Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de hugo,

« Elue de la République, je ne peux me résigner à ces violences faites aux femmes » : la tribune de Madeline Da Silva,femmes,politiques,violences,

3 Avril 2017, 15:40pm

Publié par hugo

« Elue de la République, je ne peux me résigner à ces violences faites aux femmes » : la tribune de Madeline Da Silva Publié le 3 avril 2017 à 16h20 « Elue de la République, je ne peux me résigner à ces violences faites aux femmes » : la tribune de Madeline Da Silva
Madeline Da Silva © presse
Le 9 mars dernier, Madeline Da Silva a interpellé les onze candidats à la présidentielle en lançant sur Change.org une pétition appelant à l’ « inéligibilité pour les élus coupables de violences faites aux femmes », déjà signée par plus de 54 000 internautes. Cette militante pour les droits des femmes, adjointe à la mairie des Lilas (Seine-Saint-Denis), se bat pour que les élus coupables de violences envers les femmes ne puissent plus conserver leur mandat et leur fonction. Le 6 mars dernier, dans l’affaire Baupin, l’enquête a été classée sans suite pour prescription. A la suite de cette décision, Madeline Da Silva a souhaité s’exprimer. Découvrez son message en exclusivité.
 
Avril 2017.  Violences faites aux femmes. 
 
Je suis une femme en politique. J’ai une fonction, une délégation et puis… des convictions.
 
Je regarde ces 14 femmes, elles font partie de celles qui ont osé.
Osé parler, osé remettre en cause le système, osé espérer que des voix parleraient après elles, que des voix les porteraient comme on porte un combat. 
Un combat de valeurs, un combat pourtant si évident, un combat pour le respect.
 
Et pourtant, elles se sont posé la question j’en suis sûre, un jour, ou juste une seconde. Elles se sont posé la question de ce qu’elles risquaient. Elles se sont posé la question de ce qu’elles allaient perdre, des coups qu’elles pouvaient prendre, elles se sont demandé si cela valait le coup. Elles se doutaient que la justice parlerait de prescription mais elles l’ont fait. 
 
Elles l’ont fait pour elles et elles l’ont fait pour moi, pour vous. 
Dans l’espoir qu’un tout petit maillon bouge, dans l’espoir que quelque chose ici ou que quelqu’un ailleurs s’en empare et agisse ! 
Dans l’espoir que les femmes que nous sommes ne seraient pas victimes à leur tour d’un autre homme. Un homme qui dans sa toute puissance, pourrait imaginer que son tout petit pouvoir l’autoriserait à harceler ou à agresser une femme.  
 
Ces femmes ont été victimes d’un homme politique, un homme politique qui a conservé sa fonction parce que leur plainte ne rentrait pas dans la bonne case. 
Un homme qui pour seule réponse les agresse à nouveau.  
Preuve s’il en fallait qu’il a peur et n’a pas d’autre système de défense. 
 
La justice ne peut rien aujourd’hui, mais elle pourra demain. Je veux être l’un de ces maillons, celui qui va pousser, bousculer, interpeller, faire parler nos candidats à l’élection présidentielle. Je veux que ces 14 voix soient rejointes par des milliers. J’ose croire que ce changement, nous le provoquerons ensemble, tous et toutes derrière elles. 
 
Avril 2017. Elue de la République je ne peux me résigner à ces violences faites aux femmes. 
 
Mesdames, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, vous briguez la plus haute fonction de l’état, nous sommes des maillons, vous pouvez faire exister la chaine.  
 
Engagez-vous, entendez ces voix, regardez ces signatures, pour que les violences faites aux femmes cessent en politique, une seule solution : l’inégibilité pour les élus condamnés pour violences faites aux femmes !

 

« PLUS DE 80% DES FEMMES PARLEMENTAIRES INTERROGÉES SONT VICTIMES DE SEXISME OU DE VIOLENCE »
 
Une étude de l’union parlementaire visible ici démontre que plus de 80% des femmes parlementaires interrogées sont victimes de sexisme ou de violence.
 
65,5 % des parlementaires interrogées indiquent avoir fait l’objet de remarques sexistes humiliantes au cours de leur mandat, souvent proférées par des collègues masculins. L’étude décrit également le harcèlement sexuel comme une «pratique courante » : 20% des élues interrogées déclarent avoir été victimes de ce type de pratique au cours de leur mandat, tandis que 7,3% racontent que quelqu’un a déjà essayé de les forcer à avoir des relations sexuelles. La violence physique est aussi répandue : 20 % des parlementaires sondées disent avoir déjà été giflées, poussées, frappées ou visées par un objet. Le sexisme se manifeste aussi au quotidien par des gestes ou des bruits inappropriés : « Si une femme parle fort au Parlement, on lui fait "chut" avec un doigt devant la bouche comme on le fait aux enfants. On ne fait jamais ça si un homme parle fort », raconte ainsi une parlementaire européenne.
 
Écrit par...
Madeline Da Silva
Madeline Da Silva
À lire également
Affaire Baupin : l’enquête classée sans suite pour prescription
Affaire Baupin : 14 femmes prennent la pose pour interpeller les candidats à la présidentielle
Sexisme : les collaboratrices parlementaires disent tout !
Affaire Baupin : une quatorzième femme brise le silence
Harcèlement sexuel au travail : vos témoignages
 
AILLEURS SUR LE WEB

http://www.elle.fr/Societe/News/Elue-de-la-Republique-je-ne-peux-me-resigner-a-ces-violences-faites-aux-femmes-la-tribune-de-Madeline-Da-Silva-3462215

Commenter cet article