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Articles avec #histoires

Avec ce couple de mamans homosexuelles, Disney met la tolérance à l'honneur,femmes,societe,hosexuelle,RESPECT

12 Août 2017, 02:25am

Publié par hugo

 Avec ce couple de mamans homosexuelles, Disney met la tolérance à l'honneur
par Anais Moine le 8 août 2017
3 114 partages 
La chaîne familiale Disney Channel a une fois encore œuvré en faveur de la tolérance. Un nouvel épisode du très populaire Docteur La Peluche met ainsi en scène un couple interracial et lesbien. Une action qui peut sembler anodine mais qui participe à l'ouverture d’esprit de centaines de milliers d’enfants.
Docteur La Peluche est une des séries d’animation préférée des tout petits. A sa création en 2012, le public a grandement salué le choix de la production de mettre à l'honneur une jeune héroïne afro-américaine dont la mère est médecin. En effet, il est rare que Disney "se mouille" en choisissant des personnages principaux noirs. De plus, la figure de la mère médecin qui inspire sa fille a été particulièrement bien accueillie.
Dans son dernier épisode, Docteur La Peluche s'attaque à un nouveau combat en mettant en scène un couple homosexuel. Loin d’expliquer aux enfants l’histoire de ces deux mamans, les réalisateurs ont plutôt décidé d’en faire totalement abstraction. Ne pas justifier aux jeunes téléspectateurs la différence est en effet une excellente manière de leur faire comprendre que rien n’est anormal dans cette situation et que ce couple de parents est en réalité comme tous les autres.
L’épisode intitulé "Le Plan d’urgence" est également l’occasion pour de nombreux enfants de voir une famille "comme la leur" dans leur dessin animé favori. Chris Nee, productrice exécutive de la série d’animation a déclaré à GLAAD avoir "toujours vu Docteur La Peluche comme un show qui expliquait ce que c’était d’accepter tout à chacun comme un membre à part entière de notre propre communauté." Chris, qui a d’ailleurs écrit le script de l’épisode en question, s’est également confiée sur ses motivations, "En tant que membre d’une famille formée par deux mamans, je suis fière d’avoir un épisode qui reflète le monde de mon fils et qui montre à tous ce qu’est l’amour dans Docteur La Peluche".
Si précédemment Disney avait déjà fait intervenir des couples homosexuels dans ses séries comme en 2014 dans Bonne chance Charlie !, c’est la première fois que le géant américain met en lumière un couple homoparental dans un dessin animé réservé aux plus petits.
Une avancée prometteuse qui laisse entrevoir un avenir plein de tolérance !
Voir aussi : Ces princesses Disney qu'on adore

http://www.aufeminin.com/news-societe/disney-channel-tolerance-enfance-s2339210.html

Toute dernière fois. 1936, les dernières élections réservées aux hommes,femmes,politiques,france

9 Août 2017, 00:06am

Publié par hugo

Toute dernière fois. 1936, les dernières élections réservées aux hommes

Tout l'été, nous revenons sur ces moments où l'histoire s'achève. En juin 1936, les dernières élections sans él e des femmes. 

 
 
 

 

 

 

 
Manifestation de suffragettes en 1934 à Paris.
Manifestation de suffragettes en 1934 à Paris. (AFP)

C'était à la fin du mois de juin 1936. Le Tout-Paris s’est donné rendez-vous à l’hippodrome de Longchamp, dans le 16e arrondissement, pour assister à l’un des grands événements hippiques et mondains de la saison : le Grand-Prix de Paris. Le fond de l’air est révolutionnaire depuis la victoire du Front populaire aux législatives de mai. Le président de la République, Albert Lebrun, a pris place dans la tribune officielle quand une manifestation vient troubler le rituel bien établi et rassurant de l'événement. Louise Weiss et les suffragettes font irruption pour exiger le droit de vote des femmes.

Blocage au Sénat

Louise Weiss a alors 43 ans. Depuis quelques années, elle lutte sans relâche pour que les femmes obtiennent le droit de vote. Si les suffragettes britanniques, allemandes, soviétiques ou polonaises ont gagné la bataille au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Françaises se heurtent à l’intransigeance du Sénat qui a refusé à six reprises, entre 1919 et 1936, d’examiner des propositions de loi de la Chambre des députés en faveur du vote des femmes aux élections locales. Pour rassurer les sénateurs, début juin 1936, Louise Weiss offrira à chacun d’entre eux une paire de chaussettes avec cette inscription : "Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées".

Les communistes sont à la pointe de ce combat. En 1925, le Parti communiste avait placé des femmes en position éligible sur ses listes pour les élections municipales dans toutes les communes de la banlieue parisienne. Les élues siègeront effectivement quelques jours, jusqu'à l'annulation de leur élection par les tribunaux. Le paradoxe est total au lendemain des élections de mai 1936 quand trois femmes font leur entrée dans le gouvernement Blum alors qu’elles ne sont ni électrices ni éligibles : Cécile Brunschvicg, sous-secrétaire d’État à l’Éducation, Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’État à la Santé publique et Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique.

L'ordonnance de 1944

Comme le disait Lénine, "la guerre est un accélérateur de l’Histoire". En 1942, le général de Gaulle promet qu’"une fois l'ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l'Assemblée nationale". Ce sera fait par ordonnance en 1944. Quant à Louise Weiss, en 1979, elle est élue au Parlement européen au suffrage universel direct et prononce, en qualité de doyenne, le discours d’ouverture de la première session.

Les Pourquoi. Pourquoi la mariée est-elle toujours en blanc ?,femmes,mariage,histoire,

7 Août 2017, 00:48am

Publié par hugo

Les Pourquoi. Pourquoi la mariée est-elle toujours en blanc ?
Le blanc, la couleur du mariage pour la femme...
 
franceinfoPhilippe VandelRadio France
Mis à jour le 06/08/2017 | 09:34
publié le 06/08/2017 | 09:34
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 Photo d'illustration. (LAURENCE MOUTON / MAXPPP)
C’est l’été, la saison des blés murs et des mariages
Peut-être êtes-vous "de mariage" ce week-end, comme invité(e), ou comme marié(e) ! Et vous l’avez remarqué en sortant de la messe, juste avant que le cousin Victor ne pique une cuite à la réception, les belles mariées sont toujours en blanc. Et même les moins belles. Cela n’a donc rien à voir avec un quelconque souci esthétique. Alors pourquoi ce monochrome ?
On me dira que le blanc incarne la pureté et la virginité. Mmouais… Reste à prouver que mademoiselle soit vierge à l’heure du mariage (ce qui devient exceptionnel). Mais admettons. Surgit alors une seconde interrogation : pourquoi le marié, lui, est-il en noir ? Il est impur ? Bref, l’explication sexiste ne tient pas.
Oublions les clichés
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la mariée était plutôt vêtue de couleurs vives, voire criardes : rouge, jaune, bleu vif, orange. Festif, et prometteur, façon lampions.
Jusqu’à ce jour de février 1858. Le 11. À Lourdes, une jeune paysanne de 14 ans, Bernadette Soubirous, voit la Vierge Marie en apparition dans la grotte de Massabielle. Et pas qu’un peu : 18 fois jusqu’au 16 juillet de la même année. Elle le fait savoir à qui veut bien l’entendre : au curé, aux parents, aux amis, à tout le village.
La "révélation" de Bernadette à Lourdes
Les prêtres, puis les bigots, puis les journalistes, puis la France entière partagent la révélation de Bernadette. Elle a vu l’Immaculée Conception ! Et la Vierge était habillée... de blanc. La pure enfant raconte : "J’ai aperçu une dame vêtue de blanc. Elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue, et une rose jaune sur chaque pied".
La mode était lancée, elle dure toujours. Le monde se passionne pour l’histoire de Bernadette. Le grand Émile Zola va même consacrer un roman à l’événement et à la ville de Lourdes, après une longue enquête sur place. Bernadette n’est morte que 13 ans plus tôt, âgée de 35 ans, célibataire. Le roman Lourdes parait en août 1894. Le premier tirage de 121.000 exemplaires est épuisé en deux mois.
On n’a pas fini de parler des robes blanches.
Et vive la mariée !
Jusqu’à preuve du contraire…
A lire aussi


http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/les-pourquoi/les-pourquoi-pourquoi-la-mariee-est-elle-toujours-en-blanc_2256941.html

Le jour où Simone Veil défendit l'IVG devant une assemblée d'hommes,femmes,feminisme,histoire,

30 Juin 2017, 14:28pm

Publié par hugo

Le jour où Simone Veil défendit l'IVG devant une assemblée d'hommes
Par Laurène Saby | Le 30 juin 2017
http://i.f1g.fr/media/ext/1900x1900/madame.lefigaro.fr/sites/default/files/img/2017/06/simone-veil-son-combat-pour-livg.png
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Il y a quarante-trois ans, Simone Veil prononçait à l'Assemblée nationale un discours historique présentant son projet de loi pour la légalisation de l'avortement.
 
 «Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme. Je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes.»
C'est par ces mots, il y a quarante-trois ans, le 26 novembre 1974 exactement, que Simone Veil entre dans l'histoire. Rescapée des camps de la mort, cette magistrate nommée ministre de la Santé par Jacques Chirac monte au perchoir de l'Assemblée nationale, à l'époque constituée à 95 % d'hommes, pour présenter son projet de loi. Valéry Giscard d'Estaing - qui désire légiférer rapidement - vient d'être élu président de la République ; et la France, six ans après les événements de mai 1968, prend le train de la modernité. Car, si la pilule est légalisée dans l'Hexagone depuis 1967, l'interruption volontaire de grossesse, elle, reste interdite.
Un discours historique devant une assemblée d'hommes
Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit de les écouter
Le constat est sinistre. Les femmes souhaitant avorter - et ceux qui les y aident - sont dans l'illégalité. Elles sont 300.000 en 1974. Les plus riches se rendent à l'étranger (Angleterre et Pays-Bas), les plus démunies risquent leur vie en ayant recours à des «faiseuses d'anges». Au moment du discours fondateur de Simone Veil, le procès de Bobigny, où des femmes sont jugées pour avortement, et la plaidoirie de l'avocate Gisèle Halimi sont passés par là. Les associations féministes qui se battent pour défendre ce droit gagnent du terrain dans l'opinion publique et cette question de santé publique devient plus que pressante. La loi, au bord de l'obsolescence, est appliquée de manière laxiste.
Dans un long entretien avec la journaliste Annick Cojean, paru dans Le Monde en 2005, Simone Veil revient sur les attaques qu'elle a subies à l'époque. «Je savais – ne serait-ce que par le courrier reçu – que les attaques seraient vives, car le sujet heurtait des convictions philosophiques et religieuses sincères. Mais je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter, la monstruosité des propos de certains parlementaires ni leur grossièreté à mon égard. Une grossièreté inimaginable. Un langage de soudards. Car il semble qu'en abordant ce type de sujets, et face à une femme, certains hommes usent spontanément d'un discours empreint de machisme et de vulgarité», confiait alors l'ex-ministre.
En vidéo, le discours de Simone Veil en 1974
Une hypocrisie masculine et politique
Le député René Feït va jusqu'à faire résonner les battements du cœur d’un fœtus en plein Hémicycle. Jean-Marie Daillet, un de ses adversaires les plus virulents, lui demande notamment, au moment des débats, «si elle accepterait de jeter les embryons au four crématoire». Simone Veil analyse dans cet entretien au quotidien du soir, cet épisode sordide. «Je crois qu'il ne connaissait pas mon histoire, mais le seul fait d'oser faire référence à l'extermination des juifs à propos de l'IVG était scandaleux. Et puis, il y avait tant d'hypocrisie dans cet Hémicycle rempli essentiellement d'hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches !»
C'est en filigrane ce qu'elle dénonçait déjà dans son discours à l'Assemblée. «Parmi ceux qui combattent aujourd'hui une éventuelle modification de la loi répressive, combien sont-ils ceux qui se sont préoccupés d'aider ces femmes dans leur détresse ? Combien sont-ils ceux qui, au-delà de ce qu'ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l'appui moral dont elles avaient grand besoin ?»
Le 29 novembre 1974, après plusieurs jours de débats houleux, le texte est finalement adopté par 284 voix contre 189. C'est l'opposition, de gauche, qui plébiscite la loi, tandis que la majorité dont est issue Simone Veil s'y oppose. En janvier 1975, elle entre en vigueur. En 1982, l'interruption volontaire de grossesse est remboursée par la sécurité sociale avec la loi Roudy. Onze ans plus tard, le délit d'entrave à l'IVG est créé.
Le droit à l'IVG toujours menacé
Aujourd'hui en France, environ 200.000 femmes ont recours à l'avortement. Elles peuvent le faire anonymement, gratuitement, en étant mineure (dans ce cas même sans l'accord de leurs parents mais en étant accompagnée d'une personne majeure de leur choix). Par aspiration, à l'hôpital, chez elles, par voie orale, et jusqu'à la douzième semaine de grossesse. Des sénateurs ont également déposé une proposition de loi visant à inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution française afin de le protéger. L'IVG serait-il donc maintenant un combat du passé et un droit acquis ? Les militants «pro-vie» ou plutôt anti-avortement, très actifs notamment sur Internet, continuent de s'y opposer avec virulence. En Pologne, les femmes ont manifesté et se sont mises en grève en octobre pour empêcher le vote d'une loi interdisant totalement l'IVG (même en cas de viol, d'inceste, de malformation du fœtus et de risque avéré pour la mère), que le parlement polonais a finalement rejeté.
Alors que les hommages posthumes de tous bords pleuvent après l'annonce du décès de Simone Veil, son combat pour les droits des femmes, s'il est, avec elle, déjà rentré dans l'histoire, continue d'être d'actualité. Dans son discours du 26 novembre 1974, la ministre concluait d'ailleurs avec ses mots : «Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l'avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu'elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l'avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d'enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême.»
Simone Veil, une vie de combats
 
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http://madame.lefigaro.fr/societe/discours-le-jour-ou-simone-veil-defendit-ivg-devant-assemblee-dhommes-300617-133051
 

L’histoire des tirailleurs sénégalais n’a pas été beaucoup racontée »,histoire,histoire de france,politiques,

27 Juin 2017, 04:29am

Publié par hugo

 
Dans nos quartiers15 juin 2017
Gabriel Le Bomin : « L’histoire des tirailleurs sénégalais n’a pas été beaucoup racontée »
par Mounir Belhidaoui
 Crédits : Presse Nos Patriotes / Christine Tamalet
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⦁ Il est connu pour avoir réalisé des documentaires fortement politisés. Dans Nos Patriotes, Gabriel Le Bomin réalise un beau récit sur un tirailleur sénégalais adopté dans une famille française, sur fond de résistance. Rencontre.
Ce film est-il un message de rappel pour dire à la France de ne jamais oublier l’apport des tirailleurs sénégalais à la résistance ?
Ce film est avant tout une histoire magnifique, celle d’Addi Ba, ce tirailleur sénégalais qui va, contre toute attente, faire un choix : celui de rester dans la France occupée. Il veut continuer à se battre clandestinement et de monter le premier réseau de résistance des Vosges, avec d’autres, des villageois et des fermiers notamment. Ce groupe invente ce qui ne s’appelle pas encore la résistance, improvise quelque chose qui n’a pas de référence, dans une sorte de bricolage héroïque. Ce qui est intéressant dans l’Histoire, c’est quand elle nous tend des miroirs. Elle nous invite à nous interroger sur notre époque. Dans Nos patriotes, il est évident qu’il y a des thématiques et des interrogations qui renvoient à des questions d’aujourd’hui. Qu’est-ce qu’être différent ? Qu’est-ce qu’être avec les autres ? Qu’est-ce que faire partie d’un groupe, en partageant les mêmes valeurs, en étant issu de parcours et de religions différentes ? Toutes ces questions sont dans ce film, qui ne veut néanmoins pas faire une leçon de morale.
On entend le discours d’Addi Bâ, qui déconstruit le discours raciste par l’ironie, le ridiculisant ainsi, ce qui fait qu’il se fait rapidement adopter dans tous les lieux où il se trouve.
Votre analyse est intéressante. Comment ce personnage, qui vient de ce qu’on appelait « l’Empire », qui a passé un temps en France, en est venu à épouser la culture française et se dire que ses racines se sont construites ici ? Il est par ailleurs confronté à un racisme ordinaire, une monnaie courante à l’époque. L’Empire était assez loin, et les représentants de ce qu’on appelle la colonisation sont regardés comme des personnes venant d’ailleurs. Il répond, à ceux qui lui disent qu’il est noir donc qu’il vient forcément d’Afrique, qu’il connaît très bien la Riviera, les châteaux de la Loire. Il leur raconte qu’il a fait le Tour de France alors que la famille qui l’accueille n’est jamais sortie de chez elle. Cela peut effectivement être traité de façon comique, comme on peut le voir dans le film.
Nous sommes dans une époque où il faut exister d’abord individuellement
Le film est tiré du livre Le terroriste noir de Tierno Monenembo. Comment êtes-vous tombé dessus ? Comment vous est venu l’envie de l’adapter ?
On a attiré mon attention sur ce livre le jour où il est sorti. Après lecture, je me suis dit : « Voilà un personnage qui me touche, avec lequel je suis en empathie, et je trouve formidable ce qu’il me raconte ». Ce personnage ne pense pas que sa différence, forte, soit un frein. Il dépasse ce qui pourrait constituer aujourd’hui des espèces de constructions identitaires érigées comme l’affirmation d’être différent. On vit dans un pays de liberté, de fraternité, d’égalité, ce n’est pas rien. Lui ne met pas en avant ses origines. Il n’a pas besoin de ça pour exister. C’est intéressant parce qu’aujourd’hui on est dans des périodes où chacun, à différents niveaux, sur-affirme ce qu’il est, ce qu’il pense être pour exister. Nous sommes dans une époque où il faut exister d’abord individuellement avant d’exister collectivement.
 réalisateur du film, Gabriel le Bomin
Il y a peu de films sur les tirailleurs africains. Espérez-vous que votre film va contribuer à en voir naître d’autres ?
Ce serait formidable, car ce sont des histoires qui ont été longtemps oubliées, peut-être volontairement. L’histoire des tirailleurs sénégalais, dans la Première et la Seconde Guerre mondiale, mais aussi dans les autres conflits, n’a pas été beaucoup racontée. L’Histoire se revisite, elle se dit. Il y a des livres qui racontent objectivement ce que ça a été, cette levée de troupes, leurs combats, leurs sacrifices, l’absence de reconnaissance et de pensions versées aux gens qui ont combattu. On a l’exemple des anciens tirailleurs sénégalais qui, aujourd’hui, perçoivent les pensions qui leur sont dûes, mais c’est extrêmement tardif. Le cinéma s’est peu emparé de ce sujet. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais chaque époque produit des films qui lui ressemble.
Rien n’est éradiqué, tout peut resurgir
Avez-vous l’impression que la France était plus tolérante avant qu’aujourd’hui finalement ?
Ce qu’il y a de plus difficile dans l’Histoire, c’est l’histoire des psychologies et des mentalités. Chaque époque produit sa sensibilité. On peut en comprendre les faits, mais ce qui amène aux faits sont les mentalités et les psychologies. Croiser, dans la France de 1940, ce qu’on appelait un « sujet de l’empire », ce n’était pas banal. On sortait à peine des « zoos humains » (lors de la politique coloniale de la France, des Noirs Africains étaient présentés dans des zoos, ndlr) au jardin d’acclimatation avec les kanaks (les populations autochtones de Nouvelle-Calédonie, ndlr). Addi Ba était confronté à des réactions hostiles, mais il y avait aussi de la bienveillance dans une forme de paternalisme un peu raciste.
Va-t-on vers une société de la méfiance, comme on pouvait la retrouver lors de la Seconde Guerre mondiale ?
Les mécanismes que l’on pouvait retrouver avant sont encore là aujourd’hui. Ce qui amène ces mécanismes à se mettre en marche, c’est tout un ensemble. Pourquoi ces années-là provoquent et produisent le nazisme, le fascisme ? Il faut être très vigilant, rien n’est éradiqué, tout peut resurgir. On fait rentrer les monstres dans des boîtes, qu’on les enferme, mais ces monstres peuvent ressortir.
Etes-vous pour ou contre l’excuse nationale au sujet d’une responsabilité de la France dans un drame de l’Histoire ?
C’est difficile de demander à une génération de s’excuser pour une autre. En même temps, c’est facile de le faire. L’Histoire n’est pas une langue morte, elle se transmet. Mais ça reste difficile de présenter des excuses. Plutôt que de s’excuser, ce qui traduirait une faute morale dont nous hériterions, il serait plus intéressant de demander aux générations de regarder l’Histoire. Quand on a été en conflit, c’est intéressant de regarder l’Histoire les uns avec les autres, de voir ce que nos parents, nos grands-parents et nos arrière grands-parents ont vécu, et d’en tirer les conséquences.
⦁ 
⦁  Ecrit par⦁  Mounir Belhidaoui
⦁ http://www.respectmag.com/28847-gabriel-bomin-lhistoire-tirailleurs-senegalais-na-ete-beaucoup-racontee
 

http://www.respectmag.com/28847-gabriel-bomin-lhistoire-tirailleurs-senegalais-na-ete-beaucoup-racontee

 

Le mot laissé au mémorial de l'Holocauste résume la différence entre Trump et Obama,politiques,respect,

24 Mai 2017, 18:52pm

Publié par hugo

Le mot laissé au mémorial de l'Holocauste résume la différence entre Trump et Obama
Le président américain s'est plié à la tradition. Mais à sa façon.
 23/05/2017 17:40 CEST | Actualisé 23/05/2017 17:49 CEST

Anthony Berthelier Journaliste, Le Huffington Post
INTERNATIONAL - Une comparaison peu flatteuse pour le président américain. Donald Trump a rendu hommage mardi 23 mai, au mémorial israélien de Yad Vashem à Jérusalem, aux six millions de Juifs tués par les nazis, parlant d'un acte indicible.

"Les mots ne pourront jamais décrire les profondeurs insondables de ce mal ni l'étendue de la douleur et de la dévastation. Ce sont les heures les plus sombres de l'Histoire", a déclaré le président américain après la cérémonie commémorative. Une allocution brève, marquée par une tonalité très solennelle et des mots lourds de sens.

Tellement incroyable, je n'oublierai jamais!"
Donald Trump au mémorial de l'Holocauste
Tout le contraire des quelques phrases qu'il a inscrites de sa main dans le livre d'or de Yad Vashem. Comme ses prédécesseurs et les illustres visiteurs du mémorial,le président américain s'est plié à la tradition... mais à la "mode Trump".

"C'est un grand honneur d'être ici avec tous mes amis. Tellement incroyable je n'oublierai jamais!", a-t-il écrit sur sa page blanche, comme s'il venait de sortir d'un parc d'attraction.

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 The Spectator Index @spectatorindex
IMAGE: Trump's and Obama's notes at Yad Vashem, Israel's official Holocaust memorial
14:39 - 23 May 2017
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En juillet 2008, Barack Obama avait également visité ce lieu historique. Et la teneur de son message était toute autre.

"Je suis reconnaissant à Yad Vashem et à tous les responsables de cette institution remarquable. À un moment de grand péril et de promesses, de guerre et de lutte, nous sommes bénis d'avoir un rappel si puissant du potentiel de l'homme pour faire le mal, mais aussi notre capacité à nous relever de la tragédie et à refaire notre monde. Laissez nos enfants venir ici et apprendre cette histoire, afin qu'ils puissent ajouter leur voix pour proclamer 'jamais plus'", avait-il notamment écrit sur le livre d'or.

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 Israel Headline News @IsraelHeadlines
The huge contrast between Obama’s and Trump’s visits to Israel’s Holocaust memorial http://israelheadlinenews.com/the-huge-contrast-between-obamas-and-trumps-visits-to-israels-holocaust-memorial/ …
16:54 - 23 May 2017
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Un contraste saisissant entre les deux responsables politiques, que les internautes n'ont pas manqué de souligner. Et de déplorer.

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 Gabriel Farhi ✔ @ravgab
Donc pour Donald Trump, Yad Vashem (Memorial de l'Holocauste à Jérusalem) est "so amazing". No comment.
16:11 - 23 May 2017
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 pierre haski ✔ @pierrehaski
Le contraste entre le message creux de Trump au mémorial de l'Holocauste Yad Vashem avec celui qu'avait laissé Obama est saisissant. https://twitter.com/brianklaas/status/867001555735769088 …
17:05 - 23 May 2017 · Paris, France
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 Jérôme Vilain @F3Vilain
A gauche, le mot de Trump après avoir visité le mémorial de l'holocauste. A droite, celui d'Obama. Sensation que le 1er sort de chez Disney. https://twitter.com/ianbremmer/status/866994040205709315 …
15:29 - 23 May 2017
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 Alexandra Jabbour @alexjabbour
Note de Trump après sa visite au Memorial Yad Vashem. Note inepte qui pourrait aussi convenir pour commenter un sejour à Disneyland #Sad!
17:10 - 23 May 2017
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Lire aussi :

• Trump risque de froisser les Corses avec cette carte

• Cet ancien tweet de Trump sur l'Arabie Saoudite lui revient en pleine figure

• Pourquoi Trump a choisi l'Arabie saoudite pour son premier déplacement

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VOILA  MON AVIS SUR  TRUMP !!!!!!!!!!!!!!!!!!
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VOILA MON AVIS SUR TRUMP !!!!!!!!!!!!!!!!!!

La Shoah, expliquée par la bande-dessinée,histoire,histoire de france,racisme,

20 Mai 2017, 09:07am

Publié par hugo

 La Shoah, expliquée par la bande-dessinée

par La Rédaction
Captain America. DR
Vivre libre ou mourir. DR
Charlie Hebdo. DR
Captain America. DR
Vivre libre ou mourir. DR
Charlie Hebdo. DR
Captain America. DR
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Comment la bande-dessinée aborde-t-elle la période 1939-1945, et plus particulièrement la Shoah ? C’est ce que s’est demandé le mémorial de la Shoah, à Paris, à travers une exposition exceptionnelle. 
 
Littérature, films, photographie… et bande-dessinée ! Le 9ème art a su aussi raconter à sa manière, « non sans prudence, erreurs et tâtonnements, parfois avec génie », comme l’explique le Mémorial de la Shoah, une des plus grandes tragédies humaines. Aborder cette question par le prisme de la BD, ce n’est pas « simplement » lire Mauss, l’oeuvre d’Art Spiegelman.
 
Shoah, Histoire et bande-dessinée
 
Cette exposition est un parcours historique et artistique, « interrogeant les sources visuelles de ces représentations, leur pertinence, leur portée et leurs limites ». Dans années 50 à nos jours, Respect mag vous donne un petit aperçu de cette exposition multilingue, empreinte de différentes influences.
 
Shoah et bande-dessinée, du 19 janvier au 30 octobre 2017, plus d’informations ici.
 
 
 
 
 
 
 
 
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 La Rédaction
Ecrit par
La Rédaction
Autre article écrit par La Rédaction
Hongrie : la détention obligatoire des migrants rétablie
    Supprimée en 2013, la Hongrie vient de rétablir la détention de tous...
Lire la suite
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http://www.respectmag.com/28635-shoah-expliquee-bande-dessinee

Les femmes russes, celles par qui la Révolution d'octobre, en 1917, est arrivée,femmes,politiques,histoire,

16 Mai 2017, 19:30pm

Publié par hugo

Les femmes russes, celles par qui la Révolution d'octobre, en 1917, est arrivée
Les manifestations de femmes ouvrières qui se déroulent à Petrograd (ex Saint-Pétersbourg avant de devenir Léningrad puis de redevenir Saint Pétersbourg) en mars 1917 amorcent la révolution russe. Sur la banderole portée par les femmes, on peut lire : "<em>Soyons unis, familles de soldats, défenseurs de la liberté et de la paix, pour la patrie</em>"
Les manifestations de femmes ouvrières qui se déroulent à Petrograd (ex Saint-Pétersbourg avant de devenir Léningrad puis de redevenir Saint Pétersbourg) en mars 1917 amorcent la révolution russe. Sur la banderole portée par les femmes, on peut lire : "Soyons unis, familles de soldats, défenseurs de la liberté et de la paix, pour la patrie"
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Voilà un siècle, en mars 1917, les ouvrières mais aussi les femmes au foyer d’un Empire en déliquescence depuis le début de la Première guerre mondiale, descendent dans les rues de Petrograd. Dans la disette, elles donnent le signal du rassemblement contre la guerre et l’autocratie tsariste.
15 MAI 2017
 Mise à jour 15.05.2017 à 10:31 par    
Olivier Perrin, Le Temps
dansAccueilTerriennesFemmes en lutte pour leur travailFemmes violentes, tabou et désordre social
A la une de leurs éditions du 17 mars 1917, aussi bien la Gazette de Lausanne (GdL) que le Journal de Genève (JdG) sont formels : une révolution vient d’avoir eu lieu en Russie. Dans la première, le chroniqueur de politique étrangère Edmond Rossier prétend que «la chose était dans l’air», car «depuis plusieurs semaines, tous les Russes intelligents qui séjournaient dans notre pays annonçaient un changement inévitable et prochain» à Petrograd – l’actuelle Saint-Pétersbourg, alors capitale impériale.

Dans le second, Georges Wagnière, directeur de la publication, juge que «des nouvelles de toute gravité nous arrivent de Russie», que «le tsar a abdiqué» et qu'«un gouvernement révolutionnaire s’est constitué en comité de salut public par la volonté de la Douma [l’Assemblée législative de l’Empire russe, instaurée après la Révolution de 1905] et avec l’appui de l’armée». A cette date, cela fait une décade qu’a éclaté celle dite «de Février» *, signant en quelques jours la fin de la monarchie tricentenaire et absolutiste des Romanov : empêtré dans les difficultés de la Grande Guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, qu’il a largement contribué à provoquer, Nicolas II est contraint d’abandonner le pouvoir le 15 mars 1917.
La Gazette de Lausanne du 17 mars 1917, évoque à la Une les manifestations des femmes de Pétrograd
La Gazette de Lausanne du 17 mars 1917, évoque à la Une les manifestations des femmes de Pétrograd
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Pendant les guerres, les femmes montent au front... de la survie quotidienne
Mais que s’est-il passé ? «A la protestation des femmes» qui réclament le retour de leurs maris partis sur le front d’une guerre dont on ne voit pas la fin et «contre la disette de pain, poursuit le JdG, s’est jointe la protestation populaire contre l’incurie administrative» dont «la population souffre»: «Depuis un an, elle est – dans les villes surtout – cruellement rationnée.» De fait, «la colère» et la famine grondaient «depuis des mois chez ce peuple si patient», car «le blé s’accumulait dans quelques gouvernements, précise la GdL, tandis que d’autres, dépouillés par des réquisitions inégales et maladroites attendaient vainement des secours».

L’armée, elle, paysanne à 90%, a subi de lourdes pertes parmi les 14 millions de soldats russes en tout qui seront sous les drapeaux pendant la Première Guerre mondiale. Elle compte près d’un million de prisonniers depuis 1915, 1,5 million de morts et trois fois plus de blessés, et coûte évidemment très cher pour un gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses responsabilités. Les déserteurs se font nombreux, ils reviennent dans leurs familles. Dans ce contexte, le terrible hiver de 1916-1917, avec des températures qui descendent jusqu’à – 40°C, les pénuries qui s’ensuivent et une inflation de 40%, font éclater la révolution qui mènera Alexandre Fedorovitch Kerenski au poste de ministre-président du gouvernement provisoire de la nouvelle Russie, dite démocratique et républicaine, mais durant trois mois et dix-huit jours seulement, jusqu’à ce que l’insurrection d’Octobre le renverse.
Le Journal de Génève, dans son édition du 17 mars 1917, ne passe pas, lui non plus, à côté de la révolution russe en marche...
Le Journal de Génève, dans son édition du 17 mars 1917, ne passe pas, lui non plus, à côté de la révolution russe en marche...
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Derrière Alexandra Kollontaï, pionnière du 8 mars et de la révolution d'octobre
Oui, on l’a un peu oublié, mais en première ligne, ce sont les femmes, ouvrières ou "ménagères", qui défilent d’abord plutôt paisiblement à l’occasion de leur Journée internationale du 8 mars (23 février), adoptée pour les salariées en 1910 par les dirigeantes du Mouvement des femmes socialistes. Mais en quelques jours, plusieurs centaines de milliers de personnes vont se joindre et rallier des mouvements de grève dans les usines. Le peuple, disent les textes historiques, crie «Du pain !», «A bas la guerre !», «A bas l’autocratie !», aux côtés de celles qui sont notamment inspirées par la marxiste Alexandra Kollontaï, première femme du monde à faire partie d’un gouvernement, comme commissaire du peuple à l’Assistance publique, de novembre 1917 à mars 1918.

A retrouver dans Terriennes :

> Alexandra Kollontaï, théoricienne et praticienne du féminisme

> Le 8 mars, une journée internationale des droits des femmes, mais pour quoi faire ?

Son combat de « ministre de la santé »? Lutter contre le joug domestique en collectivisant les tâches ménagères, ce qui l’oppose au féminisme dit « bourgeois », désormais proscrit car non conforme à la lutte des classes, strictement économique. Ce «Jaurès en jupons», comme on la surnomme, a étudié à Zurich, elle a participé à l’Internationale socialiste des femmes dès 1907 et donne beaucoup de sa personne en faveur du suffrage féminin – en 1917, seuls le Danemark et la Suède l’avaient déjà accordé – en faveur de l’égalité salariale, de la prostitution légale, du droit au divorce par consentement mutuel et à l’avortement, avant que Staline ne resserre la vis dans tous ces domaines dès son accession au pouvoir.

En 1910, si la condition de l’ouvrier russe est miséreuse, celle de l’ouvrière est pire encore. Son salaire est en moyenne de 50% inférieur à celui des hommes
Une bonne synthèse, «Les femmes dans la révolution russe – Socialisme International», résume bien les choses : au début des années 1910, si la condition de l’ouvrier russe «est miséreuse, celle de l’ouvrière est pire encore. Son salaire est en moyenne de 50% inférieur à celui des hommes» qui, à l’époque, se révèlent être des harceleurs patentés, et encouragés à la domination par l’idéologie impériale. Elle meurt souvent en couches dans les ateliers, obligée de travailler «jusqu’aux premières contractions». Si elle n’est pas ouvrière, elle est domestique, c’est-à-dire corvéable à merci et prostituée pour finir le mois. Et si elle est mariée, elle est forcément battue: «La loi l’autorise explicitement. Dans les grandes familles, la tradition voulait que le père remette le fouet à son gendre le jour du mariage.»


Les travailleuses du textile en première ligne
En février 1917, la coupe est donc pleine, même Trotski le reconnaît dans son Histoire de la révolution russe: celle-ci fut déclenchée «par les éléments de la base qui surmontèrent l’opposition de leurs propres organisations révolutionnaires» et «l’initiative fut spontanément prise par un contingent du prolétariat exploité et opprimé plus que tous les autres – les travailleuses du textile». Ce, alors que «des ouvriers mâles arriérés» ne pouvaient «imaginer qu’une femme soit capable d’organiser les masses».

Mais l’ennemi commun des femmes et des hommes de "Février", c’était «le régime», explique encore la Gazette de Lausanne : «Depuis longtemps la bureaucratie, ce corps à part qui se recrute par cooptation et met ses appétits de caste au-dessus de l’intérêt national, avait révélé son incapacité égoïste» à garantir à la population (urbaine, surtout) des conditions minimales de survie pendant que les soldats tombaient comme des mouches. La boucherie de 14-18 mettra les femmes et les veuves russes devant l’évidence : «Les fonctionnaires n’administraient plus, ne ravitaillaient plus; ils étaient incapables d’acheminer des convois vers ceux» – mais essentiellement celles – «qui les attendaient dans l’angoisse; ils ne se préoccupaient pas d’assurer les semailles en vue de la récolte nouvelle».

En deux ans de pouvoir des Soviets, […] on a plus fait pour l’émancipation des femmes, pour les rendre égales au «sexe fort», que ce qui a été fait depuis cent trente ans

Lénine, 1919
Mais en 1919, Lénine pourra triompher, selon Tony Cliff dans son ouvrage Class Struggle and Women’s Liberation : «En deux ans de pouvoir des Soviets, […] on a plus fait pour l’émancipation des femmes, pour les rendre égales au «sexe fort», que ce qui a été fait depuis cent trente ans par toutes les républiques avancées, éclairées et «démocratiques» du monde entier.»

Dans ses écrits de la même époque réunis sous le titre "Sur l’émancipation des femmes", oeuvre à quatre mains avec Nadejda Krpupskaïa, sa compagne, l’homme d’Etat revendique la socialisation du travail domestique, car il «écrase, étrangle, rabaisse et dégrade la femme; il l’enchaîne à la cuisine et à la chambre des enfants, et gaspille sa force de travail dans un esclavage barbare, improductif, mesquin, horripilant, déconsidérant et écrasant… Cantines publiques, crèches, jardins d’enfants: voilà quelques exemples de ce qui est indispensable.»

La guerre civile, puis la dictature stalinienne videront bientôt ces belles utopies de tout leur sens. En 1936, les femmes d’URSS représentaient environ un quart de la main-d’œuvre dans l’industrie lourde. Leurs conditions de travail étaient innommables. On était alors bien loin de l'«aurore» espérée par la Gazette de Lausanne en 1917, basée sur la «confiance» du monde ouvrier «dans la Russie nouvelle», «cette grande nation, ses efforts, ses luttes, ses espoirs»…


* La première Révolution russe est appelée ainsi parce qu’elle s’est déroulée durant ce mois selon le calendrier julien, qui avait alors treize jours de décalage sur le calendrier grégorien moderne et est resté en vigueur en Russie jusqu’en 1918. D’où le fait que la Révolution d’Octobre s’est en réalité déroulée… en novembre.

Article original paru sur le site du Temps


Sur le même sujet, femmes, féminismes en Russie, à retrouver dans Terriennes :

> Elisabeth Dmitrieff, l'autre cheffe de file des femmes de la Commune de Paris

> Alexandra Kollontaï, théoricienne et praticienne du féminisme

> Les mères de soldats en Russie, dissidentes et féministes malgré elles
 
> Elena Milashina : une journaliste dans la Russie de Poutine

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Révolution russe1917octobre rougeLénine
Olivier Perrin, Le Temps
Mise à jour 15.05.2017 à 10:31
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Esclavage, photographie et mémoire,histoire,histoire de france,

15 Mai 2017, 11:20am

Publié par hugo

Esclavage, photographie et mémoire
par La Rédaction
claudio edinger bahia
Adolphe Catan et José Bassit
Fabrice Monteiro Marrons
claudio edinger bahia
Adolphe Catan et José Bassit
Fabrice Monteiro Marrons
claudio edinger bahia
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Quelle mémoire de l’esclavage, notamment dans la photographie ? Dix photographes abordent cette question, au-delà des frontières du temps et de l’espace. 

Le 10 mai est la date de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Cette année, le musée de l’Homme, à Paris, en a profité pour lancer une nouvelle exposition, intitulée « Impressions mémorielles ». Elle réunit ainsi dix photographes et leurs réflexions sur la mémoire de l’esclavage.

Réflexion au-delà des frontières pour aborder l’esclavage

Outre le recourt à des photographies fortes, la beauté de cette petite exposition tient à cette réunion de talents et de réflexion au-delà des frontières. Des hommes et des femmes, venu(e)s d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine. C’est aussi la volonté de montrer des histoires particulières qui s’inscrivent une autre, commune à tous.

Impressions mémorielles, au musée de l’Homme, du 10 mai au 10 juillet 2017. Plus d’informations ici.

Sans titre, de David Damoison. Le photographe interroge les identités créoles et africaines, de Cuba à Haïti en passant la Guadeloupe ou le Mali. DRSérie lemnja, de José Bassit. Il a publié un livre en 2013, intitulé Imagens Fiéis, où il aborde la question de la foi et de la religion au Brésil, notamment des liens avec des divinités africaines. DRMarrons, de Fabrice Monteiro. Son oeuvre aborde ici l'histoire de l'esclavage au Bénin. DR
Poupée noire, de Mirtho Linguet. Le photographe y critique l'idéologie dominante des sociétés occidentales. DRMirtho Linguet, en pleine interview, lors du vernissage de l'exposition "Impressions mémorielles", au musée de l'Homme, le 10 juin 2017, à Paris. Crédit photo : Roxanne D'ArcoGarifunas, de Robert Charlotte. Le peuple Garifuna est issu de la résistance à la colonisation des indiens Kalinagos, et des esclaves en fuite ou ramenés des plantations, intégrés dans leur culture. DR
Qu'avez-vous fait de mes ancêtres, de Samuel Nja Kwa. Cet autoportrait renvoie aux voyages, aux rencontres et à la quête identitaire du photographe. DR

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 La Rédaction
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Des femmes rebelles Olympe de Gouges, Flora Tristan, George Sand,femmes,feminisme,

25 Avril 2017, 00:45am

Publié par hugo

Des femmes rebelles
Olympe de Gouges, Flora Tristan, George Sand Michelle Perrot (Auteur) Paru en avril 2014 Essai (poche)
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Michelle Perrot, Des femmes rebelles Elles étaient belles, libres, avides d'amour, d'écriture et d'action, engagées dans les luttes de leur temps pour l'égalité des sexes et la justice sociale. Olympe de Gouges, Flora Tristan, George Sand incarnent avec éclat la rébellion des femmes : une des grandes forces de l'Histoire. J'ai eu envie de les rencontrer et de les raconter pour celles et ceux qui se battent dans le monde aujourd'hui. Michelle Perrot Professeure émérite de l'université Paris 7-Denis Diderot, Michelle Perrot est historienne et auteure de nombreux ouvrages. Elle a co-dirigé avec Georges Duby Histoire des femmes en Occident. De l'Antiquité à nos jours (Plon, 1991-1992). Parmi ses livres récents, on peut citer : Histoire de chambres, prix Femina essai (Seuil, 2009), et Mélancolie ouvrière (Grasset, 2013). Michelle Perrot est co-productrice des « Lundis de l'Histoire » sur France Culture. En 2014, elle a reçu le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes. Fermer

http://livre.fnac.com/a6863641/Michelle-Perrot-Des-femmes-rebelles