Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de hugo,

La fin de la trêve hivernale épargne migrants et sans-abri,societe,

31 Mars 2016, 23:45pm

Publié par hugo

La fin de la trêve hivernale épargne migrants et sans-abri
Jean-Baptiste François, le 31/03/2016 à 8h27 Envoyer par email
Alors que la trêve hivernale prend fin ce jeudi 31 mars, le gouvernement garantit le maintien de 2 300 places d’hébergement ainsi que de la capacité d’accueil des migrants.


Alors que la trêve hivernale prend fin ce jeudi 31 mars, le gouvernement garantit le maintien de 2 300 places d’hébergement ZOOM
Alors que la trêve hivernale prend fin ce jeudi 31 mars, le gouvernement garantit le maintien de 2 300 places d’hébergement / Pixabay / CC


Fraîchement ministre du logement, l’écologiste Emmanuelle Cosse affiche fièrement, sur son compte Twitter, l’arbitrage décroché au gouvernement : « J’ai obtenu la pérennisation de 2 300 places d’hébergement après le 31 mars, avec 15 millions d’euros de crédits ».




La ministre était attendue au tournant par les associations : au-delà de la date couperet, toutes les personnes mises à l’abri dans l’urgence cet hiver peuvent se retrouver à la rue du jour au lendemain. En 2016, près de 10 000 places ont été ouvertes pendant la période de froid. Un petit quart des SDF censés repartir garderont donc un toit pour dormir. C’est à peu près le même effort que celui fourni en 2015.


Au fil des années, la France n’a cessé d’élargir son parc d’hébergements ouvert toute l’année (110 000 places aujourd’hui contre 80 000 en 2012), sans jamais parvenir à coller aux besoins. Dans le Lyonnais, où s’est déplacée mardi Emmanuelle Cosse, on compte chaque jour environ 1 500 personnes qui ne trouvent pas de place pour passer la nuit en appelant le 115.


> À lire aussi : A Paris, pas de trêve pour les familles à la rue


Une refonte du système en profondeur


Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, ne veut pas dénigrer les efforts consentis par le gouvernement. Il demande toutefois une refonte du système plus en profondeur : « 2 300 places maintenues, c’est bien, mais sans effort conséquent pour développer les pensions de famille, le logement accompagné ou les HLM à loyer très modéré, nous serons toujours contraints à faire plus d’hébergements ».


Dans le département de l’Hérault, les organisations de solidarité s’attendent quoi qu’il arrive à perdre une centaine de places avec le retour des beaux jours. « Comme d’habitude, quelques nuits à l’hôtel seront proposées pour que les gens partent sans faire de vagues », se désole Baptiste Meneghin, de l’association « Deux choses lune », à Montpellier, où une grève des travailleurs sociaux est en préparation.


Faire face à la fermeture de centres d’accueil


L’Île-de-France est de loin la région la plus saturée. Chaque nuit, le 115 de Paris laisse sur le carreau 200 personnes en famille et 150 adultes isolés par manque de places. Sans compter les centaines de migrants qui ne composent pas le numéro d’urgence. « Concernant les réfugiés, le gouvernement nous a garanti le maintien des solutions d’urgence au moins jusqu’à la fin de l’hiver, mais dans le même temps, on nous demande de pousser les murs pour accueillir toujours plus de monde », souligne Éric Pliez, directeur général de l’association Aurore et président du Samu social de Paris.


Le responsable fait référence à l’opération de mise à l’abri réalisée mercredi 30 mars à Stalingrad, où 985 migrants survivaient sous la ligne de métro aérien. « Au fur et à mesure, les exilés doivent en principe être réorientés vers des zones moins tendues en région, mais en réalité, ils partent au compte-gouttes et les arrivées se multiplient », poursuit Éric Pliez.


La fin de la trêve hivernale devait entraîner la fermeture des « centres d’accueil et d’orientation » (CAO). Ces structures réparties un peu partout sur le territoire ont pour but de désengorger le bidonville géant de Calais.


Encore déplacer les migrants


Au final, le gouvernement a promis aux associations de maintenir la capacité d’accueil de ces 119 structures réparties en France. Mais voilà, 41 de ces centres doivent malgré tout fermer leurs portes à partir de jeudi 31 mars. Ce sont pour la plupart des centres de loisir ou de vacances réquisitionnés par les préfectures. Ils ont donc vocation à reprendre leur fonction initiale.


« L’amplitude de ces fermetures nous interroge sur la capacité de L’État à reconstituer l’offre », s’inquiète Florent Guéguen, directeur général de la Fnars. « Qu’est-il prévu en remplacement ? Faudra-t-il encore déplacer les migrants sur un autre territoire, au risque d’étioler la confiance qu’ils nous avaient parfois donnée ?, interroge-t-il. Pour l’heure, nous n’avons pas de réponse à ces questions. »


Jean-Baptiste François

http://www.la-croix.com/France/Exclusion/La-fin-de-la-treve-hivernale-epargne-migrants-et-sans-abri-2016-03-31-1200750168

Commenter cet article