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Le blog de hugo,

Militer seins nus, de l’« exhibition sexuelle » ?,femmes,feminisme,

5 Juin 2017, 13:51pm

Publié par hugo

Militer seins nus, de l’« exhibition sexuelle » ?

par Roxanne D'Arco

Quatre militantes Femen comparaissent, mercredi 31 mai 2017, au Tribunal de Grande Instance de Paris. Crédit photo : Roxanne D'Arco Mercredi 31 mai, quatre Femen sont comparues au Tribunal de Grande Instance de Paris pour exhibition sexuelle. L’occasion de se demander si manifester seins nus peut-il être encore vu comme une atteinte à la pudeur en 2017 ?

Il fait doux et ensoleillé en cette matinée du 31 mai 2017, dans le centre de Paris. Face au Palais de Justice, dans le 1er arrondissement, un petit rassemblement se forme. On aperçoit une dizaine de membres des Femen, à peu près le même nombre de femmes issues du MLF (Mouvement de libération des femmes), plutôt âgées, et bien sûr, une dizaine de journalistes prêts à couvrir l’événement. « On se saisit de toutes les tribunes, tout ce qu’on fait est politique. On provoque l’actualité pour défendre notre message politique », dira quelques minutes plus tard une militante Femen.

Mais de quel événement parle-t-on ? Celui de la comparution de quatre activistes Femen pour exhibition sexuelle lors de deux actions. La première date de novembre 2016, lorsque des militantes s’enchaînent devant le palais de justice (celui où elles se trouvent aujourd’hui) en soutien à Jacqueline Sauvage. La seconde en octobre 2016, contre la Manif pour tous.

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, devant le palais de justice, mercredi 31 mai 2017, en soutien aux Femen. Crédit photo : Roxanne D’Arco

« Féministes, pas exhibitionnistes »

Sur Facebook, un événement a été créé quelques semaines auparavant pour mobiliser et revendiquer « que nos torses aient la même égalité de traitement que les hommes ». À 8h30 pile, la petite troupe se prête à un happening, banderoles et poitrines dénudées (pour certaines) sont de sortie. « Féministes, pas exhibitionnistes », « pas terroristes, féministes » ou encore « héroïques, pas impudiques » font partie des slogans lancés par ces différentes militantes rassemblées… Les quatre jeunes femmes convoquées sont vêtues d’un t-shirt blanc, accompagné de la traditionnelle couronne de fleurs, le tout complété d’une attitude combative.

« Il faut sortir de cette image docile, soumise et silence qu’on veut donner aux femmes. J’espère que la justice française entendra le message de la rue aujourd’hui et relaxera les Femen » explique une des militantes du mouvement, lorsque ses quatre camarades rentrent dans l’enceinte du tribunal. « D’autres ont été condamnées à quasi trois mois de prison avec sursis pour exhibition sexuelle. C’est un délit grave, ça les réduit à des délinquantes sexuelles. Elles n’ont pas le droit de travailler avec des enfants… c’est lourd de conséquence et surtout, ça envoie un message erroné à la société qui justifie un traitement inégal face à la loi puisque les hommes eux peuvent se mettre torse nu, mais pas les femmes. On est là pour dire que ce n’est pas normal en France, en 2017 », ajoute-t-elle.

Une militante Femen s’exprime sur la comparution de quatre de ses camarades, mercredi 31 mai 2017, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Les Femen, déjà condamnées et relaxées dans des affaires d’ « exhibition sexuelle »…

Déjà en 2014, la question se posait pour le cas d’Eloïse Bouton, ex-Femen, condamnée pour « exhibition sexuelle » suite à une action le 20 décembre 2013, dans l’église de La Madeleine, à Paris. La jeune femme y simule un avortement, la poitrine dénudée, où l’on pouvait lire «344e salope», en référence au manifeste des 343, paru en 1971 dans le Nouvel Obs. Depuis d’autres membres du mouvement ont été jugés, notamment pour l’action à Notre-Dame (en février2013, ndlr), mais l’« exhibition sexuelle » n’a pas été retenue. Dans un article de Libération datant de 2014, Maître Michaël Ghnassia, alors l’avocat d’Eloïse Bouton déclarait : «La seule explication serait que la justice avait d’autres faits, de dégradation en l’occurrence, à leur reprocher».

Hier matin, les Femen étaient soutenus par d’autres associations (comme MLF ou 52), majoritairement des femmes mais aussi des hommes, qui ne militent pas de la même façon, de tous âges. « D’ailleurs, certaines des filles topless ce matin ne sont pas des Femen non plus », remarque Léa.

Des jeunes femmes, Femen ou pas, protestent contre la comparution de quatre membres des Femen pour « exhibition sexuelle », mercredi 31mai, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Un monde trop sexualisé ?

Membre du collectif 52 et non Femen, elle aussi se trouvait au rassemblement. Quelques plus tard par téléphone, elle revient sur cette affaire : « ça me fait même rire d’entendre « exhibition sexuelle » quand je pense que ce sont des filles qui ont enlevé leur t-shirt en public ! Rien que ça, c’est complètement aberrant parce ce sont des militantes, avec des messages politiques clairs. Je ne vois pas en quoi c’est sexuel […] Ça me parait juste ridicule. »

Pour la jeune femme, cette affaire n’aurait jamais eu lieu pour un homme. Elle dénonce d’ailleurs un puritanisme total en France. « De plus en plus, le corps des femmes est caché, que ce soit par le biais de la religieux, ou même à la plage. Quand on était petits, nos mères faisaient constamment du topless à la plage, aujourd’hui on est quatre à le faire. Le corps de la femme, ses seins, c’est très sexualisé. Sur Facebook, les seins ou même l’Origine de monde sont cachés. »

Rassemblement de soutien aux Femen, mercredi 31 mai, devant le Tribunal de Grande Instance, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

http://www.respectmag.com/28736-femen-militer-seins-exhibition-sexuelle

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