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Le blog de hugo,

Pourquoi dessine-t-on si mal les sexes féminins quand il y a des pénis partout?,femmes,sexes,

13 Juillet 2017, 12:23pm

Publié par hugo

 Pourquoi dessine-t-on si mal les sexes féminins quand il y a des pénis partout?
Béatrice Kammerer — 12.07.2017 - 6 h 00, mis à jour le 12.07.2017 à 7 h 30
 
Alors que les dessins de pénis colonisent les murs des toilettes d’autoroute et recouvrent les tables de collège, les dessins de vulve font manifestement figure de corbeau blanc. Les enfants, filles ou garçons, sauraient-ils seulement en dessiner une? Petite expérience et grandes leçons.
 
Tentatives de dessins de sexes féminins de la part d'enfants de 7 ans (à gauche), 6 ans et demi (en bas à droite) et 13 ans.
J’adore utiliser Twitter pour faire de petites expériences. Il y a quelques semaines, l’une d’entre elles a pourtant fait quelques remous. Ce jour-là, j’ai tout simplement proposé aux parents de demander à leurs enfants de dessiner des «zézettes».
Derrière cette suggestion, une question mi-naïve, mi-scientifique: alors que les dessins de pénis colonisent les murs des toilettes d’autoroute et recouvrent les tables de collège, les dessins de vulve font manifestement figure de corbeau blanc. Les enfants, filles ou garçons, sauraient-ils seulement en dessiner une? Et au-delà de la performance artistique, on peut se demander ce que montrent ces dessins des représentations des enfants sur le sexe féminin, en quoi ils portent la marque des informations qu’ils ont déjà reçues sur le sujet ou des expériences individuelles qu’ils ont déjà faites. En quelques heures, j’ai reçu quelques dizaines de dessins d’enfants et une multitude d’insultes d’adultes.
Sandie Bernard, maître de conférences en sciences de l’éducation, formatrice à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de Lyon et spécialiste de l’éducation à la sexualité, m’a accordé un long entretien pour décoder cette étonnante shitstorm, l’occasion de se souvenir à quel point l’éducation à la sexualité est encore en France un sujet épidermique, qui expose les enseignants à la violence des préjugés des parents.
L'inégalité zizi/zézette
Enseigner l’anatomie du sexe féminin, dans le cadre scolaire ou familial, voilà un sujet qui a régulièrement occupé ces derniers mois le devant de la scène médiatique.
On se souvient de la polémique suscitée en mars 2017 par la publication du livre jeunesse Quand ça va, quand ça va pas du très médiatique médecin Michel Cymès. Dans cet ouvrage documentaire dédié au fonctionnement du corps humain, deux doubles pages étaient consacrées aux organes génitaux, «zizi» et «zézette». L’anatomie du «zizi» y était expliquée à l’aide de deux schémas aux vues complémentaires, annotés de manière détaillée, mentionnant uretère, urètre, scrotum, vessie, gland et prépuce, et complété d’un long paragraphe d’explications sur la production des spermatozoïdes et l’érection. La «zézette», elle, était réduite à sa seule fonction urinaire, sans aucune mention de l’anatomie de la vulve, de la présence des ovaires, de l’utérus, ni aucune explication sur le cycle menstruel.
S’en était suivie une pétition signée par plus de 11.000 personnes demandant la correction de l’ouvrage, ainsi que de houleux échanges entre Michel Cymès et des parents indignés qui avaient conduit à la fermeture du compte twitter du médecin.
On se souvient également du grand engouement qu’avait suscité fin août 2016 l’annonce de la création par Odile Fillod, chercheuse indépendante en sociologie des sciences, d’un modèle de clitoris conforme à l’état des connaissances scientifiques sur le sujet, libre de droits et imprimable en 3D, pouvant servir de support à l’enseignement en collège et lycée. Un enthousiasme prolongé par la sortie courant mai 2017 aux Editions Magnard d’un manuel de collège de Sciences et Vie de la Terre (SVT) présentant de manière complète l’anatomie du clitoris au sein de l’appareil génital féminin, aboutissement d’une revendication de longue date des associations d’enseignants de SVT militant pour des contenus moins androcentrés, n’occultant plus la notion de plaisir, et contribuant à lutter contre les stéréotypes de genre.
Le changement des «années SIDA»
L’introduction du clitoris dans les manuels du secondaire, une révolution? Une redécouverte plutôt! Comme le rappelle Sandie Bernard: «Dans les années 1980, les différentes parties de la vulve (grandes et petites lèvres, clitoris et orifice génital) sont bien identifiées dans les schémas en vue frontale et sagittale qui présentent l’anatomie de l’appareil génital externe de la femme. Ce dernier n’est ainsi pas seulement réduit aux seuls organes internes.
A cette époque, on est dans la mouvance de la circulaire Fontanet qui a introduit en 1973 la question de l’éducation sexuelle, il y a tout un contexte social qui fait que l’on décrit l’acte sexuel, que l’on parle de plaisir. L’acte sexuel est ainsi envisagé comme un acte permettant d’éprouver un plaisir partagé, l’homme et la femme pouvant choisir librement le rythme et le moment de leurs relations sexuelles, de même que le moment de concevoir leurs enfants.
Et puis arrivent les années SIDA. Très rapidement, des connaissances scientifiques sur la pandémie de VIH-Sida sont transposées dans les programmes et manuels de Sciences. Parallèlement on observe, à partir de la fin des années 1980, une simplification des légendes, une épuration morale de certains contenus textuels et iconographiques. Dès lors, on aseptise les représentations des organes génitaux, les modifications corporelles sont illustrées à travers des images de corps dont la nudité est désormais cachée et des diagrammes comparant les écarts dans l’apparition des modifications physiques et physiologiques à la puberté. On supprime les schémas montrant le pénis introduit dans le vagin lors du rapport sexuel et permettant d’expliquer le trajet des spermatozoïdes le long des voies utérines jusqu’au lieu où se déroule la fécondation. A la place: un vagin laissé béant, réceptacle des spermatozoïdes en vue d’une fécondation!
Aujourd’hui, quand on évoque avec des élèves le tableau de Gustave Courbet L’origine du monde, ils ne trouvent pas cela érotique, ils disent «c’est sale!», hé oui , parce qu’il y des poils! On n’en voit plus non plus des poils dans les manuels! Sans doute un reflet de l’aseptisation des corps… Donc pour moi, les éditions Magnard n’ont rien inventé, les concepteurs ont juste réintroduit des représentations anatomiques plus fidèles à la réalité.».
 
La crainte des parents
Et pour les élèves plus jeunes? Sandie Bernard reconnaît les nombreux obstacles:
«Les circulaires sur ce que l’on nomme "éducation à la sexualité" depuis la fin des années 1990 couvrent toute la scolarité. S’appuyant sur une approche positive de la sexualité humaine, appréhendée dans ses différentes dimensions, l’éducation à la sexualité vise à enrichir l’existence et les relations interpersonnelles, et ne se résume pas à la prestation de conseils et de traitements en matière de procréation ou de maladies.
Les textes insistent sur la nécessité de sensibiliser l’ensemble de la communauté à l’éducation à la sexualité, mais les enseignants du premier degré craignent beaucoup la réaction des parents, dont certaines, même si elles sont minoritaires, peuvent être très violentes.
A cause de ce genre de tensions, les enseignants du premier degré s’en tiennent généralement à évoquer la puberté et la procréation. S’il est relativement aisé d’enseigner des connaissances validées par une communauté scientifique (celle de la médecine et des SVT) qui autorise une approche didactique facilement concevable, il est beaucoup plus complexe dans l’enseignement d’aborder la question des savoirs intimes où les processus psychologiques en jeu, les représentations sociales, la culture et l’histoire du sujet se mêlent.».
Encore (beaucoup) de pain sur la planche
Dans un rapport de juin 2016, le Haut Conseil à l’Egalité rappelait les lacunes en matière d’anatomie génitale et évaluait à un quart la proportion des filles de 15 ans ignorant l’existence du clitoris.
En 2009 déjà, Annie Sautivet, enseignante d’arts plastiques, avait réalisé dans le cadre d’un mémoire de sexologie, une étude sur 316 élèves de 4ème et de 3ème au cours de laquelle elle avait demandé aux adolescents de représenter l’anatomie du sexe féminin. Ses résultats étaient édifiants: nombreuses étaient les jeunes filles qui représentaient le vagin largement ouvert, ou s’en tenait à la schématisation des grandes lèvres. Une majorité était également dans l’incapacité de situer correctement le méat urinaire, le clitoris ou encore l’hymen.
Chez les garçons, si quelques-uns semblaient mieux informés que les filles du même âge, beaucoup reproduisaient un schéma des organes internes –ovaires, utérus, trompes– semblables à ceux qu’on trouve dans les ouvrages documentaires. D’autres s’en tenaient à de simples gribouillis, des dessins minuscules ou illisibles, et ce, malgré l’importante coopération des élèves lors de cette enquête, signalée par l’auteur de l’étude.
Les lacunes d'adultes très informés
Pour Sandie Bernard, ces résultats quoique atterrants n’ont rien de surprenant. Durant sa thèse de doctorat, elle a analysé les représentations des organes génitaux auprès d’étudiant-e-s en biologie, médecine et auprès de futur-e-s professeur-e-s des écoles et leurs schémas ne valent guère mieux que ceux des collégiens:
«Concernant l’appareil génital féminin, très souvent, la vulve n’est pas représentée. Très peu d’étudiants ont d’ailleurs opté pour une vue de dessous. Tous préfèrent dessiner l’appareil féminin en vue frontale, sans lèvres ni clitoris. La béance vaginale est quasiment systématique. On retrouve les mêmes représentations chez des étudiants en médecine qui vont être extrêmement pointus du point de vue des légendes mais omettront quand même l’anatomie externe! Pour l’appareil masculin, c’est la schématisation en vue sagittale (de profil) qui est privilégiée, mais celle-ci rend difficile la compréhension de la position et du cheminement des voies spermatiques depuis les testicules jusqu’au pénis. Sur certains schémas on observe un seul conduit en continu qui part du testicule pour aboutir directement dans le pénis…Trop cloisonner un enseignement, comme c’est le cas en SVT avec les fonctions excrétrice et reproductrice qui ne sont pas abordées dans le même chapitre, constitue un obstacle didactique qui empêche une mise en relation spontanée des contenus de ces chapitres séparés, même pour des étudiants biologistes».
Mais Sandie Bernard va encore plus loin car selon elle, ces dessins ne montreraient pas seulement les lacunes qui persistent à l’âge adulte au sein d’un public bien informé mais seraient d’abord révélateurs de l’impact des représentations inadéquates auquel nous sommes exposés dès le plus jeune âge:
«Ce que j’ai pu montrer dans ma thèse, c’est que ce sont les premières images d’appareil reproducteur qui sont visualisées par l’enfant qui sont déterminantes, ce sont elles qui vont en partie structurer toutes ses représentations, et sur elles que les enfants s’appuieront par la suite pour schématiser.»
Retour sur une petite expérience numérique
Ainsi, si adultes et adolescents peinent tant à dessiner une vulve, englués qu’ils seraient dans les représentations anatomiques et hygiénistes auxquels ils ont déjà été confrontés, que pourrait-il en être des enfants plus jeunes? Leurs représentations pourraient-elles être plus spontanées? Plus en accord avec leur propre regard sur leur corps, leurs propres vécus? Car, n’en déplaise aux parents bien pensants, la majorité des enfants, filles ou garçons, ont déjà à 4 ou 5 ans, une longue expérience personnelle du sexe: tous urinent plusieurs fois par jour, nombre d’entre eux se sont déjà livrés à des expériences de masturbation ou d’auto-observation, certains ont déjà ressenti des inconforts ou pathologies bénignes tels que picotements, brûlures, ou démangeaisons, sans oublier les hordes d’enfants ayant déjà aperçu leurs parents, frères ou sœurs, cousin-e-s, ami-e-s, nus.
Bref, postuler qu’un enfant serait par définition incapable de dessiner un sexe féminin au titre qu’il n’a pas une sexualité d’adulte sonne comme un préjugé douteux, pétri des angoisses des adultes, et particulièrement infondé au regard de la liberté des enfants vis à vis du geste graphique. Il me fallait en avoir le coeur net.
A celles et ceux qui s’interrogeraient sur mon choix du terme «zézette», laissez moi vous ôter tout soupçon: je suis profondément persuadée qu’il ne faut pas craindre d’utiliser les «vrais» termes avec les enfants, sans constamment les renvoyer à ces cache-sexes lexicaux que sont les zizis, zézettes et autres sobriquets, mais j’avoue en toute humilité que j’espérais naïvement passer entre les mailles du filet des importuns...
Le 17 mai, ma requête débute donc timidement: des parents dubitatifs, gênés à l’idée de proposer de dessiner un sexe à leur enfant, mais aussi perplexes sur la capacité de leur progéniture à se prêter à l’exercice, eux-mêmes mesurant la difficulté qu’ils auraient à produire à un tel dessin.
Des gens inquiets également, qui vont jusqu’à se poser la question de la légalité d’une telle démarche, comme si proposer – en respectant un éventuel refus - à un enfant de dessiner le corps humain pouvait relever d’une quelconque forme d’abus. Ou d’autres, qui se demandent si une information sexuelle trop précoce ne pourrait pas tout bonnement conduire les enfants à la fornication, alors même que les enquêtes montrent une grande stabilité dans l’âge au premier rapport sexuel tout au long du XXème siècle.
Les premiers dessins tardent encore à arriver que les insultes et les menaces pleuvent déjà (je vous fais grâce des croix gammées). Moi qui m’étais préparée à crouler sous les tweets potaches, me voilà finalement engloutie par les trolls réactionnaires (mais est-ce si surprenant, lorsqu’on se souvient qu’une pétition pour s’opposer à l’exposition «Zizi sexuel» à la Cité des Sciences avait réuni en octobre 2014 pas moins de 37 000 signataires, ou encore que jusque dans les sphères universitaires, l'éducation à la sexualité est régulièrement accusée des pires maux)
Certains menacent également de représailles les parents qui m’ont envoyé les dessins de leurs enfants:
Dessine-moi une vulve
Reste qu’en quelques heures et plusieurs centaines de retweets, j’ai tout de même récolté une trentaine d’œuvres d’artistes en herbe...
 J'ai soumis l'ensemble de ces dessins à l’oeil avisé de Sandie Bernard:
«La première chose qu’on peut dire, c’est que dans ces dessins, on a beaucoup de vues externes, beaucoup plus que chez les individus plus âgés. C’était prévisible, parce qu’on sait que les schémas centrés sur les organes internes sont une conséquence de l’enseignement. Mais ce serait quand même intéressant de savoir à quel âge on perd cette prédominance des vues externes, et de veiller à les préserver dans l’enseignement.
Idéalement, dans les manuels du premier degré, il faudrait qu’il y ait les trois vues: la vue frontale, par ce qu’elle permet de montrer la symétrie et la parité des organes; la vue sagittale (de profil), parce qu’elle montre le décalage angulaire entre l’utérus et le vagin qui fait qu’on voit bien que le pénis ne peut pas aller jusqu’au bout; et la vue de dessous, pour bien positionner les orifices urinaire, vaginal et anal. Un autre point qui est intéressant avec ces dessins, c’est de se demander quelle est l’influence de la consigne donnée aux enfants: ici, la proposition a été faite en contexte familial, sans doute que les enfants ne dessineraient pas la même chose lors d’un cours de sciences, ou d’art plastiques. C’est pour ça aussi que je trouve ça bien que les albums jeunesse sur la sexualité n’aient pas tous pour vocation d’amener un savoir scientifique.
Les albums de fiction permettent par exemple de développer l’imaginaire. Je me souviens aussi d’une encyclopédie de la sexualité qui proposait une approche plus artistique. Dans les arts, on a des représentations du sexe masculin et féminin de toutes sortes: des gros, des petits, des poilu-e-s, des pas poilu-e-s, ce qui permet de montrer la diversité des corps et de questionner le poids des normes sociales!».
Dessiner pour éduquer à la sexualité
Banaliser les dessins de vulve dans l’espace public, c’est précisément le but de l’initiative Vagina Guerilla mais pourrait-on aller jusqu’à affirmer que le dessin pourrait être un outil d’éducation à la sexualité avec les enfants? Sandie Bernard est partagée:
«C’est vrai que c’est intéressant de comparer la facilité de représentation du pénis, avec la difficulté de représentation de la vulve. Évidemment, le sexe masculin est plus facile à dessiner parce que plus visible mais il n’y a pas que ça: on n’explique pas assez aux petites filles qu’elles ont le droit de se regarder, et que même si c’est un endroit qu’elles ne peuvent pas voir directement, elles ont le droit de prendre un miroir. Dans les discours au contraire, ce qu’on leur dit dès le départ, c’est qu’elles n’ont pas de pénis, alors forcément, ça complique les choses! Après, proposer aux enfants de dessiner, c’est toujours un peu biaisé, parce que ça dépend beaucoup des capacités de représentation de chacun, c’est une question de pratique, d’habitude de schématisation, parce que sinon, on dessine ce qui nous semble le plus facile, même si ce n’est pas forcément comme cela que l’on aurait voulu pouvoir représenter.»
Et si c’était les parents qui se mettaient à dessiner des vulves, pour répondre aux questions des enfants? Ou pour pallier certains défauts des ouvrages jeunesse disponibles? Sandie Bernard met en garde: «Le problème de dessiner pour ses enfants, c’est qu’on retombe sur l’idée de la première image déterminante. Donc les parents auront tendance à reproduire de manière privilégiée les schémas inadéquats qu’eux-mêmes auront connu avec le risque d’ancrer ces représentations dans l’esprit des enfants. Pour moi, les meilleurs outils d’éducation à la sexualité en contexte familial restent les albums jeunesse, dont certains sont vraiment bien fait. Le meilleur moyen d’aider les parents, ce serait de leur faire connaître ces livres pour qu’ils les lisent à leurs enfants ou qu’ils les laissent traîner à la maison».
Tout-e-s à la bibliothèque!
Des albums jeunesse sur la sexualité, Sandie Bernard en a tout un carton qu’elle a gentiment accepté de me déballer: «Cela fait plusieurs années que je propose à des futurs professeurs des écoles de travailler sur la thématique de l’éducation à la sexualité en analysant les albums jeunesse. On regarde notamment quels albums sont préférés des enfants, et malheureusement, ce sont souvent ceux qui sont inadéquats d’un point de vue scientifique.».
Au premier rang des mises en garde, la chercheuse pointe du doigt les représentations dites «préformistes»: celles qui figurent un spermatozoïde anthropomorphe avec des bras, des yeux, et une intentionnalité propre, comme si tout l’embryon était déjà contenu en son sein (c’est d’ailleurs ce que pensaient nombres de scientifiques du XVIIème siècle). Dans ces représentations, l’ovule est relégué au rôle de milieu nutritif, totalement passif. Ce sont ces conceptions qu’on retrouve dans les métaphores végétales impliquant les fameuses «petites graines qui poussent dans le ventre de la maman», mais aussi dans les ouvrages trop androcentrés tels que le célèbre Parcours de Paulo de Nicholas Allan ou le non moins populaire Guide du zizi sexuel de Hélène Bruner et Zep.
D’autres ouvrages sont plus intéressants comme par exemple: l’ouvrage de Babette Cole Comment on fait les bébés, qui aborde de manière humoristique et peu normative le coït hétérosexuel; l’album de Frédérique Loew Papa attend bébé qui a l’originalité de présenter la grossesse du côté du père; la série des Mademoiselle Zazie de Thierry Lenain qui s’attaque avec humour et pédagogie aux stéréotypes de genre; ou encore la série des ouvrages Ma sexualité de Jocelyne Robert qui décline l’information selon l’âge de l’enfant (en commençant dès la naissance!) dans une perspective qui n’occulte pas les dimensions sociales et psychoaffectives du rapport au corps. A vos bibliothèques!
 
https://www.slate.fr/story/148377/pourquoi-dessine-t-si-mal-les-zezettes-pourquoi-dessine-t-si-mal-les-sexes-feminins

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