident qui survient. De là, d’autres ruptures s’enchaînent immédiatement suivies de ruptures familiales, financières, amicales... »

Dominique Lemaistre évoque les cinq réseaux sociaux qui structurent la vie en

France :

  • la famille,
  • le travail,
  • les amis,
  • les associations,
  • le voisinage.

« Ce qui est très inquiétant c’est qu’un Français sur quatre est susceptible un jour de devenir seul parce qu’il ne fréquente qu’un seul de ces réseaux sociaux. Il suffit que celui-ci s’écroule, pour tomber dans la solitude. »

Trois jeunes âgés entre 22 et 27 ans ont accepté de nous raconter leur histoires. Leurs prénoms ont été changés.

Jean-François, 27 ans : « Des amis, on en a quand on a de l’argent »

Il est un peu sur ses gardes.

« Je ne parle de ma vie privée à presque personne, alors à vous j’ai encore moins envie de la raconter. Je n’ai confiance en personne. »

L’histoire est finalement lâchée.

« J’ai été licencié abusivement. Je suis en procédure aux prud’hommes, mais ça prend du temps. J’ai perdu mon appart, je ne pouvais plus payer mon loyer. Ensuite, la rue. Des amis on en a quand on a de l’argent. Moi, on m’a zappé. »

Impossible de ne pas le sentir : Jean-François est en colère. Il répète plusieurs fois : « Moi je n’ai personne. »

« Je ne suis pas non plus du genre à me faire prier. J’ai une grande fierté. Aujourd’hui je choisis un peu aussi ma solitude. Mieux vaut être seul que mal accompagné. »

Sur son compte Facebook, il a 160 amis. Je lui demande comment c’est possible de souffrir de solitude avec un tel réseau.

« Parce que vous trouvez que c’est marrant d’être derrière un PC ? Raconter sa vie sur le Net, ça ne m’intéresse pas. “

Sophie, 24 ans : ‘Personne ne vient me voir’

Sa plus jeune fille est une petite tornade. Elle gambade tétine en bouche dans l’appartement, touche le chat du bout du doigt, attend sa réaction, s’en éloigne effrayée. Son autre fille, l’aînée est à l’école. Sophie est mère célibataire.

‘Je suis seule tous les jours, tous les soirs. Je dépose mes filles à l’école puis chez la nourrice et de 8h30 à 18h30, je suis seule. Quand elles ne sont pas là, j’ai envie qu’elles reviennent pour qu’elles fassent du bruit dans la maison. A 20 heures, quand je les couche, je me dis : ’T’as l’air bien conne’.”

 


Sophie, 24 ans (Renée Greusard).

Contrairement à d’autres personnes souffrant de solitude, Sophie explique “être bien entourée”.“Ici, je connais tout le monde, je suis la maquerelle du quartier”, dit-elle en riant.

“J’ai 24 ans, je sors, j’ai des amis, j’ai ma mère, j’ai mes enfants. Mais ça ne fait deux ans que je ne partage ma vie qu’avec moi. Finalement, une personne âgée a plus de chance de recevoir du monde que moi. Personne ne vient me voir.”

La plupart de ses amis ne sont pas au courant de ce que ressent Sophie.

“La solitude on a l’impression que c’est une forme de faiblesse. On se dit : ‘Si je suis seule, c’est que je ne dois pas être très intéressante.’ Alors bien sûr, je sors, je vais en boîte, on me drague, on rigole, mais je trouve ça hypocrite un peu. Parce qu’une fois rentrée à la maison je serai seule.”

Sophie sort un album. Elle veut me prouver qu’elle est une fille comme les autres. Sur les photos, on la voit posant, maquillée, avec ses copines. Elle est jolie, a de beaux yeux en amande, sourit, parle de ses problèmes sans tristesse. Ne pas s’y fier pourtant.

“Pour moi, la solitude c’est une vraie maladie. Je pense que j’ai perdu 10 kilos à cause de ça.”

Au moment de prendre une photo, Sophie insiste pour que je prenne son tatouage.

“S’il y a une image que je veux qu’on voit de moi c’est celle là, une fille recroquevillée dans une flaque d’eau, avec des ailes.”

 


Le tatouage de Sophie (Renée Greusard).

Depuis deux mois Sophie va mieux. Elle a repris un peu de poids. Une amélioration qu’elle doit, pense-t-elle, à la présence d’une copine qu’elle héberge.

“Ça fait plaisir le matin de se réveiller et d’entendre qu’il y a quelqu’un sous la douche.”

Kévin 22 ans : “Tu ne te sens pas aimé”

Au téléphone, Kevin parle par petits bouts de phrases. Il est réservé, porte un bagage douloureux. Un père alcoolique mort pendant l’adolescence du jeune homme.

“Ça va mieux grâce aux associations. Je n’ai pas beaucoup d’amis, mais j’en ai au moins dix.”

“Chez ma mère, on vivait avec mes deux frères. J’avais l’impression d’être mis à l’écart, personne ne communiquait. L’ambiance à la maison, c’était vite fait. Il n’y avait personne à qui parler. Je sortais beaucoup. A 17 ans, ça s’est empiré : je suis entré dans la drogue.”

Kevin a l’impression d’avoir été abandonné.

“A 13 ans, je sortais le soir, et personne ne me disait de rester à la maison. Tu ne te sens pas aimé.”

Il dit souvent : “Je ne sais pas comment l’expliquer”, et donne l’impression de n’avoir toujours par pas compris ce qui lui était arrivé.

“Mon meilleur ami passait de temps en temps, mais il a dû quitter la ville. Je n’ai plus voulu voir mes amis, je ne sais pas pourquoi. Ça me dégoûte ce qui s’est passé.”

L’accès à la cantine des enfants de chômeurs devant la justice

17 Juin 2012, 03:12am

Publié par hugo

L’accès à la cantine des enfants de chômeurs devant la justice

Le tribunal administratif de Versailles (Yvelines) examine, mardi 5 juin, le recours d’un parent d’élève contre une décision du conseil municipal de Saint-Cyr-l’Ecole qui restreint l’accès à la cantine scolaire des enfants de chômeurs.

cantine

(AFP PHOTO / ROMAIN PERROCHEAU)

Le Conseil d’État a récemment précisé sa jurisprudence, sans totalement mettre fin à toute ambiguïté.

 

Avec cet article

 

Les élèves peuvent-ils tous avoir accès à la cantine de leur école? Telle est la question posée aujourd’hui au tribunal administratif de Versailles. Au cœur des débats, une délibération du conseil municipal de Saint-Cyr-l’École (Yvelines), qui stipule que l’inscription des élèves à la cantine se fait «par ordre de priorité»et «suivant les places disponibles». La délibération précise, par ailleurs, que les élèves dont l’un des parents pointe au chômage ne sont autorisés à déjeuner à l’école que deux jours par semaine.

IL NE S’AGIT PAS D’UN CAS ISOLÉ

Estimant son enfant injustement discriminé, l’un des parents d’élève concerné a saisi la justice. D’où l’audience d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Les contentieux en la matière ont même plutôt tendance à se multiplier ces dernières années. Sur le plan juridique, les choses se précisent pourtant.

En 2009, le Conseil d’État a annulé une délibération de la mairie d’Oullins (Rhône) au motif qu’interdire l’accès de la cantine aux enfants de chômeurs était illégal et discriminatoire. 

SENSIBILISER LES ÉLUS

Depuis, la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) milite activement pour que tous les élèves puissent être accueillis, et ce quelle que soit la situation professionnelle de leurs parents.

 «Nous avons publié des kits d’information afin de sensibiliser les élus, explique le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan. D’ailleurs, nous n’abordons pas avec eux que l’aspect juridique. Nous leur rappelons aussi que, sur un plan humain, il est intolérable qu’un enfant issu d’une famille fragilisée économiquement se trouve, en plus, discriminé à l’école.»  

Les pratiques des élus n’évoluent pourtant pas aussi vite que la jurisprudence l’aurait laissé penser. Il faut dire que la position du Conseil d’État se révèle plus subtile et nuancée qu’on ne l’a cru au départ. 

LA RESTAURATION SCOLAIRE, UN SERVICE PUBLIC « FACULTATIF »

 «En effet, les Sages précisent que la restauration scolaire est, certes, un service public mais un service public ‘facultatif’»,  explique Marie-Claude Serres-Combourieu, à l’Association des maires de France (AMF). 

Une précision sémantique qui change tout puisqu’elle permet de refuser certains usagers. « En fait, quand on lit de près la décision du   Conseil d’État, on s’aperçoit qu’il ne proscrit pas, en soi, la sélection des élèves, mais simplement une sélection fondée sur le statut  socio-professionnel des parents. »  

Les Sages ne ferment donc pas la porte à d’autres critères susceptibles, eux, de légitimer une sélection. Reste à savoir lequel. «Le Conseil d’État reste muet sur ce point; il précise simplement que ces critères devront “être en lien avec l’objectif du service public rendu’’», précise l’avocat, Me Philippe Bluteau. 

UN DÉBAT NON TRANCHÉ

Mais, là encore, chacun a son interprétation. «Les élus ne sont pas tous d’accord sur l’objectif rempli par les cantines scolaires,  constate Marie-Claude Serres-Combourieu. Pour certains, elles remplissent une   mission sociale, pour d’autres une mission de santé publique, pour d’autre encore une mission éducative. »  

Le débat est donc loin d’être tranché. Dans l’attente d’une ligne directrice plus claire venant des juges, l’AMF a mis en place un groupe de travail sur le sujet. Et ce dans l’espoir d’adresser une série de recommandations précises à l’ensemble des élus.

 

MARIE BOËTON

Ils ont 20 ans et souffrent de la solitude : « Moi, on m'a zappé »

17 Juin 2012, 03:12am

Publié par hugo

 LA UNE13/02/2011 à 12h13

Ils ont 20 ans et souffrent de la solitude : « Moi, on m'a zappé »

Renée Greusard | Journaliste Rue89

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Un petit vieux seul dans son appartement : c’est l’image qui vient le plus souvent en tête quand on évoque la solitude. A tort. Trois jeunes racontent ce mal qui les tient à l’écart de la société.

« C’est très concret la solitude. Il y a des gens qui disent n’avoir que deux conversations sur leur vie personnelle par an », rappelle Dominique Lemaistre directrice du mécénat à la Fondation de France.

Selon une étude de la TNS Sofres, 33% des Français de moins de 25 ans disent souffrir de solitude. Le mécanisme qui y conduit est connu, explique Bruno Dardelet, président de la société Saint Vincent-de-Paul :

« Il y a une rupture, un accident qui survient. De là, d’autres ruptures s’enchaînent immédiatement suivies de ruptures familiales, financières, amicales... »

Dominique Lemaistre évoque les cinq réseaux sociaux qui structurent la vie en

France :

  • la famille,
  • le travail,
  • les amis,
  • les associations,
  • le voisinage.

« Ce qui est très inquiétant c’est qu’un Français sur quatre est susceptible un jour de devenir seul parce qu’il ne fréquente qu’un seul de ces réseaux sociaux. Il suffit que celui-ci s’écroule, pour tomber dans la solitude. »

Trois jeunes âgés entre 22 et 27 ans ont accepté de nous raconter leur histoires. Leurs prénoms ont été changés.

Jean-François, 27 ans : « Des amis, on en a quand on a de l’argent »

Il est un peu sur ses gardes.

« Je ne parle de ma vie privée à presque personne, alors à vous j’ai encore moins envie de la raconter. Je n’ai confiance en personne. »

L’histoire est finalement lâchée.

« J’ai été licencié abusivement. Je suis en procédure aux prud’hommes, mais ça prend du temps. J’ai perdu mon appart, je ne pouvais plus payer mon loyer. Ensuite, la rue. Des amis on en a quand on a de l’argent. Moi, on m’a zappé. »

Impossible de ne pas le sentir : Jean-François est en colère. Il répète plusieurs fois : « Moi je n’ai personne. »

« Je ne suis pas non plus du genre à me faire prier. J’ai une grande fierté. Aujourd’hui je choisis un peu aussi ma solitude. Mieux vaut être seul que mal accompagné. »

Sur son compte Facebook, il a 160 amis. Je lui demande comment c’est possible de souffrir de solitude avec un tel réseau.

« Parce que vous trouvez que c’est marrant d’être derrière un PC ? Raconter sa vie sur le Net, ça ne m’intéresse pas. “

Sophie, 24 ans : ‘Personne ne vient me voir’

Sa plus jeune fille est une petite tornade. Elle gambade tétine en bouche dans l’appartement, touche le chat du bout du doigt, attend sa réaction, s’en éloigne effrayée. Son autre fille, l’aînée est à l’école. Sophie est mère célibataire.

‘Je suis seule tous les jours, tous les soirs. Je dépose mes filles à l’école puis chez la nourrice et de 8h30 à 18h30, je suis seule. Quand elles ne sont pas là, j’ai envie qu’elles reviennent pour qu’elles fassent du bruit dans la maison. A 20 heures, quand je les couche, je me dis : ’T’as l’air bien conne’.”

 


Sophie, 24 ans (Renée Greusard).

Contrairement à d’autres personnes souffrant de solitude, Sophie explique “être bien entourée”.“Ici, je connais tout le monde, je suis la maquerelle du quartier”, dit-elle en riant.

“J’ai 24 ans, je sors, j’ai des amis, j’ai ma mère, j’ai mes enfants. Mais ça ne fait deux ans que je ne partage ma vie qu’avec moi. Finalement, une personne âgée a plus de chance de recevoir du monde que moi. Personne ne vient me voir.”

La plupart de ses amis ne sont pas au courant de ce que ressent Sophie.

“La solitude on a l’impression que c’est une forme de faiblesse. On se dit : ‘Si je suis seule, c’est que je ne dois pas être très intéressante.’ Alors bien sûr, je sors, je vais en boîte, on me drague, on rigole, mais je trouve ça hypocrite un peu. Parce qu’une fois rentrée à la maison je serai seule.”

Sophie sort un album. Elle veut me prouver qu’elle est une fille comme les autres. Sur les photos, on la voit posant, maquillée, avec ses copines. Elle est jolie, a de beaux yeux en amande, sourit, parle de ses problèmes sans tristesse. Ne pas s’y fier pourtant.

“Pour moi, la solitude c’est une vraie maladie. Je pense que j’ai perdu 10 kilos à cause de ça.”

Au moment de prendre une photo, Sophie insiste pour que je prenne son tatouage.

“S’il y a une image que je veux qu’on voit de moi c’est celle là, une fille recroquevillée dans une flaque d’eau, avec des ailes.”

 


Le tatouage de Sophie (Renée Greusard).

Depuis deux mois Sophie va mieux. Elle a repris un peu de poids. Une amélioration qu’elle doit, pense-t-elle, à la présence d’une copine qu’elle héberge.

“Ça fait plaisir le matin de se réveiller et d’entendre qu’il y a quelqu’un sous la douche.”

Kévin 22 ans : “Tu ne te sens pas aimé”

Au téléphone, Kevin parle par petits bouts de phrases. Il est réservé, porte un bagage douloureux. Un père alcoolique mort pendant l’adolescence du jeune homme.

“Ça va mieux grâce aux associations. Je n’ai pas beaucoup d’amis, mais j’en ai au moins dix.”

“Chez ma mère, on vivait avec mes deux frères. J’avais l’impression d’être mis à l’écart, personne ne communiquait. L’ambiance à la maison, c’était vite fait. Il n’y avait personne à qui parler. Je sortais beaucoup. A 17 ans, ça s’est empiré : je suis entré dans la drogue.”

Kevin a l’impression d’avoir été abandonné.

“A 13 ans, je sortais le soir, et personne ne me disait de rester à la maison. Tu ne te sens pas aimé.”

Il dit souvent : “Je ne sais pas comment l’expliquer”, et donne l’impression de n’avoir toujours par pas compris ce qui lui était arrivé.

“Mon meilleur ami passait de temps en temps, mais il a dû quitter la ville. Je n’ai plus voulu voir mes amis, je ne sais pas pourquoi. Ça me dégoûte ce qui s’est passé.”

Un jeune sur cinq souffre de solitude

17 Juin 2012, 03:07am

Publié par hugo

Un jeune sur cinq souffre de solitude

Pour la huitième année, la Société de Saint-Vincent-de-Paul lance une campagne nationale de lutte contre la solitude, destinée à sensibiliser le grand public.

La première difficulté pour les jeunes qui se disent seuls est de trouver des personnes à qui se...

(Corinne Mercier/Ciric)

La première difficulté pour les jeunes qui se disent seuls est de trouver des personnes à qui se confier.

L’association a choisi de sonder la solitude des jeunes, à travers une étude que  La Croix    publie en exclusivité. Selon celle-ci, 19 % des 18-35 ans disent ressentir une solitude « subie »   . 

Au total, 45 % ont connu des épisodes de solitude. S’il existe un lien certain entre précarité et solitude, celle-ci touche aussi des jeunes considérés comme favorisés et insérés.

 

Avec cet article

 

C’est le temps des amis, des conquêtes, de l’ouverture aux autres et au monde. C’est aussi, pour certains, celui du douloureux apprentissage de la solitude. Tel est l’enseignement de l’étude Mediaprism pour la Société de Saint-Vincent-de-Paul que La Croix  publie en exclusivité. 

Réalisée le mois dernier auprès d’un millier de personnes âgées de 18 à 35 ans,  cette enquête montre que 19 % de ces jeunes souffrent de la solitude. Au total, 45 % déclarent ressentir de la solitude souvent ou occasionnellement, celle-ci pouvant être choisie. Parmi eux, 42 % affirment qu’elle est « subie »,  autrement un jeune sur cinq.

Les jeunes et la solitude

PLUS DE FILET DE SÉCURITÉ

Rien d’étonnant, pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann. « Les jeunes ont gagné en autonomie et en liberté individuelle, ce qui est positif. Ils choisissent, beaucoup plus qu’avant, les réseaux dans lesquels ils souhaitent évoluer , explique le chercheur (1). Le problème, c’est qu’en cas de difficulté, les filets de sécurité fonctionnent de façon moins systématique qu’avant, à une époque où l’individu était partie prenante du groupe : la famille, l’entreprise, le voisinage, le village, etc. »  

Pour les plus fragiles, « le potentiel de liberté risque alors de se transformer en une perte de repères et un repli sur soi » , poursuit le sociologue.

Psychologue au centre hospitalier d’Erstein, en Alsace, Sébastien Dupont (2) ne dit pas autre chose : « La solitude est le revers de la médaille des formidables libertés dont jouissent les individus d’aujourd’hui. Nous faisons partie des premières générations qui souffrent de ce revers, à la suite de celles qui ont surtout perçu les bénéfices des libertés nouvelles, tout en profitant des cadres structurants transmis par les précédentes générations. En quelques décennies, nous sommes passés de “l’ivresse de la libération” à “l’angoisse de la liberté” »,  expliquait-il en janvier 2011, dans un forum organisé par la Jeunesse indépendante chrétienne.

ISOLEMENT AFFECTIF

À Vannes (Morbihan), Alain David, de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, s’étonne du nombre croissant de jeunes venant frapper à la porte. « Ils sont dans une situation d’isolement affectif, à la recherche d’une oreille bienveillante » , remarque ce bénévole. Dans sa permanence, il voit beaucoup d’exclus, sans travail et sans ressources.

Un constat confirmé par l’étude, qui montre que les inactifs sont surreprésentés parmi les jeunes qui souffrent de solitude. Le « manque d’argent »  est aussi la raison le plus souvent évoquée par les sondés pour expliquer leur isolement.

Mais pas seulement. Alain David rencontre aussi des jeunes des classes moyennes qui perdent pied. « Il suffit parfois d’une mésentente avec les parents, le jeune claque la porte et se retrouve perdu » , souligne-t-il.

LES RÉSEAUX SOCIAUX NE SUFFISENT PAS

Président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Bruno Dardelet indique de son côté que la solitude concerne aussi, en ville, un grand nombre de jeunes mères, isolées après une séparation ou un divorce. Dans l’enquête, les femmes vivant en Île-de-France sont ainsi relativement plus nombreuses à se sentir seules que le reste des jeunes.

À cet égard, Internet est un miroir déformant de la socialisation. L’étude montre que 86 % des sondés ont un compte Facebook, avec en moyenne 178 « amis ». Toutefois, les personnes interrogées ne sont pas dupes : 55 % considèrent en effet qu’Internet « favorise la solitude ».  

 « C’est une formidable chance de pouvoir tisser facilement des réseaux, dit Jean-Claude Kaufmann. Mais les choses se corsent lorsque les jeunes veulent aller plus loin que l’empathie à distance et sont à la recherche de soutien, d’attachement, et de présence. »  

REDONNER CONFIANCE

 « D’  une manière générale, cette perte de repères, parmi les 18-35 ans, est largement sous-estimée »,  déplore le président du mouvement, qui a lancé cette année sa huitième campagne nationale de lutte contre la solitude. Bruno Dardelet milite donc pour une véritable prise de conscience. 

Pour le responsable associatif, « il en va de notre responsabilité à tous de redonner confiance aux jeunes et de les aider à se battre » , loin de« l’indifférence »  et de la « résignation »  qu’il voit trop souvent poindre.

 (1) Dernier ouvrage paru :  C’est arrivé comme ça,  Éd. JC Lattès, 17 €.   

 (2) Auteur de  Seul parmi les autres  , Éd. Erès, 2010, 28,50 €.  

 

MARINE LAMOUREUX

Monde Israël: La Cour suprême statue en faveur de l'égalité salariale homme-femme

17 Juin 2012, 03:06am

Publié par hugo

onde Israël: La Cour suprême statue en faveur de l'égalité salariale homme-femme Mis à jour le 18.05.12 à 13h00 La Cour suprême israélienne a rendu une décision de justice historique vendredi en faveur de l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, un arrêt qui pourrait permettre de réduire l'écart de salaires persistant entre les deux sexes dans le pays. La Cour suprême a annulé la décision d'un tribunal qui avait rejeté la plainte d'une vendeuse dont le salaire était 35% inférieur à celui d'un collègue. La justice avait alors estimé que cette différence de salaires était légitime, qu'elle résultait de négociations salariales et qu'elle ne constituait pas une forme de discrimination sexuelle. Salaire féminin équivalent à 66% du salaire masculin Dans une décision publiée vendredi, la Cour Suprême a estimé pour sa part «que dans certains cas, cela devrait être suffisant pour prouver l'existence d'un écart significatif de salaires» et contraindre l'employeur à respecter les lois anti-discrimination. «C'est une décision historique», a estimé l'avocate de la plaignante, Orna Lin. «Aujourd'hui, un employeur réfléchira à deux fois avant de verser des salaires différents à deux employés qui effectuent le même travail.» Selon le gouvernement israélien, les Israéliennes ont dû se contenter en 2010 d'un salaire équivalent à 66% du salaire masculin.

Futures ministres d'Hollande, ces "guerrières" en politique : en avoir ou pas ?

2 Juin 2012, 01:56am

Publié par hugo

Futures ministres d'Hollande, ces "guerrières" en politique : en avoir ou pas ?

Modifié le 16-05-2012 à 12h45

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Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

LE PLUS. François Hollande constituera son gouvernement ce mercredi. Le septième président de la République a promis de se battre pour la parité, pour l'égalité des salaires et a fait 40 engagements pour garantir les droits des femmes. La nomination des ministres sera un premier test, analyse Moïra Sauvage, journaliste et auteur de "Guérrières, à la rencontre du sexe fort" (Ed. Actes Sud).

Édité et parrainé par Melissa Bounoua

Cécile Duflot le 6 mai 2012 à Paris (B. GUAY/AFP)

 Cécile Duflot le 6 mai 2012 à Paris (B. GUAY/AFP)

 

Mon boucher est en colère. "Ce Hollande, il n’a pas de couilles!", m’affirmait-il il y a quelques jours. Face à ma réaction amusée : "Mais n’est-ce pas plutôt avec son cerveau qu’on gouverne ??", il avait haussé les épaules en m’accusant justement de… les lui briser !

 

L'élection, une affaire de virilité ?

 

Bref, l’élection ne fut semble-t-il pour beaucoup qu’une affaire de virilité : expressive à droite – mouvements d’épaules, démarche rapide et balancée, attaques verbales –, pondérée à gauche, d’où l’accusation de mollesse qui poursuivit François Hollande durant toute la campagne. Et quand on traite un homme de mou, chacun sait de quoi on parle…

 

Alors dimanche soir, face à l’écran et au sourire indéchiffrable de Ségolène Royal, comment ne pas s’interroger sur la place des femmes dans un monde politique à ce point virilisé ? Où le fameux "duel" télévisé du second tour n’est rien moins que la version contemporaine des joutes moyenâgeuses, épée à la main ? Où toute trace de féminité doit être soit effacée, soit revendiquée, mais ne peut jamais être indifférente, comme l’ont récemment rappelé les députées Aurélie Filippetti(PS) et Valérie Boyer (UMP), lorsqu’elles ont évoqué leur choix de porter un pantalon ou une jupe pour venir dans l’hémicycle ?

 

Les femmes qui ont décidé d’entrer en politique sont des "guerrières" qui n’hésitent pas à affronter à la fois les électeurs et un sexisme toujours latent. Parfois outrancier comme lorsqu’un homme politique osa un jour parler de "concert des vagins" lorsque une collègue pris la parole. Plus traditionnellement insultant comme les "salope" et autres "pute" griffonnés sur les affiches électorales ou les allusions sexuelles répétées à la moindre occasion, et celles-ci ne manquent pas.

 

Un univers politique machiste

 

Au combat difficile pour une cause s’ajoute ainsi une autre bataille, celle qui parcourt un univers politique français spécialement machiste et peu disposé à faire place aux femmes.

 

De Golda Meir à Margaret Thatcher en passant par Indira Gandhi, les femmes politiques ont souvent fait preuve d’un tempérament guerrier, d’une force et d’une dureté que l’on qualifiait à l’époque de virile. Il leur fallut sans doute en passer par là pour réussir. Mais doit-on en conclure que ces femmes étaient exceptionnelles et que ces qualités ne sont que l’apanage du sexe dit "fort" ? Que ce soit dans la  politique ou le syndicalisme, dans la vie quotidienne ou  aujourd’hui dans toutes les armées et forces de police du monde, les femmes démontrent combien il est urgent de changer le regard que l’on porte sur le soi-disant sexe "faible".

 

Les femmes – pas toutes, c’est vrai, mais les hommes se reconnaissent-ils tous dans l’expression traditionnelle de la virilité ? – savent être des guerrières redoutables et montrer une force qu’on leur nie encore souvent. Elles se battent pour une place difficile à atteindre, au sommet des entreprises comme au Parlement.

 

Le pouvoir, affaire de réflexion, pas de virilité

 

Elles continuent à lutter pour des droits encore fragiles, contre le harcèlement sexuel ou pour la possibilité d’avorter aujourd’hui menacée par la fermeture de nombreux centres d’IVG. Elles défendent un quotidien difficile fait de travail partiel et de stéréotypes encore discriminatoires. Et pourtant, comment nier qu’elles "n’en ont pas",  de cet attribut viril auquel est trop souvent associé le combat et, de façon générale, le pouvoir ?

 

Il est donc plus que temps, en ce début de siècle traversé par les crises, de reconnaître que le pouvoir est affaire de réflexion plutôt que d’agressivité, de volonté plutôt que de rodomontades et de permettre enfin aux femmes guerrières de faire leurs preuves sans adopter à tout prix un comportement dépassé.

 

L’exemple donné par notre nouveau président d’une vie privée où l’un a su s’effacer devant l’autre lorsque celle-ci brigua le poste qu’il vient de gagner, le calme qu’il manifesta le long de cette campagne en sont à cet égard de bonne augure, même si son féminisme reste à prouver. À lui aujourd’hui de savoir s’entourer de guerrières à la force tranquille. Le monde politique n’en manque pas.

 

Moïra Sauvage est l'auteur de "Guerrières, à la rencontre du sexe fort" publié le 9 mai dernier aux éditions Actes Sud.

Guerrières! A la rencontre du sexe fort

2 Juin 2012, 01:29am

Publié par hugo

Vient de paraître: SAUVAGE Moïra, Guerrières! A la rencontre du sexe fort, Paris, Actes Sud, 2012

21 mai 2012
Par genreguerre

GUERRIÈRES !

Le phénomène est mondial : les femmes sont de plus en plus nombreuses au sein des armées, des polices, des guérillas et des gangs, jusque sur les rings de boxe. L’agressivité, le port d’arme et le droit de tuer ne sont plus réservés aux hommes. Quelles sont les raisons et les conséquences de ce changement profond de nos sociétés ?

Après avoir travaillé longtemps sur les femmes victimes de violences, Moïra Sauvage change de perspective. Ce passionnant essai nous permet de comprendre la complexité de la violence féminine, son enracinement dans l’histoire et les mythes qui l’entourent.

Dans un deuxième temps, l’auteur va à la rencontre, sur plusieurs continents, de femmes de divers horizons pour leur donner la parole. Elles racontent leur rapport à la force physique, à la violence et au combat. Mais aussi comment, guerrières sans armes, les militantes utilisent leur force intérieure pour essayer de changer le monde.

Née à Dublin d’un père irlandais et d’une mère française, Moïra Sauvage est journaliste. Elle a été pendant six ans responsable de la commission Femmes d’Amnesty International France, où elle a collaboré à la publication du rapport Les Violences envers les femmes en France : une affaire d’Etat (éditions Autrement, 2006). Elle est l’auteur d’un essai : Les Aventures de ce fabuleux vagin (Calmann-Lévy, 2008).

Actes Sud, Questions de société

Nombre de mariage en France :

2 Juin 2012, 01:25am

Publié par hugo

Nombre de mariage en France : statistiques INSEE sur l'évolution du nombre d'unions chaque année

Près de 260 000 mariages s'étaient déroulés en France en 2007. Avant 2009, le nombre d'unions était stable depuis les 20 dernières années (même nombre de mariages célébrés en France en 1987) mais en nette baisse par rapport à 1972 avec presque 2 fois moins de cérémonies célébrées en France (416500 unions). Entre 2003 et 2004, l'âge moyen du premier mariage est de 28 ans pour la femme et 30 ans pour l'homme. Selon le recensement INSEE de 2007, le nombre de naissances hors mariage a représenté 50,5 % des naissances en France contre 48,4 % en 2006.

En France, l'homme et la femme ne peuvent décider de se marier avant l'âge de 18 ans sans l'autorisation de leurs parents. Une dérogation
peut être accordée par le Procureur de la République pour « motif grave », par exemple pour une femme mineure et enceinte.

Info et actualité FAO 2010Découvrez sur FAO les dates des salons du mariage, du Pacs et de la cérémonie 2012/2013 à Paris, Pontoise, Halle de la Villette, Carrousel du Louvre, Mormant, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Mulhouse, Colmar, Lorient, Lyon, Toulouse, Montpellier...
+ en téléchargement gratuit le calendrier 2012 à imprimer, le best-of de l'émission La France a un incroyable talent 2011...

A lire sur FAO les interview de mariages sponsorisés 2012/2013 et en téléchargement gratuit le nouveau graphique Comparaison Pacs mariage
avec les derniers chiffres INSEE.

Un enfant si je veux...quand je veux...

2 Juin 2012, 01:21am

Publié par hugo

 

Contraception, Procréation

 

Alors que les combats des féministes des années 60 ont rendu familière l’idée d’une sexualité sans procréation, les progrès constants de la médecine reproductive nous amènent parallèlement à considérer les possibilités d’une procréation sans sexualité. 
Qu’il s’agisse des manifestations pour défendre le droit à l’avortement ou du succès de l’équipe du professeur Frydman donnant naissance aux premiers bébés conçus en France avec des ovocytes congelés, l’actualité de ce mois de novembre 2010 éclaire les deux versants d’un couple sexualité-procréation qui relance le débat autour du contrôle des naissances et de l’assistance médicale à la procréation. 
Au-delà de ces questions, statut de l’embryon, contrôle du corps et parentalité sont au cœur de nouveaux débats éthiques.



De la sexualité sans procréation... 
Désir ou non désir d’enfant 
L’usage de la contraception et le paradoxe français 
L’IVG : un combat toujours d’actualité ? 
...A la procréation sans sexualité 
L’assistance médicale à la procréation 
Les nouvelles formes de parentalité 
Les interrogations éthiques soulevées par l’AMP 

 

De la sexualité sans procréation...


Désir ou non désir d’enfant ?

Au début du siècle dernier, en l’absence de contraception efficace, la femme se trouvait enceinte sans l’avoir planifié, qu’elle le veuille ou non. Le non désir d’enfant était tabou, l’avortement clandestin et criminalisé. L’avènement de la contraception permit de dissocier sexualité et procréation puis de poser la question du désir d’enfant sans pour autant remettre en question la maternité. Les femmes qui n’avaient pas d’enfants étaient jugées soit négativement si elles en étaient heureuses, soit avec pitié si elles en étaient malheureuses.

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Le mouvement féministe vint bousculer ces certitudes. Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter ont incarné des figures véritablement libératrices pour la femme jusqu’alors confinée dans son carcan de mère. Revendiquant les mêmes droits que les hommes dont celui de s’épanouir dans leur vie professionnelle, les féministes demandèrent aussi un partage des tâches à la maison. Progressivement les choses évoluèrent jusqu’au mouvement « childfree » qui revendique le non-désir d’enfant comme droit pour la femme.

 

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 Naissance d’une liberté : avortement, contraception : le grand combat des femmes au XXe siècle par Xavière Gauthier, ed. Laffont, imp. 2008 Cet ouvrage retrace la lutte historique en matière de contraception et d’avortement, qui a abouti à la législation actuelle et à la libération de la femme et montre une analyse de la situation actuelle des femmes face à la maîtrise de la procréation en Europe et dans le monde. 

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 Les lois de l’amour : Les politiques de la sexualité en France (1950-2002) par Janine Mossuz-Lavau, nouv. ed. augmentée ed. Payot, 2002 A travers l’histoire de cinquante ans de libérations sexuelles, Janine Mossuz-Lavau retrace le combat des hommes et des femmes contre le carcan des lois répressives qui faisaient peser sur eux de nombreuses contraintes dont la contrainte procréatrice, puisque la contraception et l’avortement étaient interdits par une loi de 1920. Cette édition a été augmentée d’un chapitre consacré aux politiques de la sexualité en France depuis les années 1990.

Le XXIe siècle autorise la femme non seulement à différer ses grossesses, à planifier le nombre d’enfants souhaités mais aussi à ne jamais en avoir. Malgré cette « révolution des pensées », la position dominante abrite toujours l’idée que puisqu’elle a reçu le bagage physiologique pour être enceinte, la femme doit nécessairement accomplir ce programme. Même si de plus en plus de femmes n’ont pas d’ enfant par choix (« childfree ») ou par impossibilité de réaliser leur désir (« childless »), affirmer un non désir d’enfant reste encore « politiquement incorrect » au yeux de l’opinion publique. 
Sources : 

Illust : Ces femmes qui n, 76.4 ko, 400x617
Ces femmes qui n’ont pas d’enfants / Isabelle Tilmant, De Boeck, 2010. L’ouvrage ouvre à la compréhension nuancée du vécu des femmes qui n’ont pas d’enfant. Il offre des pistes de réflexion pour les femmes et les couples qui s’interrogent sur la place à donner ou non à la parentalité, qu’elle soit biologique ou adoptive.
 Destins de femmes sans enfants/ un film d’Isabelle Moeglin B.Biblio. Grand Angle, 2009. 

Illust : Un bébé oui ou non, 88.7 ko, 400x633
 Un bébé oui ou non ? : pas facile de se décider... / Christiane der Andreassian et Sophie Guillou. Toulouse : Milan, 2008. 

L’usage de la contraception et le paradoxe français

 

En France, si la mise en vente des premiers moyens de contraception commence dans les années 1890, le droit des femmes à maîtriser leur fécondité ne sera reconnu que 77 ans plus tard, en 1967.

La « libération » de la contraception en quelques dates :

 

  • 1967 : Loi Neuwirth autorisant la fabrication et l’importation de contraceptifs vendus exclusivement en pharmacie et sur ordonnance médicale ; interdiction de propagande anti-nataliste. 
  • La loi du 4 décembre 1974 conçue par Simone Veil et Lucien Neuwirth améliore la diffusion de la contraception
  • 1999 : abrogation des articles de la loi de 1920 interdisant la publicité et l’information sur les préservatifs et autres contraceptifs
  • La loi du 13 décembre 2000 autorise une délivrance sans prescription médicale de la contraception d’urgence
  • La loi du 4 juillet 2001 autorise les médecins libéraux à prescrire une contraception à une mineure sans autorisation parentale.

 

Source :  Vie de femmes : 50 ans d’avancées médicales / coordonné par Catherine Weil-Olivier. Montrouge : John Libbey Eurotext, 2008.

En Occident, la contraception est désormais une évidence : 3 femmes sur 4 en âge de procréer y ont recours en France. Les données du baromètre santé 2005 montrent que la pilule représente la principale méthode utilisée (57,2 %), devant le stérilet (21,9 %) et le préservatif masculin (20,9 %). En cas d’échec de contraception, les femmes savent qu’elles peuvent avoir recours à la contraception d’urgence. Cependant le délai maximal dans lequel la pilule du lendemain doit être prise n’est connu que par une minorité d’entre elles (11,7 %) tandis que le message de son accès libre en pharmacie est assez bien passé, surtout auprès des plus jeunes.

Pourtant un paradoxe persiste : malgré l’accroissement de l’utilisation des méthodes contraceptives, les nouveaux moyens de contraception (implant, patch, anneau vaginal) ainsi que l’introduction de la pilule du lendemain (Norlevo) en vente libre depuis 2001le nombre d’avortements est stable depuis 1974, avoisinant toujours les 200 000 par an. Le fait s’explique en partie par une difficulté à gérer sa contraception au quotidien.

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La campagne de communication : Choisir sa contraceptioninitiée par l’INPES repose sur l’idée centrale que pour être bien acceptée et suivie, la méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie par elle (voire son partenaire), en fonction de sa réalité quotidienne.

 

D’après une enquête de l’INPES sur la contraception et les français (2007), parmi les femmes utilisant actuellement la pilule, plus d’une sur cinq (21%) déclarent l’oublier au moins une fois par mois. De plus, le recours à la contraception d’urgence est encore inégal. Plus d’une femme sur dix (13,7 %) a déjà eu recours à la contraception d’urgence, suite le plus souvent à un problème de préservatif (32,5 %), un problème de pilule (24,9 %) ou un rapport sexuel non protégé (21,8 %). Pour 7,5 % des femmes, le recours à la contraception d’urgence n’a pas suffi à éviter une grossesse. Parmi les femmes sexuellement actives, 17,2 % ont eu recours à l’IVG au cours de leur vie.

La Cité des sciences et de l’industrie propose un reportage sur le sujet et revient plus en détail sur ce paradoxe français

 

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Contraception et sexualité Cachelou

 Contraception et sexualité : connaître, choisir, prévenir les risques de Roland Cachelou. Paris : Ed. In Press, 2008Pilule, patch, implant, nouveaux stérilets, anneau vaginal... de nouvelles méthodes contraceptives ont récemment vu le jour. Que faut-il en penser ? Comment se repérer face à cette diversité ? Permettre à chacune (et à chacun) de choisir la bonne contraception en toute connaissance de cause, tel est l’objectif de ce livre. Les avantages et inconvénients de chaque moyen contraceptif, les contre-indications, les effets secondaires sont tour à tour présentés.

 Choisir sa contraception / Martin Winckler, Paris : Fleurus, 2007 . Informer, rassurer et démystifier la contraception : ce petit guide pratique répond à vos interrogations et balaie les idées reçues. 

L’IVG : un combat toujours d’actualité ?

 

 

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La loi du 13 décembre 2000 relative à la contraception d’urgence puis celle du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse (le délai légal de recours à l’IVG passe de 10 à 12 semaines, les mineures peuvent se faire avorter sans autorisation parentale, la RU-486 ou IVG médicamenteuse est autorisée en dehors du milieu hospitalier) ont été de nouvelles étapes dans la maîtrise de la fécondité. Celle-ci avait débuté par la loi de 1967 dite loi Neuwirth sur la régulation des naissances (dispositif élargi par la loi du 4 décembre 1974) et par la loi du 17 janvier 1975 dite loi Veil relative à l’interruption volontaire de grossesse.

 

 IVG aujourd’hui : état des lieux par la réalisatrice Pascale Cuenot, 2004 L’accès, dans des conditions sanitaires décentes, à l’interruption volontaire de grossesse a été reconnu par la loi Veil du 17 janvier 1975. Celle-ci a été réaménagée par la loi du 4 juillet 2001, prolongeant le délai légal de l’accessibilité à l’interruption volontaire de grossesse de deux semaines. Aujourd’hui ces lois ont fait la preuve de leur utilité, mais aussi de leurs limites au regard de l’évolution des mentalités de la société française ainsi que dans l’organisation du corps médical. Ce documentaire a comme objectif de comprendre l’organisation du système médical face à l’avortement aujourd’hui.

Trente cinq ans après la loi Veil, l’accès à l’IVG reste encore difficile en France. Selon certaines associations, l’avortement relève parfois moins du droit que de la tolérance. Refus de prise en charge, délais importants, invocation de la clause de conscience, fermetures massives des centres d’IVG : avorter dans le délai légal des 12 semaines de grossesse se transforme alors en un parcours d’obstacles et une course contre la montre. Selon une estimation du planning familial, entre 3000 et 5000 femmes sont contraintes chaque année d’aller avorter à l’étranger. 
L’ouverture de la pratique de l’IVG médicamenteuse aux centres de planification et à la médecine de ville depuis 2004 est une avancée importante. 49% des IVG pratiquées en France en 2007 sont médicamenteuses mais leur prise en charge est très inégale sur le territoire comme le souligne une étude de la Drees publiée en décembre 2009
La fermeture de centres IVG

La loi Bachelot de 2009 sur la réforme hospitalière incite à regrouper les services au sein d’une unique et grosse structure et accélèrent la fermeture massive de centres IVG. Le secteur privé quant à lui, se désengage progressivement d’un « acte qui reste financièrement déficitaire » et 75 % des IVG sont aujourd’hui réalisées dans le secteur public, contraint d’abriter un CIVG par structure hospitalière.

L’inspection générale des affaires sociales dans un rapportpublié en février 2010, constate d’ailleurs les progrès "réels mais incomplets et fragiles" de l’IVG en France Un second rapportsouligne que la place de l’IVG dans le système de soin n’est pas encore normalisée et que son assise en tant qu’activité médicale demeure fragile.

Pour répondre à une logique comptable et limiter les déficits financiers, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot annonçait le 8 mars dernier une revalorisation de 50% du forfait IVG, passant ainsi de 383 euros à 625 euros. Mais la mesure qui devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année ne règle pas tout. Selon un article de La Tribune, « La revalorisation décidée par le gouvernement va avoir pour effet de surenchérir le coût du ticket modérateur restant à la charge du patient, lequel s’élève à 20% du forfait (voire 30% pour une IVG médicamenteuse) » fragilisant encore plus les patientes sans mutuelle à qui l’augmentation du prix de l’IVG sera directement facturée ». D’où une mobilisation des associations début novembre pour rappeler et défendre le droit à l’avortement...

 Un enfant quand je veux, si je veux par la réalisatrice Paule Zajdermann, 2004 Toutes les sept minutes, une femme meurt dans le monde des suites d’un avortement clandestin. Aujourd’hui encore, les femmes européennes ne sont pas toutes égales devant ce droit fondamental qui consiste à décider seule, en toute conscience, de la poursuite ou de l’interruption d’une grossesse. Après un état des lieux glaçant de la situation française, Paule Zajdermann propose un tour d’horizon des législations européennes. 

...à la procréation sans sexualité


L’assistance médicale à la procréation (AMP)

 

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"L’assistance médicale à la procréation s’entend des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle, ainsi que toute technique d’effet équivalent permettant la procréation en dehors du processus naturel", c’est ainsi qu’elle est définie dans l’article L. 152-1 du Code de la santé publique
L’article L. 152-2 reconnaît deux fonctions à l’AMP : 
"répondre à la demande parentale d’un couple dont l’infertilité a un caractère pathologique médicalement diagnostiqué ; 
éviter la transmission à l’enfant d’une maladie d’une particulière gravité (.)"
La technique de fécondation in vitro a été mise au point en 1978. C’est l’année de naissance de Louise Brown, le premier bébé conçu grâce à cette technique aux Etats-Unis. A cette époque, on pratiquait la fécondation in vitro pour pallier aux lésions des trompes, lésions que la chirurgie ne peut réparer. Depuis, les indications de la FIV se sont élargies. En 1982, grâce aux travaux de l’équipe du professeur Frydmann, naissait le premier bébé éprouvette français : Amandine. Près de 30 ans plus tard, le même professeur est à l’origine de la première naissance en France de jumeaux issus d’ovocytes congelés : Jérémie et Keren. 
 Les bébés de l’amour et de la science / un film de Jackie Bastide, 2008, raconte l’aventure palpitante, pleine de rêves, d’espoirs et d’effrois que furent les trois décennies pionnières de l’Assistance Médicale à la Procréation. 
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 Désir d’enfant par Pr René Frydman, Pr Marcel Rufo, Christine Schilte, ed. Hachette pratique, 2006 Sous la forme d’entretiens, des spécialistes viennent au secours des couples quand le désir d’enfant est présent et que le bébé ne vient pas. Ils examinent toutes les solutions offertes par la médecine pour réaliser ce désir (la procréation médicalement assistée : stimulation, FIV, ICSI, insémination...) et les préparations physique et mentale propres à optimiser les chances de conception.

 

On estime qu’un couple sur 7 est amené à consulter un médecin au moins une fois pour une infertilité supposée et qu’un couple sur 10 suit des traitements pour remédier à son infertilité.
L’AMP avec donneur représente 6,7% des tentatives. Selon l’Agence de biomédecine, en 2007 :

  • 5 340 enfants ont été conçus à la suite d’une insémination intraconjugale. Les chances de grossesses par insémination sont de 12% en moyenne.
  • 12 000 enfants sont nés après une fécondation in vitro intraconjugale. Les chances de grossesses après une fiv sont d’environ 23%.
  • 1 285 enfants sont nés à la suite d’un don de gamètes. Au total en 2007, 20 657 enfants sont nés de l’Assistance médicale à la procréation soit 2.5% des enfants nés en France. 
    Et ailleurs ? 
    Le Sénat a mis en ligne en janvier 2009 une étude de législation comparée concernant l’accès à l’assistance médicale à la procréation. Comparée à 8 pays étrangers (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse) la France fait partie des pays (avec l’Allemagne, l’Italie et la Suisse) qui limitent le plus strictement l’accès à l’assistance médicale à la procréation, la réservant aux couples hétérosexuels. Quatre pays, la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, autorisent la procréation post mortem.

L’article L. 152-2 fixe les conditions requises pour l’accès à l’AMP : "l’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans et consentant préalablement au transfert d’embryons ou à l’insémination". Telle qu’elle est pour l’instant formulée, l’AMP n’est pas légale pour les personnes vivant seules, les couples homosexuels, les couples dont l’un des membres est décédé. 
Quelques sites pour aller plus loin : 

  • FIV-France fournit des informations détaillées sur les différentes techniques existantes en matière d’assistance médicale à la procréation ainsi que sur leur coût, leur législation. 
  • Genethique.org consacre un dossier aux risques et questions éthiques posées par l’assistance médicale à la procréation : risques pour la mère ou pour le couple, risques pour l’enfant conçu par AMP, risque pour l’embryon, risque pour la société et pour le genre humain.

    Les nouvelles formes de parentalité

     

     

     

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    Et si ma femme était mon père

    L’assistance médicale à la procréation, le don de gamètes, la gestation pour autrui...Désormais l’Homme sait instrumentaliser sa propre procréation : il peut donner des enfants à des couples stériles ou à des couples homosexuels, programmer la naissance d’enfants en bonne santé au sein de familles touchées par de très graves maladies génétiques, et parvient même à envisager la venue d’un bébé-médicament pour soigner un membre de la fratrie... Les espoirs les plus fous sont donc permis mais bon nombre de questions restent en suspens bouleversant les définitions de la parentalité et de la filiation...
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 La famille à tout prix par Geneviève Delaisi de Parseval , ed. Seuil, 2008 L’auteur poursuit et amplifie sa réflexion commencée dans L’Enfant à tout prix sur les « nouvelles parentalités ». Elle connaît intimement par son travail beaucoup de couples en mal d’enfant ayant dû avoir recours aux nouvelles techniques de procréation permises aujourd’hui par le progrès de la médecine : fécondation in vitro, mères porteuses, dons de sperme ou d’ovocytes, etc., auxquelles s’ajoute le cas des couples homosexuels voulant avoir des enfants. Le livre s’adresse primordialement à ces « nouveaux parents », et pour les aider à s’y reconnaître dans un paysage extrêmement complexe où ils ont besoin d’être guidés. Il souligne la souffrance de nombre de ces personnes devant les échecs répétés, leur désarroi, leur cheminement psychologique. Enfin, il compare les législations en vigueur dans différents pays et propose au législateur des mesures concrètes ainsi que des changements profonds. 
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 Mes papas, mes mamans, et moi ? la place des enfants dans les nouvelles parentalités, sous la direction de Jacques Besson et Mireille Galtier, ed. Erès, 2007 La question de la construction identitaire de l’enfant, plus particulièrement à travers les modifications du jeu oedipien que les nouvelles parentalités (parentalité médicalement assistée, monoparentalité, parentalité adoptante, parentalité homosexuelle, etc.) introduisent. 

Les interrogations éthiques soulevées par l’AMP

 

Parce qu’elle propose de nouvelles forme de maternité où conception et gestation ne sont plus indissociables, parce qu’elle bouleverse les règles de filiation et qu’elle peut bousculer le calendrier rigide de la procréation, l’assistance médicale à la procréation suscite toujours des interrogations d’ordre moral et éthique. Le débat est d’autant plus ouvert que nous sommes actuellement dans une période révision des lois de bioéthique et que celles-ci encadrent strictement l’AMP. 
Pour en savoir plus sur la révision des lois de bioéthique, voir ledossier documentaire élaboré par la Documentation française.

La gestation pour autrui

 

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Interdite en France par les articles 16-7 du Code civil disposant que « toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle » et 117-13 du Code pénal, cette pratique est cependant discutée dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique.

 

Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et spécialiste de l’assistance médicale à la procréation (AMP), rappelait en février 2008 dans un entretien à l’hebdomadaire Le Monde que depuis 20 ans, 10 000 bébés ont été conçus en ayant recours aux mères porteuses aux Etats-Unis. Et d’expliquer que pour elle, la fonction maternelle peut se répartir en 3 femmes distinctes : "la mère d’intention" (qui élèvera l’enfant), la mère "génétique"(qui donnera l’ovocyte si besoin est) et la mère "gestatrice". Selon ses expériences cliniques, il n’existerait pas plus de risques psychologiques pour l’enfant issus d’une GPA que dans d’autres formes modernes de procréation, tels que le don d’ovocyte ou "l’accueil d’embryon". Elle estimait également qu’il était urgent pour la France de combler son retard et de légiférer sur cette question des mères porteuses.

Dans cette optique, le Sénat a publié en janvier 2008 une étude de législation comparée concernant la gestation pour autrui qui dresse des cadres juridiques mais aussi des débats autour de cette question en Suisse, au Canada et Etats-Unis. Deux ans plus tard, le 27 janvier 2010, les sénateurs ont examiné uneproposition de loi tendant à autoriser et encadrer la gestation pour autrui. Pourtant l’idée est absente de la proposition de loi présentée en conseil des ministres par Roselyne Bachelot le 20 octobre 2010 dans le cadre de la révision des lois de bioéthique« le projet de loi compte interdire les mères porteuses, maintenir l’accès à l’assistance médicale à la procréation aux couples hétérosexuels en cas d’infertilité médicalement diagnostiquée ». Mais le projet pourra encore évoluer lors des débats parlementaires qui se dérouleront en 2011.

L’anonymat des dons

Il est précisé à l’article L. 152-6 du Code de la santé publiqueque "l’assistance médicale à la procréation avec tiers donneur ne peut être pratiquée que comme ultime indication lorsque la procréation médicalement assistée à l’intérieur du couple n’a pu aboutir". 
La future loi de bioéthique envisage la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes, Roselyne Bachelot précise que les enfants nés d’un don ne pourront accéder, à leur majorité, à l’identité du donneur que si ce dernier y consent préalablement. L’accès à des données non identifiantes (données médicales, âge, etc) sera aussi garanti. La ministre ajoute que la loi ne sera pas rétroactive en réponse aux inquiétudes d’anciens donneurs craignant d’être contactés.

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 Enfants du don : procréation médicalement assistée : parents et enfants témoignent par Dominique Mehl, ed. R. Laffont, 2008 Pour la première fois, les enfants nés d’un don de sperme, d’ovules ou venus au monde grâce à une mère porteuse, les parents donneurs ou receveurs témoignent. Gestation pour autrui, homoparentalité, anonymat des dons de gamètes : leur expérience a transformé leur conception du lien biologique et de la parenté. La parole de ces enfants du don et de leurs parents est plus que jamais cruciale à l’heure où s’ouvre une ample délibération sur les lois de bioéthique, dont la révision est prévue en 2009. 

L’expérimentation de nouvelles techniques, quelles perspectives pour demain ?

 

René Frydman, père du premier bébé-éprouvette français évoquait dans un entretien à au journal  Le Monde, le 3 juillet 2006, le futur de la procréation assistée. L’une des perspectives les plus fascinantes concerne les cellules souches et la possibilité de les transformer in vitro en gamètes c’est à dire soit en ovocytes soit en spermatozoïdes, ce qui rendrait le nombre potentiel de descendants conçus in vitro sans limite. René Frydman évoquait aussi les recherches pour alléger les traitements stimulants la fonction ovarienne. Une autre piste plus radicale consisterait à prélever des ovocytes immatures et à réaliser leur maturation in vitro.

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 L’utérus artificiel par Henri Atlan, ed Le Seuil, 2005 Henri Atlan livre une réflexion sur les méthodes de procréation médicalement assistées et sur l’utilisation éventuelle d’un utérus artificiel qui permettrait la gestation d’un embryon hors du corps de la femme. Voué avant tout à des fonctions thérapeutiques, il pourrait rapidement être détourné afin de répondre à des désirs d’enfants que la procréation naturelle ne permet pas de satisfaire. 
Depuis la naissance en Belgique en 2004 d’un enfant issu de cette technique, il est désormais possible d’envisager que les femmes conservent leur fertilité plus longtemps en prélevant du tissu ovarien, en le conservant au froid puis en le réimplantant. En France, l’hypothèse est devenue réalité cette année avec la naissance, le 2 novembre 2010, de jumeaux issus d’ovocytes congelés. L’équipe du professeur René Frydman a eu recours à une méthode de congélation lente, autorisée par la loi française, mais elle milite pour légaliser la vitrification, une technique de congélation rapide plus récente et plus performante qui évite la formation de cristaux susceptibles de détériorer les ovocytes. 

 

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 A la poursuite de l’enfant parfait de Benoit Bayle, ed. Robert Laffon, 2009 : comment être frère et sœur jumeaux dans l’éprouvette et naître à plusieurs années d’intervalle ? Comment naître d’un père mort ? Quel devenir pour les enfants nés d’une mère ménopausée ? Refusant de prendre pour acquis les dogmes et les croyances de notre société procréatique, Benoît Bayle postule l’importance du lien entre la conception et le développement psychologique de l’individu, et ouvre le débat sur la dignité de l’être humain conçu. 

 

Illust : Mille et une façons, 108.3 ko, 400x622
 Mille et une façons de faire des enfants : la révolution des méthodes de procréation / Bertrand Pulman. Paris : Calmann-Lévy, 2010. Nous ne sommes probablement qu’au début d’un processus qui va produire des réalités de plus en plus extraordinaires : la possibilité de choisir le sexe de son enfant, la transplantation d’utérus, la fabrication de gamètes, la gestation en dehors du corps de la femme, etc. vont nous entraîner dans un univers inconnu. Les nouveautés dans le domaine des sciences de la vie suscitent souvent des discours alarmistes. Ce livre montre pourtant que les craintes ne sont pas toujours justifiées. Il existera bientôt mille et une façons de faire les enfants. Seule comptera, en définitive, notre aptitude à nous adapter et à encadrer ces changements de la manière la plus heureuse possible. Un ouvrage riche et stimulant qui nous oblige à réviser toutes nos idées reçues sur les questions de l’enfantement...

 

 

 

Les triangles portés par les déportés

2 Juin 2012, 01:19am

Publié par hugo

Dernière modification de cette page : 01/24/2012 16:10:17

Les triangles portés par les déportés

 

Sur la hiérarchie des déportés, ces insignes et la lutte des triangles rouges et des triangles verts, voir letémoignage de David Rousset

« Ce sont les triangles que nous portions sur le devant de la poitrine à gauche et la partie supérieure du pantalon. Ces triangles ont la pointe généralement dirigées vers le bas. Mais il y avait deux sortes de triangles verts, et c'est très important, car ceux qui portaient : A) un triangle vert avec la pointe dirigée vers le bas étaient desCRIMINELSde droit commun, et B) ceux qui portaient un triangle vert  avec la pointe dirigée vers le haut, étaient des malfaiteursde droit commun, et c'était la majorité. »

Serge Smulevic, par mail, janvier 2005

Triangle rouge de tous les politiques, en particulier porté par les politiques allemands (communistes, socialistes...)
Triangle rouge de tous les politiques, en particulier porté par les politiques allemands (communistes, socialistes...)
Triangle rouge des politiques français (communistes, résistants...)
Triangle rouge des politiques français (communistes, résistants...)
Triangle parfois porté par les politiques juifs, bien que souvent les résistants juifs aient été déportés comme juifs et non comme résistants
 Triangle porté par les Juifs
Les Juifs français, à Auschwitz,
portaient en plus une lettre "F" au centre du triangle rouge
Triangle porté par les "asociaux"
Triangle porté par les "asociaux"

Triangle des tsiganes
Triangle des tsiganes
Triangle des témoins de Jéhovah.
Triangle des témoins de Jéhovah.
Les "Bibelforscher" refusaient le service militaire et étaient emprisonnés dans les camps.
Triangle porté par certains apatrides
Triangle porté par certains apatrides.
Triangle porté par les criminels de droit commun
Triangle porté par lescriminelsde droit commun.
Triangle porté par les autres "droit commun" : malfaiteurs, voleurs...
Triangle porté par les autres "droit commun" : voleurs...
Triangle porté par les déportés pour homosexualité
Triangle porté par les déportés pour homosexualité


Charte des signes distinctifs (Dachau, vers 1938-1942)
Charte des signes distinctifs (Dachau, vers 1938-1942)

Autres signes distinctifs, parfois constatés dans les camps


N.N.
Dans certains camps, les détenus "Nacht un Nebel" (Nuit et Brouillard) portaient cette inscription peinte dans le dos, à la peinture blanche
Cible peinte sur le dos de certains déportés pour les signaler à la suyrveillance particulière
Cible peinte sur le dos de certains déportés pour les signaler à la surveillance particulière des SS. (Cela n'existait pas à Auschwitz).

Photographies d'authentiques triangles

Triangle d'un déportée politique polonaise, porté à Ravensbrück
Triangle d'un déportée politique polonaise, porté à Ravensbrück
par Jadwiga Dzido, membre d'une orgaznisation de la jeunesse résistante polonaise, arrêtée et torturée en 1941, puis déportée.
Triangle violet des Témoins de Jéhovah
Triangle violet des Témoins de Jéhovah.
Ici, celui porté par Albert Jahndorf
dans le camp de Sachsenhausen.
Triangle rouge porté par le déporté politique tchèque Karl Bruml
Triangle rouge
porté par le déporté politique tchèque
Karl Bruml

Trangle rouge métallique porté à Dachau par un espagnol (SP), Leon Carrero.
Triangle rouge métallique porté à Dachau par un espagnol (SP), Leon Carrero.



Photographie de déporté prise dans le tunnel de Dora, en 1944, par un photographe nazi.


Manière dont les triangles étaient disposés sur la tenue du déporté


Photographie de déporté prise dans le tunnel

de Dora, en 1944, par un photographe nazi.
 






1 : le triangle rouge avec la lettre F : 
c'est un déporté politique français,
un résistant probablement.

2 : le numéro matricule cousu sur la veste rayée, précédé par un triangle rouge

3 : le numéro matricule, toujours précédé d'un tringle rouge, cousu aussi
sur la jambe droite du pantalon rayé.

A Auschwitz, il n'y avait pas de triangle au dessus de la bande de tissu du numéro matricule. 




(
Un commentaire plus complet de cette photo est fait dans la page sur "les conditions de vie dans les camps")