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Le blog de hugo,

Articles avec #respects et anti racisme

“Tu m’aimes tu me respectes”: une campagne pour lutter contre le sexisme chez les ados,egalite,respect,

17 Novembre 2017, 23:01pm

Publié par hugo

 “Tu m’aimes tu me respectes”: une campagne pour lutter contre le sexisme chez les ados
Publié le 16 novembre 2017 à 15:16
La campagne “Tu m’aimes tu me respectes” a été lancée lundi dernier par le centre Hubertine Auclert, dans le but de prévenir les violences sexistes dans les relations amoureuses des 15-18 ans.
 
“Quand on sort ensemble, parfois, ça va trop loin: quand IL ou ELLE décide de tout à ma place sans tenir compte de mon avis ou de mes envies, ce n’est pas du respect.” C’est le message qu’a souhaité communiquer le centre Hubertine Auclert (centre francilien pour l’égalité femmes-hommes) en lançant la campagne Tu m’aimes, tu me respectes. Cette initiative a pour objectif de prévenir les violences sexistes et sexuelles dans les relations amoureuses des 15-18 ans. Ces comportements comprennent le contrôle de l’apparence physique, des fréquentations, la dévalorisation systématique, ou encore le non-respect du consentement sexuel.
Le centre Hubertine Auclert a ainsi développé le hashtag #TuMaimesTumeRespectes sur les réseaux sociaux et imaginé un site internet pour aider les adolescents à identifier les comportements banalisés mais irrespectueux et dangereux au sein du couple. Un quizz permet aux jeunes de faire le point sur leurs relations et un tchat leur donne la possibilité de discuter de façon anonyme avec En avant toute(s), une association qui lutte contre les violences sexistes et cible principalement les jeunes femmes. On retrouve également sur le site les coordonnées d’autres organisations féministes destinées aux victimes, comme Violences Femmes Information.
Parlons peu…Mais parlons!, la websérie qui aborde sans tabou et avec humour la sexualité, a consacré hier un épisode spécial à la campagne Tu m’aimes tu me respectes. Juliette Tresanini et Maud Bettina-Marie y évoquent “les comportements toxiques dans les relations amoureuses et sexuelles”. Elles font la liste de quelques règles simples qui contribuent à la construction d’une relation saine: ne pas répondre au téléphone de l’autre, ne pas le dénigrer, ne pas contrôler ses fréquentations ni son planning, sa tenue vestimentaire ou son maquillage. En bref, le message est clair: “Tu m’aimes, tu me respectes”.


http://cheekmagazine.fr/societe/tu-maimes-tu-me-respectes-campagne-sexisme/

Cette ado a encouragé les jeunes femmes à faire leur coming out sur Twitter,socite,respect

2 Novembre 2017, 00:07am

Publié par hugo

 
 
Cette ado a encouragé les jeunes femmes à faire leur coming out sur Twitter
/"
42Partages
 
Photo d'illustration montrant un couple lesbien.
 
Par Louise Col
Publié le Mardi 31 Octobre 2017
Des dizaines de jeunes femmes lesbiennes ont publié sur Twitter des photos d'elles en couple avec un garçon pendant l'adolescence et récentes avec une autre femme. Cette initiative, lancée malgré elle par une Américaine de 17 ans, illustre la libération qu'elles ont ressenti en décidant d'assumer leur homosexualité.
A lire aussi
 
A 17 ans, Caitlin Crowley est devenue une influenceuse pour la jeune communauté homosexuelle. Le 23 octobre dernier, cette adolescente américaine a posté une ancienne photo d'elle et son ex petit-ami Dylan, juxtaposée à un cliché récent d'elle et sa petite copine actuelle, Kirrin Chew, sur Twitter. "Etudiante en première année puis en dernière, à mettre sur le compte de la maturité ?", interroge-t-elle en légende.
"C'était censé être une blague entre mes amis et moi, parce que Dylan et moi sommes toujours amis et rions très souvent de nos jeunes années", explique-t-elle à Buzzfeed. En couple depuis un an, les deux jeunes femmes racontent avoir fait leur coming out après 6 mois de relation et avoir reçu le consentement de leurs amis et familles respectives.
Devenu viral, ce post a été partagé 35 000 fois et liké à plus de 136 000 reprises. Inspirante malgré elle, Caitlin Crowley a incité d'autres jeunes femmes à partager les photos de leur évolution. En quelques jours, des dizaines de femmes se sont à leur tour affichées sur la toile, juxtaposant des photos d'elles jeunes dans une relation hétérosexuelle, puis récente avec une autre femme.
"Je suis allée à l'école catholique toute ma vie et j'ai eu du mal à accepter ma propre identité", raconte Devin Mongan, 18 ans, à BuzzFeed. Inspirée par l'initiative positive de toutes ces jeunes femmes, elle a décidé de poster une photo d'elle et son ami CJ. "Il était toujours au rendez-vous quand je ne pouvais pas amener de fille". Pour Katy Nicholson, partager les images de son évolution illustre le "processus de sortie" du placard des femmes lesbiennes. "J'ai passé mes trois premières années de lycée à m'interroger sur ma sexualité, puis la dernière année, je suis sortie avec ma copine actuelle", explique-t-elle.
 
http://www.terrafemina.com/article/cette-ado-a-encourage-les-jeunes-femmes-a-faire-leur-coming-out-sur-twitter_a336692/1

Israéliennes et Palestiniennes marchent ensemble pour la paix,femmes,feminisme,articles femmes,fratrenite,

13 Octobre 2017, 14:28pm

Publié par hugo

Israéliennes et Palestiniennes marchent ensemble pour la paix
 
Par Barbara Azaïs
Publié le Lundi 09 Octobre 2017
Des milliers de femmes juives et musulmanes ont terminé, dimanche 8 octobre à Jérusalem, une marche de deux semaines pour réclamer "un accord de paix" entre Israéliens et Palestiniens, après 70 ans de conflit. Un message fort envoyé aux dirigeants des deux gouvernements.
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"On ne s'arrête pas tant qu'il n'y a pas d'accord de paix". Tel était le message de ces 5 000 femmes israéliennes et palestiniennes, qui, main dans la main, ont terminé dimanche 8 octobre à Jérusalem, une marche pour la paix de deux semaines à travers Israël et la Cisjordanie. A l'initiative du mouvement Women Wage Peace ("Les femmes font la paix"), ces dizaines de milliers de femmes juives et musulmanes, de droite, du centre et de gauche, ont pris ensemble cette "route de la paix", comme elles la qualifient, lasses de ce conflit géopolitique septuagénaire qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes.
Les images étonnantes de milliers de femmes israéliennes et palestiniennes marchant ensemble pour réclamer "un accord de paix".
"Les hommes qui ont le pouvoir ne croient qu'à la guerre"
Soutenues par plusieurs personnalités politiques, des artistes et des écrivains, elles réclament "un accord de paix" entre Palestiniens et Israéliens. "Les femmes israéliennes veulent empêcher une prochaine guerre (...) et tenter le plus rapidement possible d'arriver à un accord entre Israéliens et Palestiniens", a rapporté à l'AFP Marie-Lyne Smadja, l'une des organisatrices.
Pour elles, marcher côte à côte est le moyen d'envoyer un message fort au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui ne parviennent toujours pas à s'entendre : la Palestine fermement opposée à une reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif et Israël réprimant les Palestiniens avec ses armées dans la quasi-indifférence de la communauté internationale. Les deux pays peinent à s'accorder et sont exposés depuis 2015 à une montée de violences et une succession d'attaques meurtrières sur des civils.
Pour les femmes, c'en est trop. "Les hommes qui ont le pouvoir ne croient qu'à la guerre, mais par la force des femmes, nous pouvons apporter autre chose, quelque chose de neuf", a de son côté confié Amira Zidan, Arabe israélienne et cofondatrice de Women Wage Peace.
"En tant que femme religieuse, je dis que ne pas croire en la paix, c'est ne pas croire en Dieu", confie à l'AFP Michal Frouman, une mère de famille installée dans la colonie de Tekoa en Cisjordanie et poignardée en janvier 2016 par un Palestinien alors qu'elle était enceinte. "Nous avons besoin de créer un vivre ensemble afin de pouvoir construire la paix que nous voulons tous".
Pour l'organisatrice Huda Abuarquob, une Palestinienne de Hébron, "cette marche n'est pas une manifestation de plus, mais le moyen de dire que nous voulons la paix et qu'ensemble, nous pouvons l'obtenir." Cette belle initiative sera-t-elle entendue ?
Monde
Société
guerre
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Femmes engagées


http://www.terrafemina.com/article/israeliennes-et-palestiniennes-marchent-ensemble-pour-la-paix_a335802/1

"Ouvrir la voix" un film d'Amandine Gay : mots et maux de femmes noires francophones,femmes,feminisme,racisme,sexes,

8 Octobre 2017, 03:10am

Publié par hugo

 
"Ouvrir la voix" un film d'Amandine Gay : mots et maux de femmes noires francophones
 
"Ouvrir la voix", la parole est donnée aux femmes noires, sortie en salles en France le 11 octobre 2017.
Crédit page Facebook Ouvrir la voix
Que vit-on dans la peau d’une femme noire en France ou en Belgique ? C’est la question posée à vingt-quatre femmes, afro-descendantes, dans « Ouvrir la voix » qui sort ce 11 octobre 2017 en France. Racisme, sexe, homosexualité, violence, dépression … Dans ce long métrage, Amandine Gay donne, enfin, la parole à ces citoyennes, blogueuses, militantes, artistes, chercheures. Rencontre.
07 oct 2017
Mise à jour 07.10.2017 à 10:04 par
Isabelle Mourgere
dans
⦁ 
On ne sort pas du film d’Amandine Gay comme on y entre. Deux heures de confessions, de rires parfois, d’émotions, de mots qui grattent la gorge. Il faut un peu, beaucoup, de temps pour ingérer, digérer tout ce qui est dit. Car ce qui est dit est, de mémoire, inédit. Jamais jusqu’ici, on n’avait accordé la parole aux femmes noires d’aujourd’hui, qu’elles soient comme ici françaises ou belges.
Elles sont vingt-quatre. Femmes, noires, francophones. A lire dans l’ordre que vous souhaitez. Simplement, sobrement, avec un choix de gros plan qui ne laisse aucune place au superflu, elles parlent. Différentes, et semblables à la fois. Avec leurs mots, leurs regards, leurs singularités, elles disent la même chose. La difficulté d’être femme noire, dans un monde blanc, d'hommes blancs.
T'es noire, soit invisible
extrait Ouvrir la voixPas d’effet sonore, ni de musique au générique. Ici, seule la parole compte. La parole, la voix, et le souvenir. Celui de la première fois, pas celle à laquelle on pense, la première fois où le titre du premier chapitre qui s'affiche noir sur blanc à l'écran, « Il va falloir lutter », prend tout son sens. La première fois quand une fillette entend se dire dans la cour de l’école, à 3 ans, « je ne joue pas avec toi parce que tu es noire ». Et voilà, tout est, presque, déjà dit. La parole, car souvent ce sont des mots plus que des gestes qui marquent le début d'un parcours semé d'embûches. « T’es noire, tu devras faire deux fois plus », ou encore « T’es noire, soit invisible ». Sic.
La bataille des cheveux
Viens ensuite le passage sur les cheveux. Edifiant. Ah les cheveux crêpus, ces tressages, lissages, ou ces coiffures afros qui semblent si exotiques dans un univers blanc, que certains se permettent même de toucher sans permission. Surgit alors une colère, « pourquoi les blancs pensent-ils avoir le droit de venir nous toucher la crinière », s’indigne l’une des intervenantes. « C’est comme si on venait caresser une petite chose à la fois mignonne et étrange. Ne me touchez pas les cheveux ! », s'exclame une autre. Terrifiant, ce que nous raconte l'une de ces jeunes femmes, alors qu'elle arrive sur son lieu de travail, avec un foulard noué sur la tête, qui se prend en pleine figure la réflexion de son patron, visiblement inconscient de la résonnance de ses propos :« Tiens, on dirait une esclave dans les champs de coton ».
Ne me touchez pas les cheveux !
extrait Ouvrir la voixUn détail, les cheveux ? Non. Pas quand fillette, on ne se reconnaît nulle part. Ou sont les "barbies" noires ? Si elles existent enfin aujourd’hui, il y a 20 ans, la poupée barbie n'était que blonde. « J’ai toujours rêvé de tourner la tête et sentir mes cheveux flotter au vent… », rêve presque unanime.
Et quand il s’agit du monde du travail, là aussi, il faut entrer « dans le cadre », certaines racontent les consignes imposées par certains employeurs, du style, il faudrait attacher vos cheveux, les lisser, pas question de garder vos tresses.
Au delà de la chevelure, il est question du corps, de sexualité. Ah le corps des femmes… Mais encore plus celui des femmes noires. Un fantasme censé « être une tigresse au lit ». « Quand on prend ça dans la figure à 13 ans et qu’on est totalement ignorante de ces choses-là, voilà comment notre construction sexuelle débute ». Le corps de la femme noire est comme animalisé, il n’est pas précieux, chacun peut se l’approprier, comme un objet.
Le fantasme de la femme noire, féline et sauvage
La sexualité justement, parlons-en. Pourquoi, les femmes noires seraient-elles ou sont-elles attirées (plus, certaines le disent clairement) par les hommes blancs ? Parce qu’ils symbolisent le pouvoir, le prestige, la réussite, la normalité, la beauté, la réussite ? Si parler de cela était tabou, le voici qui vole en éclat. Parole exutoire.
Exutoire aussi de parler de sa propre communauté, qui n'est pas exempte de clichés. « Il y a la femme noire qui entre dans la norme, la femme bien, la bonne femme noire, et l’autre qui parle fort, qui sent fort (…) la niafou (terme insultant utilisé par les hommes noirs à l’attention de femmes noires ndlr ). » (ici extrait coupé dans la version finale du film, mais à retrouver sur Youtube)
Comment imaginer alors devenir petit rat de l’opéra, quand un père répond, cinglant et définitif : « Il n’y a pas de cygne noir ». « Nous, on n’attend nos enfants nulle part, on ne nous attend pas », explique une autre.
Nous, on n’attend nos enfants nulle part, on ne nous attend pas
extrait Schyzophrénie, le mot revient. Suivre les normes d’un côté, celui de sa famille, de sa communauté, se rendre invisible et de l’autre suivre les normes imposées par une société blanche.
Névrose, dépression … Des mots, des maux surtout qui ne sont pas considérés comme pouvant être des maux noirs. « On nous dit voyons, la dépression, mais c’est une maladie de blanc, ça », rapporte l’une des femmes interrogées. « Allez trouvez un psy noir, ça n’existe pas, et si t’es pas noir, tu ne peux pas comprendre ». Des maux poussés au paroxysme, quand une des jeunes femmes, parle de la difficulté de vivre son homosexualité et raconte ses années de souffrance qui l’ont poussée jusqu'à l'extrême, une tentative de suicide.
Beaucoup de mots sont prononcés au cours de ces 120 minutes de film, l'une parle de femme millefeuille, une autre nous interpelle sur la notion de blanchité … Comme le dit l’une des intervenantes, « il est temps qu’on ne parle pas à notre place, il est temps que la femme afro réfléchisse aux armes de son émancipation ». Il était temps.
Après quatre ans de rencontres, et de tournages, la réalisatrice a rassemblé plus de 60 h de rushs, certains extras coupés au montage ont été mis à disposition sur Youtube. Du mot black, pour ne pas dire noir, ou encore d'un soi-disant accent noir dans le doublage des séries américaines, florilège.
J’avais envie de me voir représentée à l’écran
Amandine Gay
Amandine Gay, 32 ans, comédienne, se présente comme militante afroféministe, elle réalise ici son premier documentaire long métrage. Sociologue, éthnologue, elle tient également un blog sur le site de Médiapart et a écrit de nombreuses tribunes sur le site de Slate.fr. Rencontre.
Images Lynda Zerouk/Tv5monde
Terriennes : pourquoi avoir fait ce film ?
Amandine Gay : "Moi j’étais comédienne à l’origine, et j’étais très frustrée de passer toujours les mêmes castings, avec toujours les mêmes prénoms, Aminata, Aminatou, et pour des rôles hyperstéréotypés. J’avais envie de me voir représentée à l’écran. A un moment donné, quand ça ne vient pas de l’extérieur, on peut soit faire ses propres films, soit attendre ad vitam eternam. Je n’avais pas les moyens de faire une fiction, mais j’avais les moyens de faire un documentaire, moi-même, sans financement puisque ma demande auprès du CNC avait été rejetée."
Est-ce que cela a été facile de trouver des femmes prêtes à se livrer aussi intimement ?
"Bizarrement, cela a été plus facile que je ne le pensais. Moi j’avais tablé sur 6 mois pour recruter tout le monde. Il faut savoir que quelques-unes des femmes dans le film sont des amies ou des artistes rencontrées au cours de mon parcours de comédienne. Sinon, j’ai fait appel aux réseaux sociaux. En l’espace de deux heures, j’avais déjà reçu douze mails. Là je me suis dit, qu’il y avait un vrai besoin de parole pour ces femmes-là. Tout en continuant mon travail de serveuse, il fallait bien financer le film, j’ai procédé à près de 45 pré-entretiens, qui duraient chacun entre 2 et 3 heures. Du coup, j’ai arrêté de recruter. Mais j’ai reçu des réponses de partout, de Guyane, de la Réunion. J’aurais pu aller chercher des tas d’autres témoignages, là pour des raisons pratiques et de proximité, ce sont des femmes de la région parisienne ou belges passant par Paris que j’ai selectionnées."
Vous présentez votre film comme afro-féministe, vous-même vous vous présentez comme afro-féministe, quelle est votre définition ?
"Cela veut dire que je n’ai pas à choisir entre les différentes facettes de mon identité. Ce qui était très difficile dans le féminisme classique, grand-public, ou plus simplement féminisme blanc, c’est que j’avais l’impression que le fait d’être une femme noire était complètement effacé. J’avais envie de me retrouver autour d’un féminisme qui me permette de m’exprimer, en tant que femme, en tant que noire, en tant que, en ce qui me concerne, pan-sexuelle, en tant que personne adoptée. Et vraiment ne pas avoir à choisir. Ce que je dis souvent, c’est que je ne peux pas être un jour noire, et je lutte pour le droit des noirs, et un jour je lutte pour le droit des femmes et le surlendemain je lutte pour les personnes LGBT ! Tous les jours, je fais tout en même temps et donc pour moi l’afroféminisme c’est vraiment ça."
Dans le film, on se rend compte que ces femmes ont rencontré le racisme toute petite, c'est aussi votre cas ?
"Le questionnaire dont je me suis servie pour interroger ces femmes part de mon expérience personnelle. Il ne s’agissait pas pour les personnes qui intervenaient de se mettre en danger plus que je ne le faisais moi d’habitude. J’ai donc fait partir ce questionnaire du jour où l’on se rend compte que l’on est noir dans la société, jusqu’au jour où on décide ou non de partir comme moi à Montréal, ou de rester. Ma première thématique s’intitule justement « le jour où je suis devenue noire », parce que lorsque j’ai changé d’école petite, lors du premier jour, une petite fille n’a pas voulu me donner la main en me disant « non, parce que t’es noire ». Avant ce jour-là, je ne me définissais pas comme noire, j’étais juste une petite fille. Du coup, chacune de ces femmes, m’a raconté sa propre expérience. C’est très important car il s’agit de notre construction, de comment on grandit. On se considère comme une petite fille ou petit garçon peu importe, et puis quand on est confronté au groupe majoritaire, donc blanc, on fait face à ce rejet. Se retrouver face à quelqu’un qui ne veut pas vous donner la main, c’est très violent comme expérience à 5 ans."
Comment vit-on alors le jour où l’on devient noire et femme ?
"Le film suit justement une progression narrative. Ce jour là vient avec l’adolescence. C’est au moment où l’on a envie de désirer et d’être désirée et que l’on se rend compte qu’on n’entre pas forcement dans les critères de beauté ou qu’inversement on est hypersexualisée à un moment où l’on n’est pas encore active sexuellement. Imaginez le traumatisme que c’est quand on ne sait pas encore ce que c’est , et même peut-être sans avoir jamais embrassé, et qu’on vous projette des images de panthère noire, de féline, qu’on vient vous dire « vous les noires, vraiment au lit … ». Pour la construction de soi, c’est terrible. On se dit, mais qu’est-ce-qu’on attend de moi ?"
La question se pose-t-elle aussi au sein de la communauté noire ?
"Justement, il était important pour moi de dire qu’il y a une diversité, pas une femme noire, mais des femmes noires et des communautés. Il y a aussi des enjeux qui se jouent dans nos communautés. Le patriarcat se joue aussi au sein de la communauté noire. Et il ne se joue pas forcément de la même façon. On va se sentir par exemple hypersexualisée dans le monde blanc, et simultanément on va se sentir rejetée par les hommes noirs, car certains vont adhérer à des critères de beauté totalement occidentaux. Même s’ils ne vont pas chercher systématiquement une femme blanche, ils vont chercher des cheveux lisses, des peaux claires. Je voulais aussi montrer comment on se retrouve assujetie à une double contrainte en permanence. C’est-à-dire toutes les normes et injonctions qui viennent du monde blanc, et toutes les normes, injonctions et projections qui viennent du monde noir. Comment nous en tant que femme noire, on essaye de naviguer dans cet espace là."
Il y a aussi la difficulté de l’accès au monde du travail, c’est un peu la triple peine pour les femmes noires ?
"Comme je le disais, c’était important de suivre une progression dans ce film, on part de l’intime puis on arrive à la dimension systémique, institutionnelle. Sur cette construction mais aussi qu’est ce que c’est d’être noire ? Dans les conséquences, il y a les discriminations à l’orientation scolaire, puis dans le monde du travail. Je voulais montrer qu’il y a des choses qui peuvent paraitre anodines, par exemple les cheveux, deviennent eminement politique quand on sait qu’on n’obtiendra pas un emploi si on se présente avec les cheveux crêpus, ou lachés.
D’ailleurs, les filles expliquent dans le film leurs différentes stratégies, qu’elles vont à un entretien d’embauche les cheveux lissés ou attachés, qu’elles gardent cette coiffure pendant leur période d’essai, et qu’elles lachent ensuite leurs cheveux une fois le contrat signé. Là on voit que le cheveu est politique, qu’il peut nous empecher d’avoir un travail. Je voulais montrer qu’il existe un système, souvent on s’en tient au racisme comme relation inter personnelle, si il n’y avait que ça, finalement ce serait assez simple !
Est-ce que, à compétence égale, les femmes noires arrivent à accéder aux postes auxquels elles devraient accéder. Cela a des conséquences, car du coup, ne nous voyant pas à certains postes, du genre il n’y a pas de noires avocates, ou pas de noires professeures, exemple pour moi, j’ai fait toute ma scolarité sans rencontrer un ou une seul prof noire !, et bien on va se dire c’est parce que ces personnes là ne sont pas compétentes. Aux Etats unis le groupe le plus diplomé, c’est les femmes noires. J’aimerais vraiment savoir ce qu’il en est en France ? Si cela était le cas, cela montrerait qu’il y a bien discrimination systémique."
A la fin du film, certaines femmes s’interrogent sur le fait même d’avoir des enfants ou pas ?
"C’est une question assez centrale, parce que dès le très jeune âge, quand on a vécu ces formes de violence, la question que l’on se pose souvent entre nous, c’est dans quel état je vais être quand mon enfant de 5 ans va revenir de l’école en larmes parce qu’on lui a dit tes cheveux sont moches, je joue pas avec toi parce que t’es noir etc… C’est une chose de l’avoir vécu soi, c’en est une autre de trouver une réponse à la souffrance de son enfant. Voilà pourquoi c’était important pour moi de montrer comment des enjeux intimes et personnels sont finalement des enjeux politiques. Voir que la violence sexiste et raciste que l’on vit en tant que femme noire, nous amène jusqu’à nous poser la question de faire des enfants ou pas … C’est assez dramatique."
C’est le film que j’aurais aimé voir à 15 ans, pour permettre à toutes les jeunes filles noires de se reconnaitre et de se projeter dans l’avenir
Amandine Gay
La question de la sexualité mais aussi de l’homosexualité est posée dans le film. Cela reste un tabou chez les femmes noires ?
"Déjà c’est difficile de se voir en tant que femme noire dans l’espace public, si en plus on n’est pas hétérosexuelle, alors là c’est mission impossible. Cela change tout doucement, mais Sandra dans le film le dit, quand on ne se voit pas on se demande si il y en a d’autres qui existent. Ouvrir la voix, c’est faire exister ces histoires là, faire exister cette pluralité. Oui, comme dans toutes les autres communautés, il y a des personnes qui ne sont pas hétéro. C’est bien pour ça que je finis le film sur ces questions là, qui restent très taboues, mais je voulais aussi montrer une histoire d’amour. C’est le film que j’aurais aimé voir à 15 ans, pour permettre à toutes les jeunes filles noires de se reconnaitre et de se projeter dans l’avenir. Pour qu’elles se disent, qu’elles peuvent être artiste, costumière, et qu’elles peuvent vivre des histoires d’amour, et être heureuses quelle que soit leur sexualité.
Aujourd’hui, deux images de femmes noires existent, celle de la banlieue ou celle issue de la migration, et c’est toujours misérabiliste. Ce qui me dérange aussi c’est que pour lutter contre ces deux visions, on va obligatoirement chercher à promouvoir les succès noirs, la réussite. Mais on a aussi le droit d’être banale, de ne pas être cheffe d’entreprise. Si des jeunes filles noires sortent de ce film en se disant, moi je peux être ce que j’ai envie d’être, alors j’ai gagné !"
"Ouvrir la voix" d'Amandine Gay
Sortie nationale française : le 11 octobre 2017, en Suisse le 1er novembre 2017 et en Belgique le 29 novembre 2017. Au Canada à partir de février 2018. @TERRIENNESTV5
@Imourgere
Isabelle Mourgere
Mise à jour 07.10.2017 à 10:04
 Sur le même thème
http://information.tv5monde.com/terriennes/ouvrir-la-voix-un-film-d-amandine-gay-mots-et-maux-de-femmes-noires-francophones-192608

LA VIOLENCE DES HOMMES DANS CETTE SOCIETE !!!

8 Octobre 2017, 02:08am

Publié par hugo

JE PEUX  COMPRENDRE  QUE  UNE FEMME  PLAISE  A  UN HOMME , que  on  dirai pas  non a  l avoir comme copine , ce  faire un film sur cette femme  rencontrée  dans la rue ou ailleurs ,mais arrêtez  vous !!!!!   l A VIE  VOUS EN DIRA  PLUS  APRES !!!!!

MOI CE QUE JE DIS c est  simple  vous discutez  avec cette femme et si cette  femme est intéresser par vous  revoir,  vous lui passer  votre numéro, vous vous appelez , vous faite connaissance   etc  

 SI ELLE VOUS DIS <<< ( NON ) <<< LACHEZ L  AFFAIRE  , CELA SERA  BIEN VU   

 LA  FEMME N EST PAS UN  OBJET !!!!!! 

LES  MECS  SOYEZ  RESPECTUEUX DES FEMMES , CE  QUE VOUS VOYEZ  DANS LES FILMS  N ETS PAS LA REALITE , juste  du fantasme de mecs 

 LA  FEMME N EST PAS UN  OBJET !!!!!! 

LA VIOLENCE  DES HOMMES  DANS  CETTE SOCIETE !!!
LA VIOLENCE  DES HOMMES  DANS  CETTE SOCIETE !!!
LA VIOLENCE  DES HOMMES  DANS  CETTE SOCIETE !!!
LA VIOLENCE  DES HOMMES  DANS  CETTE SOCIETE !!!

Djafar Lakrouz, un combat pour l’égalité, egalite,

26 Septembre 2017, 17:12pm

Publié par hugo

25 septembre 2017
PortraitsDjafar Lakrouz, un combat pour l’égalité
Djafar Lakrouz, aujourd’hui responsable de la mission égalité à la ville de Cergy, travaille depuis deux ans pour faire progresser l’égalité femmes/hommes et développer des actions de lutte contre les discriminations. L’engagement de ce Français d’origine algérienne vient d’un parcours de vie et d’une envie récurrente de lutter contre toutes les formes de discrimination.
« J’ai grandi au 6ème étage de la politique de la ville. »
Né en Algérie, Djafar Lakrouz est arrivé à l’âge de deux ans en France et a grandi dans l’Est du Val d’Oise, à Montmagny, limitrophe de Sarcelles. « J’ai grandi au 6ème étage de la politique de la ville. » Ses parents, et en particulier sa mère, nouvelle arrivante, se sont intégrés en apprenant le français, grâce à un tissu social et associatif, porté à l’époque par la politique de la ville. «Cela peut paraître être du bon sens, mais pour pouvoir travailler comme femme de ménage, il faut savoir lire les étiquettes de produits ménagers » explique Djafar Lakrouz.
Au milieu des années 90’, avec quatre amis d’enfance, il crée l’association Nouveau Départ qui vise, entre autres, à lutter contre la fracture numérique dans les quartiers d’habitat social : « en 1996, 88 % des logements sociaux du quartier n’avaient pas accès à internet ». Grâce à cette initiative, l’association obtient « le prix Immobilière 3F » (1) de leur bailleur social, véritable coup de pouce pour structurer leurs actions.
A 18 ans, Djafar Lakrouz demande sa naturalisation qui ne sera effective que sept ans plus tard, « un véritable parcours du combattant ». A 22 ans, tout en poursuivant ses démarches de naturalisation, il passe les concours de la fonction publique pour être professeur du second degré. « Après 4 heures de composition, un des examinateurs me retire ma feuille et me demande de sortir… car je ne suis pas Français. Ce sont aussi des moments à vivre… J’ai eu envie d’arrêter mes études et j’en ai voulu à l’État et au système mais j’ai trouvé des alternatives. Imaginons celles/ceux qui n’en ont pas. C’est normal d’en vouloir aux gens surtout si cela se cumule avec un délit de faciès dans l’accès au logement et à l’emploi. »
Djafar Lakrouz obtient la double nationalité à 26 ans, mais cela ne lui facilite pas pour autant l’accès à l’emploi. Il a en effet envoyé 147 lettres de candidature (qu’il a toujours) et a reçu 90 réponses… de refus. « C’est la pédagogie de l’échec. »
Grâce au bailleur social Immobilière 3F, partenaire, il a pu signer une convention CIFRE (étude et recherche) en tant que chargé de mission de développement social urbain au sein de la direction de la DGSU (Direction Gestion Sociale et Urbaine). En 2004, il démarre un nouveau challenge, pour la ville de Cergy (Capitale de département 95; 83e ville de France, ville populaire, ville nouvelle, deux quartiers politiques de la ville) comme chargé de mission développement local et démocratie participative puis devient en 2009, chargé de mission aux études en développement commercial et économie locale.
L’égalité, le fil rouge d’un travail
Aujourd’hui Djafar Lakrouz travaille toujours à la ville de Cergy, en charge du projet d’équipement d’un centre de santé, d’égalité des chances et de lutte contre les discriminations au sein de la mission égalité.
Son travail contre les discriminations prend en compte l’égalité entre les femmes et les hommes, sujet auquel il est très attaché. « Travailler sur les question de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la santé permet d’éradiquer des fractures familiales et des drames sociaux. »
Il précise qu’il y a une grande discrimination dans l’accès aux soins malgré les besoins notamment dans les quartiers communautaires et dans lesquels le mariage forcé est une pratique fréquente. Le mariage forcé a toujours des conséquences physiques et psychologiques sur les individus.
L’accès aux soins est un véritable enjeu pour Djafar Lakrouz, d’autant plus que dans le Val d’Oise, 66% des femmes ne peuvent pas avancer les frais médicaux.
S’organiser pour progresser
« Ce que je trouve dommage c’est de s’émouvoir d’un homme qui lutte contre les discriminations et pour l’égalité femmes/hommes. J’aimerais qu’il n’y ait plus de mission égalité. »
Devant la persistance des inégalités, Djafar Lakrouz souhaite que les choses progressent, mais l’égalité nécessite des moyens . Le budget de Cergy pour la lutte contre les discriminations et pour l’accès au français est passé de 10 000 € à 20 000 € en 2017 et le budget pour les droits des femmes est de 8500€.
« Il faut peut-être plus d’argent, mais aussi mieux d’argent. » Équiper une ville avec une volonté politique de mettre en place un secteur qui est dédié à la promotion de l’égalité femmes/hommes, c’est un choix, un engagement. Pour Djafar Lakrouz, les politiques publiques se construisent à partir de ce que disent les gens, il faut aller sur le terrain, dans les maisons de santé, dans les quartiers, dans les cages d’escaliers.
Aujourd’hui, à Cergy, le but est de créer une coordination territoriale en relation avec les maisons de quartier et les associations locales.
Il reste beaucoup à faire pour l’égalité et contre les discriminations mais de nombreuses choses ont déjà été mises en place à Cergy comme deux comités de pilotage qui réunissent tous les actrices/acteurs locaux afin de travailler sur l’accès au français (ASL, alphabétisation) et pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
« On ne m’a pas attendu pour travailler sur les questions d’égalité femmes/hommes, il y a encore beaucoup à faire. »
Manon Choaler, 50-50 magazine
1 Le prix du bailleur social immobilière 3F (de 150 000F) était décerné aux associations innovantes travaillant à l’amélioration de la vie des quartiers.
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http://www.50-50magazine.fr/2017/09/25/djafar-lakrouz-un-combat-pour-legalite/

Prêts bancaires : le Défenseur des droits relaie une étude de la ville de Villeurbanne révélant des discriminations,racisme,

26 Septembre 2017, 00:16am

Publié par hugo

 Prêts bancaires : le Défenseur des droits relaie une étude de la ville de Villeurbanne révélant des discriminations
Jacques Toubon, le Défenseur des droits, rapporte jeudi des discriminations dans l'accès au prêt immobilier et à la création d'entreprises. Les droits des personnes d'origine étrangère et des femmes sont bafoués "à toutes les étapes de la procédure de prêt."
 Une offre de prêt immobilier. Image d'illustration. (MAXPPP)
 
franceinfoRadio France
Mis à jour le 21/09/2017 | 17:43
publié le 21/09/2017 | 17:43
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Le Défenseur des droits relaie et apporte publiquement son soutien, jeudi 21 septembre, à un test de la ville de Villeurbanne (Rhône) qui révèle des discriminations dans l'accès au prêt immobilier et au prêt à la création d'entreprise. Jacques Toubon précise avoir été associé à cette enquête.
"Ce test démontre l'existence de pratiques discriminatoire, explique Jacques Toubon dans un communiqué, à la fois dans l'accès au prêt immobilier en lien avec l'origine des clients-demandeurs, mais aussi dans l'accès au crédit à la création d'entreprise en lien avec l'origine ou le sexe des clients." 90 tests ont été réalisés dans 63 agences de 12 banques différentes de Villeurbanne et son agglomération, et révèlent des discriminations à toutes les étapes de la procédure de prêt.
"Moins de conseils" pour les clients d'origine étrangère, discrimination à l'encontre des femmes
"Parfois, le client d'origine étrangère est reçu debout à l'accueil de l'agence, sans espace de confidentialité, sans pouvoir poser de question et sans pouvoir disposer de simulation à moins de disposer d'un compromis de vente" détaille le Défenseur des droits, qui note également que, lorsque le client accède à un entretien, celui-ci "dure moins longtemps" et que le client reçoit "moins de conseils", contrairement à un client sans origine migratoire.
L'enquête démontre également une discrimination "très présente" à l'égard des femmes qui voudraient obtenir un prêt de création d'entreprise. Le Défenseur des droits propose une série de mesures aux agences bancaires pour faire évoluer les pratiques, telles que renforcer la formation des personnes exerçant les métiers de la banque, y compris le personnel d'accueil, rappeler l'interdiction des discriminations ou sensibiliser le grand public.


⦁  http://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/prets-bancaires-le-defenseur-des-droits-relaie-une-etude-de-la-ville-de-villeurbanne-revelant-des-discriminations_2382960.html
 

Testing dans des Banques. Pas les mêmes prêts selon le sexe ou l’origine ;sexisme,racisme

23 Septembre 2017, 00:26am

Publié par hugo

Testing dans des Banques. Pas les mêmes prêts selon le sexe ou l’origine
Modifié le 21/09/2017 à 17:29 | Publié le 21/09/2017 à 17:29 - 0
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⦁  A Villeurbanne, selon le sexe ou l'origine du client, la relation commerciale avec un client peut être diféfrente. | Franck Boston
⦁ 1919
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Réagir
Lire le journal numérique
⦁ Pierrick BAUDAIS.
⦁ Des banques sélectionneraient-elles leurs clients en fonction de l’origine ou du sexe ? C’est ce que montre un testing réalisé à Villeurbanne et auquel a été associé le Défenseur des droits, Jacques Toubon.
La ville de Villeurbanne vient de faire réaliser un testing auprès de douze banques différentes (commerciales et mutualistes). De faux clients ont sollicité des prêts immobiliers et des prêts à la création d’entreprise.
Pour le prêt immobilier, les deux testeurs affichaient le même profil : tous les deux étaient locataires d’un logement social et souhaitaient effectuer leur premier achat immobilier. Tous deux de nationalité française vivaient en couple hétérosexuel, disposaient de deux salaires dans leur ménage (un CDI et un CDD) pour un revenu mensuel de 2 600 € et disposaient d’un apport de 3 000 €. Seule différence : l’un était supposé « sans origine migratoire », l’autre « supposé d’origine subsaharienne ».
Idem pour le prêt à la création d’entreprise. Pour ce dernier, la ville de Villeurbanne a fait tester une autre discrimination potentielle : celle liée au sexe. Dans ce cas, l’homme et la femme présentaient le même niveau d’études ; tous deux étaient alors en CDI et souhaitaient emprunter 20 000 € pour lancer leur affaire.
Moins bien reçu
Pour le prêt à la création d’entreprise, les tests ont été effectués auprès de 35 agences. Au téléphone, des rendez-vous ont été obtenus « sans inégalité de traitement », note le cabinet ISM Corum qui a réalisé le testing.
C’est une fois dans l’agence que les différences apparaissent. Le client « supposé d’origine subsaharienne » s’est vu demander deux fois plus souvent ses papiers d’identité : cinq agences lui ont refusé un entretien alors que le client « blanc » « a systématiquement été reçu en entretien, même en l’absence de pièce d’identité ».
Le client « supposé d’origine africaine » a globalement été moins bien reçu que l’autre testeur : par l’exemple, des entretiens ont eu lieu dans un angle de l’accueil, debout, sans confidentialité par rapport aux autres personnes présentes. Le client « sans origine migratoire » a, lui, été reçu souvent plus longtemps.
Une différence de 25 500 €
Enfin, ce dernier a souvent bénéficié d’une offre plus attractive, notamment au niveau des taux d’intérêt. Une agence, par exemple, lui a proposé d’emprunter 165 000 € sur 20 ans au taux de 2,20 %. Au testeur « d’origine subsaharienne », l’offre était d’emprunter la même somme sur 25 ou 28 ans, au taux de 2,80 %. Mais pas sur 20 ans. Conséquence : le coût du crédit pour le testeur « sans origine migratoire » serait de 39 100 € et pour celui « d’origine subsaharienne » de 64 600 €, soit une différence de 25 500 €.
Pour le prêt à la création d’entreprise, 28 agences ont été testées. Les mêmes discriminations ont été observées entre le testeur sans origine migratoire et celui avec des origines migratoires que pour le prêt immobilier.
La cliente moins bien informée
Des discriminations sont également apparues entre le faux et la fausse cliente, principalement en matière d’accès à l’information. « La femme a plus rarement obtenu une simulation de prêt sur papier […] Elle a moins souvent été renseignée sur les éléments chiffrés des propositions de prêts », note le cabinet ISM Corum. En revanche, dans la dizaine d’agences où la créatrice a pu avoir ces informations, « globalement, il n’y a pas eu de sexe favorisé quant au montant empruntable, au taux d’intérêt ou à la durée de remboursement ».
Ce jeudi après-midi, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, intervenait sur ce type de discriminations en présence du maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret. Jacques Toubon dénonce « ces pratiques discriminatoires », mais surtout propose de renforcer la formation des personnels bancaires contre de telles pratiques, de demander à toutes les banques de demander un code de déontologie et de mieux sensibiliser les associations de consommateurs et d’accès au crédit sur la loi du 27 mai 2008 relative aux discriminations concernant l’accès au crédit.
 
https://www.ouest-france.fr/economie/banques-finance/testing-dans-des-banques-pas-les-memes-prets-selon-le-sexe-ou-l-origine-5261909?utm_source=filinfo-newssuite&utm_medium=fluxrss&utm_campaign=banquedecontenu

https://www.ouest-france.fr/economie/banques-finance/testing-dans-des-banques-pas-les-memes-prets-selon-le-sexe-ou-l-origine-5261909?utm_source=filinfo-newssuite&utm_medium=fluxrss&utm_campaign=banquedecontenu

 

27 mai 2008 relative aux discriminations concernant l’accès au crédit.

Coup de gueule : Chrétien, qu’as-tu fait de ton frère LGBT ?,respect,

15 Septembre 2017, 16:42pm

Publié par hugo

Coup de gueule : Chrétien, qu’as-tu fait de ton frère LGBT ?
Anthony Favier15 Septembre 2017 homosexualité, Catéchisme de l’Église catholique Reportage
 
En août dernier s’est tenue à Paray-le-Monial une session du groupe Courage. Ce dernier se donne comme objectif d’aider les personnes homosexuelles. L’événement estival, accueilli par la Communauté de l’Emmanuel, souhaitait aider les participants à vivre à la lettre le catéchisme: à savoir l’absence de tout rapport sexuel.
Assimilant l’homosexualité à une addiction au même titre que l’alcoolisme, John Harvey, le prêtre américain fondateur de Courage, a en effet toujours affirmé qu’il était possible, graduellement, de contenir le désir affectif et sexuel des personnes concernées… Devant l’effroi de la Ligue des droits de l’homme locale, la presse s’est emparée à bon droit de l’affaire : l’Église catholique assimile-t-elle toujours l’homosexualité à une maladie ? Pas très loin de là, toujours en Bourgogne, une autre association, Devenir un en Christ, tenait, au même moment, sa retraite annuelle. À l’abbaye de Cîteaux, les personnes accueillies n’étaient pas renvoyées au seul critère moral de la sexualité. Que fais-tu pour que ta vie soit bonne pour toi et pour les autres? Comment contribues-tu à être en vérité avec toi-même et à faire le bien autour de toi ? Ce travail de discernement est beaucoup plus exigeant, moins tonitruant assurément.
Les deux événements reflètent, en tout cas, les contradictions actuelles de l’Église catholique. D’un côté, la doctrine officielle continue de parler de l’homosexualité comme « intrinsèquement désordonnée ». De l’autre, le pape François et les deux synodes romains sur la famille font entendre une musique différente. Amoris lætitia assure que les responsables ecclésiastiques sont « appelés à former les consciences, mais non à prétendre [se] substituer à elles. » Mais le grand écart entre le « doctrinal » et le « pastoral » sera-t-il longtemps tenable ?
En 2016, après l’attentat dans une discothèque d’Orlando, la Conférence catholique des baptisés de France et Témoignage chrétien avaient appelé à la révision des articles polémiques du Catéchisme de l’Église catholique. On peut sans trop de difficultés argumenter aujourd’hui que la doctrine n’est que l’expression, à un moment donné, d’une tradition dont la compréhension progresse. Mais ce geste reste isolé, encore peu relayé au sein du catholicisme et faiblement écouté.
Rien n’interdit actuellement à Courage, légalement et canoniquement, d’exercer ses activités en France. Quand bien même des vies se briseront sur des théories psychologiques fumeuses et contestées, sa doctrine a des relais puissants au sein de l’institution. Mais, aujourd’hui, l’urgence est aussi humanitaire. Nos consciences ne peuvent nous laisser en repos.
ANTHONY FAVIER
Photo : krytofr (CC BY 2.0)


http://temoignagechretien.fr/articles/coup-de-gueule-chretien-quas-tu-fait-de-ton-frere-lgbt