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Le blog de hugo,

Combien gagnent les très riches ?,economie,

2 Avril 2017, 22:00pm

Publié par hugo

Combien gagnent les très riches ?

31 mars 2017 - 2,7 millions de personnes touchent plus de 61 000 euros par an en France. Ces 10 % les plus riches reçoivent, à eux seuls, une masse de revenus 1,5 fois plus importante que les 50 % du bas de la pyramide.

2,7 millions d’adultes ont un revenu supérieur à 61 000 € par personne [1] et par an avant impôts et prestations sociales en 2013 en France, selon des travaux réalisés à partir des données fiscales [2], ce qui les range parmi les 10 % les plus riches. Le revenu moyen de cette tranche est de 111 000 € par an. C’est sept fois plus que le revenu moyen des 50 % aux revenus les plus faibles (15 510 € de revenus moyens) et trois fois plus que la tranche située entre les 50 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches (38 920 € en moyenne).

On entre au sein des 1 % les plus riches (270 000 personnes) à partir de 162 400 € par an. En moyenne, les revenus annuels de cette tranche s’établissent à 360 000 euros. Au sommet de l’échelle, il faut percevoir 536 000 euros l’an pour figurer dans le club des 0,1 % ultra-privilégiés (27 000 contribuables). Tout en haut, 267 individus toucheraient, selon leurs déclarations fiscales, au moins 9,5 millions d’euros par an.

Ces données sur le haut de la pyramide doivent être utilisées avec beaucoup de précautions. En dépit du nombre de solutions pour réduire de façon drastique leurs impôts, ces très riches reversent une part non négligeable de leurs revenus à l’administration fiscale : il ne s’agit pas de ce dont ils disposent pour vivre. Mais même en divisant ces chiffres par deux, on obtient des sommes extraordinaires pour le commun des mortels. De plus, avec des groupes qui portent sur des très petits échantillons, les données sont très volatiles : un petit nombre d’individus ayant des revenus très élevés peut faire varier sensiblement les données d’une année sur l’autre.

Les écarts sont énormes à l’intérieur du club des riches. Avec 60 000 euros de revenu par an et par adulte, on mène une vie sans grand rapport avec le reste de la population et on assure en même temps, le devenir de ses enfants en se construisant un patrimoine. Avec 500 000 euros par an, on poursuit d’autres stratégies financières : on protège ses descendants pour des générations entières et l’argent perçu sert à la fois à maintenir un standing de vie extrêmement luxueux et à accumuler un patrimoine diversifié (immobilier, entreprises, œuvres d’art, etc.).

Répartition des revenus avant impôts par tranche de revenus
Nombre d'adultes 
Revenu moyen annuel par personne 
en euros    Part de la population 
en %    Part dans la masse des revenus 
en %
De 0 à 27 420 euros    13 362 870    15 510    50    22,5
De 27 420 à 60 970 euros    10 690 296    38 920    40    45,2
Plus de 60 970 euros    2 672 574    111 230    10    32,3
... dont plus de 162 400 euros    267 257    359 290    1    10,4
... dont plus de 536 410 euros    26 726    1 308 290    0,1    3,8
... dont plus de 2 064 350 euros    2 673    5 181 850    0,01    1,5
... dont plus de 9 562 310 euros    267    18 990 120    0,001    0,6
Revenus avant impôts et prestations sociales par personne. Adultes de 20 ans et plus. Le revenu des couples mariés est divisé par deux.
Source : données fiscales 2013, Thomas Piketty et al. - © Observatoire des inégalités
La part des très riches dans le revenu national

Les 10 % les plus riches reçoivent près d’un tiers du total des revenus distribués en France alors que la moitié de la population dont les revenus sont les plus bas (22,5 % de la masse des revenus). Les 1 % d’ultra-riches représentent 10 % de la masse des revenus distribués en France [3].

Les 10 % les plus riches perçoivent un tiers du revenu national (avant impôts et prestations sociales). Une part beaucoup plus faible qu’au début du siècle où ils en recevaient la moitié. Celle-ci s’est érodée lors des deux grandes guerres mondiales du XXe siècle et sous l’effet de la crise des années 1930. Elle est remontée au cours des 20 premières années des Trente Glorieuses : la très forte croissance des revenus de cette période a, en proportion, d’abord profité aux plus aisés.

Du milieu des années 1960 au début des années 1980, la part des revenus des 10 % les plus riches a régulièrement diminué, pour passer de 38 % à 30 % du revenu national, au bénéfice des classes moyennes et populaires. La part des 50 % les plus pauvres, par exemple, a augmenté de 17,5 à 23 %. Le faible niveau du chômage et l’implantation syndicale ont conduit à de fortes hausses de salaires à cette période. En mai 1968, les accords de Grenelle ont eu pour conséquence une hausse de 35 % du salaire minimum.

Le début des années 1980 a marqué un tournant avec le retour d’une phase de forte progression de la part du revenu national dévolue aux plus riches, avec un glissement de 4 points du revenu global en leur faveur, de 30 à 34 %. Cette part s’est maintenue à ce niveau pendant quinze ans. La période 1980-2008 a été encore plus favorable aux 1 % du sommet de la pyramide : leurs revenus représentaient 8 % du revenu national en 1982 pour atteindre 12,6 % à la veille de la crise de 2008.

La montée du chômage n’a donc pas empêché les plus riches de voir leur part du gâteau s’accroître pendant trente ans grâce au boom des revenus tirés de l’investissement. La financiarisation de l’économie s’est développée, entraînant une course aux rendements, et le manque d’emploi a fait basculer le rapport de force du côté des actionnaires. En 2008, la crise a affecté les revenus financiers des plus riches. Depuis, leur part dans le revenu global évolue en dents de scie, sous l’effet notamment de la volatilité des marchés financiers. 2013, dernière année connue, marque un retour de la part des 1 % les plus riches à 10,4 % du revenu global, niveau équivalent à celui de 2009 ou du début des années 1960.


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Photo / CC BY NC Alessandro Vernet

Notes

[1] Adultes de 20 ans et plus. Le revenu des couples mariés étant divisé par deux pour établir le revenu par personne, ces données ne tiennent pas compte des enfants.

[2] « Inequality Dynamics in France, 1900-2014 », Thomas Piketty et al. , Paris School of Economics, 2016

[3] Il s’agit toujours ici des revenus avant impôts et prestations sociales. Pour les données après impôt et prestations, lire notre article « Les 10 % les plus aisés captent plus du quart du revenus ».

Date de rédaction le 31 mars 2017


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http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=2261&id_rubrique=110

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